Le Vert Pays

Ecolo à Charleroi

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Boîte aux lettres pour les chômeurs - 200143

Question de Olivier Cécile

Il me revient qu’à votre permanence sociale, il arrive de conseiller aux chômeurs de prendre une “boîte aux lettres” afin d’obtenir des allocations de chômage au code chef de ménage.

Si l’intention est à priori généreuse, elle fait courir de gros risques aux intéressés, susceptibles non seulement de devoir rembourser l’indu mais également de se voir priver d’allocations pour une durée minimale de 13 semaines.

Certes, les visites domiciliaires sont désormais interdites. Toutefois, l’Onem dispose d’autres moyens d’investigation et ne s’en prive pas.

Une fois encore, je ne conteste pas l’intention bienveillante de cette proposition. J’attire toutefois votre attention sur le danger potentiel de mettre les chômeurs en situation “illégale”. Etant agent chômage, je constate régulièrement les conséquences dramatiques qu’entraînent pour des familles, une privation subite de revenus !

Vous serait-il possible d’attirer d’urgence l’attention des personnes qui assurent vos permanences sociales sur les risques importants qu’elles font encourir aux chômeurs ? Par la même occasion, les inviter à ne plus donner pareils conseils serait, à mon sens, une sage précaution.

D’autre part, pour régler certains cas dramatiques de personnes se retrouvant dans des situations désastreuses, ne serait-il pas possible de réserver quelques logements, réels cette fois, dans l’une ou l’autre, habitation sociale ou autre ?

Ce serait là une solution transitoire concrète et sans risque qui permettrait à ces personnes de trouver un logement adéquat !

Réponse de Van Bergen Serge

Homme de cœur, d’écoute et de terrain, j’assure effectivement diverses permanences sociales au cours desquelles il m’arrive d’être représenté par l’un de mes collaborateurs.

Il va de soi qu’en pareille situation, ces derniers ont reçu une information et une formation préalables les rendant aptes à recevoir, aider et renseigner correctement leurs interlocuteurs.

Je m’étonne, dès lors, qu’il vous soit revenu que certains étaient mal conseillés en pareilles circonstances : même avec des intentions qualifiées de généreuses, je réfute vivement et fermement que l’un ou l’autre de mes collaborateurs – à fortiori moi-même – conseille, même occasionnellement, de transgresser la législation en vigueur.

La législation sociale et le droit social ne relèvent pas du domaine de la générosité !

Même si vous avez cru bon de m’en rappeler la substance essentielle, je peux vous assurer de ma parfaite connaissance de ces règlements particuliers.

Depuis que je suis Echevin, ma traque aux ” boîtes aux lettres ” est journalière et ne me vaut guère la sympathie des propriétaires d’immeubles et des titulaires de ” boîtes aux lettres “.

A l’avenir, je vous invite vivement à ne plus prêter foi à des rumeurs, de ne plus “jeter des pavés dans la marre” mais plutôt de vous fonder sur des faits réels, objectifs et observables !

Votre seconde question évoque certains cas dramatiques de personnes se retrouvant dans des situations désastreuses en matière de domicile, vous demandant s’il n’est pas possible de réserver quelques logements à leur intention.

Toutes les études sur la pauvreté démontrent en effet que le logement reste la préoccupation principale des plus démunis de nos concitoyens : sans logement, impossible d’obtenir un emploi, de créer une famille.

Ainsi, par exemple, j’ai récemment pris des contacts avec l’U.L.B. en vue de mener une recherche-actions sur le thème de l’expulsion du logement et d’une analyse compréhensive des comportements de non-paiement de loyers.

Le problème est d’importance et est effectivement pris en charge par la Ville de Charleroi et son C.P.A.S. Il a, par ailleurs, été rappelé lors de la réunion “Table ronde sur le logement”, qui a eu lieu le 12 novembre dernier, en la salle du Conseil Communal de l’Hôtel de Ville de Charleroi, à laquelle vous étiez conviée sans pour autant avoir répondu à l’invitation conjointe du Bourgmestre et de moi-même !

