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Et si Gand pouvait inspirer un renouveau du commerce carolo ?

  • Manu Simon, conseiller communal.

Nous sommes très nombreux à regretter la paupérisation de l’habitat et la dégradation des commerces en centre-ville. Ce lundi à la géode, dans le cadre d’un forum transversal de Charleroi 2020, les promoteurs de Foruminvest ont affirmé publiquement leur volonté de soutenir le commerce local en évitant de proposer des doublons. Nous pouvons imaginer que dans son projet commercial, cette société hollandaise va principalement attirer les grandes chaînes de distribution multinationales. Mais ce sera pour 2008 – 2009. Il faut donc, me semble-t-il, réagir tout de suite et anticiper. Et pourquoi pas trouver de l’inspiration dans la presse flamande ?
Dans son édition du 9 avril dernier, le quotidien « De Morgen », d’obédience progressiste, relatait l’expérience de la ville de Gand aux dimensions et à la population comparables à Charleroi.

Je voudrais épingler un premier passage : Parce que le boulanger et le boucher du coin ont de plus en plus de difficultés à TENIR contre les supermarchés, la ville de Gand se propose de donner un sérieux coup de pouce aux petits commerçants débutants. Celui qui crée une nouvelle affaire, pourra récupérer jusqu’à 30 % des frais de lancement investis via un nouveau subside à l’installation.

Un peu plus loin : Les chiffres du nombre de commerces de proximité à Gand sont là pour le dire : les dernières années, le nombre de boulangers, bouchers, épiceries et magasin de légumes a sensiblement diminué dans les quartiers du centre-ville. Ainsi, l’an dernier, il n’y avait plus que 39 magasins de légumes, ce qui correspond à une baisse de 25% par rapport à 2000. Durant la même période, on vit la fermeture définitive de 29 boucheries (-17,7%), 14 boulangeries (-10,5%), 2 poissonneries (-8,3%) et 13 superettes (-28,9%).

Tout ceci ne nous rappelle-t-il pas la situation de notre centre-ville où beaucoup de commerces ont fermé pour laisser la place à des solderies, des night shops, des magasins de deuxième main, des agences d’intérims ou pire encore à l’éclosion d’affiches “Commerce à remettre” ?

Passé ce constat un peu sombre, le même journal flamand précise l’initiative positive prise par cette ville : Etant donné que peu d’indépendants osent se lancer dans l’ouverture d’un magasin de proximité, la ville a créé un subside à l’installation. Celui qui transforme un emplacement commercial vide en magasin de quartier peut obtenir le remboursement jusqu’à 30% des investissements consentis, avec un maximum de 50.000 €. Ce subside est destiné en priorité aux jeunes débutants. Il n’est pas question d’aider les magasins de nuit et autres magasins qui n’apportent rien au quartier. Sont clairement définis quels types de magasins ont droit au subside et lesquels non.

Ne devrait-on pas aussi aider les jeunes indépendants, sauf les dépositaires de chaînes florissantes en boulangeries, boucheries, salons de coiffures ou autres grandes enseignes ? Il vaudrait mieux privilégier la spécialisation et la diversification des petits commerces en centre-ville, mais aussi aux 4 bras de Gilly, dans le cœur de Gosselies, Jumet ou Marcinelle. Pour conclure, le même article en devient plus concret encore :
La ville de Gand prévoit de budgétiser 850.000 euros par an pour ce projet. Cette somme doit servir pour augmenter le nombre de magasins de proximité dans la ville, mais également pour insuffler une nouvelle vie aux rues commerçantes en péril dans le centre ville et qui comportent des emplacements commerciaux vides depuis des mois, voir des années.

Evidemment les finances de Charleroi ne sont pas à la hauteur de celles de Gand. Et si nous décidions une fois pour toutes que même s’il y a peu de budget, on peut avoir des idées… Pourquoi pas un prêt sans intérêt remboursable à partir de la troisième année ?
Pourquoi ce financement ne serait-il pas pris en charge par notre ville, par Igretec, par Sambrinvest et par Foruminvest qui nous recommande de créer un cœur de ville souriant et ouvert ???
Investir dans ce secteur ne permettrait-il pas de renforcer notre image de marque et les futures rentrées financières communales, par exemple celles liées aux commerces florissants ou celles liées aux habitants qui reviendraient à Charleroi ou arrêteraient de la quitter ?

En collaboration avec l’asbl Centre-Ville qui tient à jour le cadastre des cellules commerciales vides, ce serait du concret pour améliorer l’attractivité générale du coeur de notre communauté urbaine.

Pour emboîter le pas à Djamel : Dites-moi pas que je rêve dans le vide !!!

Merci pour votre réponse.


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