De manière concrète, afin d’aider les personnes qui se trouvent dans des conditions difficiles en matière de logement (ex. : personnes expulsées, sans-abri …), il existe des logements d’urgence de transit et d’insertion gérés par le C.P.A.S., en partenariat avec la Ville ou les Sociétés d’Habitations Sociales.

A cet effet, le C.P.A.S. de Charleroi est conventionné avec les Sociétés d’Habitations Sociales actives sur le territoire de l’entité afin de réserver un certain nombre de logements aux familles gravement précarisées. Le C.P.A.S. est également habilité à intervenir dans la prise en charge de cautions locatives, du premier loyer ou encore de frais de déménagement.

Dans les quartiers ZIP où sont déployés d’importants efforts de développement local, le C.P.A.S. mène des expériences novatrices comme celle des baux à réhabilitation où le locataire restaure son habitation avec des matériaux mis à sa disposition et voit ainsi son loyer réduit.

Outre les interventions classiques, le C.P.A.S. de Charleroi s’inscrit dans un partenariat qui vise à créer un pool d’hébergements d’urgence pour personnes et familles sans abri. Le C.P.A.S., l’Echevinat du Logement de la Ville de Charleroi, l’Agence Immobilière Sociale ainsi que le Fonds du Logement ont uni leurs efforts afin de contribuer aussi concrètement que possible à garantir aux plus démunis un logement décent à un prix accessible.

Ce n’est pas par générosité ou charité que j’exerce mes responsabilités de représentant du citoyen mais bien par la volonté réaffirmée de jour en jour de voir respecter les droits et devoirs de tout un chacun dont les plus précarisés, dans le respect de la dignité de tout être humain !

Plusieurs dispositifs ont été mis en place.A titre d’exemples, je citerai :

1° l’urgence sociale et relais social

Le C.P.A.S. poursuivra son action visant à permettre l’accueil et l’hébergement de personnes sans abri ou expulsées. C’est ainsi que son service d’urgence sociale (071/32.12.12) fonctionnant 24H sur

qui concerne près des 2/3 des demandes adressées au service d’urgence sociale.Ce service couvre les C.P.A.S. de la communauté urbaine du pays de Charleroi. Il agit en synergie avec les maisons d’accueil de la région.Il travaille en coopération étroite avec le relais social qui réunit les acteurs publics et ceux du monde associatif.

2° l’hébergement d’urgence et le logement d’insertion

Le C.P.A.S. gère l’Hôtel social, rue du Ravin 46 à Lodelinsart, qui peut accueillir :

• des personnes isolées de sexe masculin pour de très courtes périodes (1 mois à 1 mois et demi au maximum) : 8 chambres sont prévues à cet effet ; • des familles de 4 à 5 personnes maximum pour une période de 3 mois renouvelable maximum une fois : • des personnes isolées ” à la rue ” au sein de la partie ” abri de nuit “. Celle-ci a une capacité de dix lits et n’est accessible qu’en période hivernale (15 décembre au 15 mars de chaque année).

Il gère des logements d’insertion au Château Delhaize à Ransart. Ce bâtiment a été réaménagé prioritairement en faveur des personnes et familles bénéficiaires de l’aide sociale, plus particulièrement encore, en faveur des jeunes adultes ou aux couples et aux familles comprenant au maximum deux enfants et rencontrant, notamment des problèmes de logement.Le bâtiment compte 5 appartements et 4 studios :

• les appartements sont destinés à des couples ou adultes isolés ayant la charge d’un enfant ou deux enfants s’ils sont âgés de moins de 10 ans ; • les studios sont affectés au logement de personnes adultes, soit isolées ou vivant en couple.

Globalement, cet aménagement peut concerner jusqu’à ou familles dans le cadre d’une convention de mise à disposition d’un logement d’insertion.

Le C.P.A.S. constitue un parc de logements d’urgence et de transit (accueil de 6 mois maximum) et de logements d’insertion (accueil de 1 à 3 ans) en utilisant au maximum son patrimoine privé. Après évaluation de ce patrimoine, il introduira chaque fois que possible des demandes de subventions régionales pour des logements d’insertion.

Dès à présent, grâce notamment à des subventions régionales dans le cadre de la politique des Z.I.P., le C.P.A.S. gère un parc immobilier comprenant plus de 70 logements dont 1 logement d’urgence destiné en priorité aux victimes de sinistre, plusieurs maisons et appartements mis en location avec bail à réhabilitation, des logements supervisés pour jeunes en apprentissage à l’autonomie.

Le C.P.A.S. reste à la disposition de la Ville pour assurer l’accompagnement social des logements d’insertion et de transit appartenant au patrimoine de la Ville.

Le C.P.A.S. est un partenaire actif de l’Agence Immobilière Sociale Charleroi-Logement, qui permet de mettre à disposition des personnes aidées par le C.P.A.S. ou expulsées des logements de qualité.

3° collaboration avec les sociétés d’habitations sociales

une convention entre le C.P.A.S. et les sociétés d’habitations sociales vise à répondre davantage aux nombreuses demandes de logement par des personnes aidées par le C.P.A.S. sans imposer un effort financier supplémentaire aux sociétés. Elle s’adresse particulièrement aux bénéficiaires de l’aide sociale vivant dans des situations précaires de logement ou pour lesquels l’attribution d’un logement social permet d’éviter le placement d’enfants ou autorise le retour dans la famille d’enfants placés.

Depuis sa mise en application, plus de 300 personnes ont pu ainsi bénéficier de cette mesure. Par ailleurs, une maison de transit permet également de loger provisoirement des personnes aidées souhaitant quitter un logement insalubre ou sortir d’une situation d’hébergement.

Il y a lieu de remarquer que la synergie entre le C.P.A.S. et les sociétés de logement social se manifeste aussi par l’accroissement du nombre de bénéficiaires du minimum de moyens d’existence qui bénéficient d’un logement social, par l’importance des prestations du service d’aide aux familles au sein des logements sociaux, par les contacts réguliers entre les antennes sociales du C.P.A.S. et les sociétés publiques de logement social, par la participation active du C.P.A.S. aux régies de quartier au sein des sociétés de logement social et plus récemment par la mise au travail au sein des sociétés de logement social de locataires de logements sociaux bénéficiaires du minimex, dans le cadre de l’article 60 de la loi organique des C.P.A.S. 

Outre l’intensification de ces coopérations et la vigilance des mandataires du C.P.A.S. au sein des conseils d’administration des sociétés de logement social quant au respect des priorités à l’accès au logement social, le C.P.A.S. souhaite amplifier la coopération avec les sociétés de logement social notamment par la mise à la disposition de ces sociétés de bâtiments appartenant au C.P.A.S. qui peuvent être transformés en logements sociaux ainsi que par la création commune de résidence – services pour les personnes âgées. 

D’autre part, une priorité de huit points est accordée dans les sociétés d’habitations sociales aux candidats-locataires justifiant d’une situation précaire (ex. : arrêté d’inhabitabilité, attestation de sans-abri).


Les commentaires sont fermés


aucune annexe



À voir également

Salle du Conseil - © J-M/ Hoornaert

Place Matteotti

Question posée par Monsieur le Conseiller Luc Parmentier Monsieur l’Echevin, Votre majorité a décidé...

Lire la suite

Salle du Conseil - © J-M/ Hoornaert

Sécurité à Lodelinsart

Question posée Monsieur le Conseiller Luc Parmentier Monsieur le Bourgmestre, Je viens d’être...

Lire la suite