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Ingrid Betancourt, citoyenne d'honneur

Réaction du groupe Écolo à la motion proposant de donner le titre de “citoyenne d’honneur” à Ingrid Betancourt.

  • Saïda Okba, Conseillère communale.

Au nom du Groupe Ecolo, je tiens à remercier l’ensemble de mes collègues du Conseil communal d’adopter, en ce jour, cette motion. Déjà 1457 communes, villes, départements ou régions à travers le monde, dont 142 communes belges ont adopté une motion de soutien officielle à Ingrid et fait de cette dernière une citoyenne d’honneur de notre Ville.

Ingrid Bétancourt, sénatrice écologiste, fondatrice du Parti vert colombien, a été enlevée le 23 février 2002 par la guérilla des FARC avec sa directrice de campagne, Clara Rojas, alors qu’elle faisait campagne pour les élections présidentielles.

La Colombie détient le triste record mondial du nombre d’assassinats politiques, d’assassinats de syndicalistes, de journalistes et pas moins de 3000 personnes sont encore détenues actuellement comme Ingrid.

Citoyenne d’honneur de notre Ville, elle le mérite assurément parce que, dans un pays en proie à la violence et ayant fait elle-même l’objet de menaces de mort, elle a continué inlassablement à se déplacer à la rencontre des gens et de leurs problèmes. Elle l’a fait parce qu’elle considérait que cela faisait partie de son devoir de citoyenne et de démocrate d’abord, de son travail de représentant de la Nation et de candidate aux présidentielles ensuite, même si elle était consciente du danger permanent qui la guettait.

Ingrid Bétancourt s’est attaquée au mal qu’elle considère comme l’obstacle à toute possibilité de résolution des problèmes que connaît la Colombie : la corruption. Dénonçant les scandales et les attaches que ses propres collègues ont avec les milieux de la drogue, elle mène le même combat démocratique, année après année, à la Chambre puis au Sénat et comme candidate aux élections présidentielles. Cela lui vaudra les injures… les menaces… mais également le soutien de ses électeurs.

Ingrid Bétancourt a également construit un programme politique qui commence par la nécessaire réforme du système afin de rendre les mandataires politiques de son pays moins dépendants « des généreux donateurs de fonds » et de les libérer du clientélisme qui mine véritablement le Parlement colombien, comme malheureusement bien d’autres lieux à travers le monde.

Ingrid Bétancourt a aussi eu l’intelligence politique de relier son mouvement d’écologie politique au Parti vert, selon moi la réelle alternative au système politique en place, car le développement durable, gestion rationnelle des ressources ou protection de la bio diversité sont des combats pour la démocratie, la citoyenneté, la justice sociale et la dignité des peuples.

Malgré les efforts de la communauté internationale, de la société civile, de parlementaires – trois missions parlementaires belges dont la dernière, à l’initiative du Groupe des Verts au Parlement européen est rentrée de Colombie début novembre – la situation reste dans l’impasse quant à la possible ouverture en Colombie de discussions pour aboutir à un accord humanitaire qui rendrait possible la libération des otages politiques et des policiers et militaires détenus par les FARC.
Au dernières nouvelles, le Gouvernement Uribe aurait même donné ordre à ses troupes de mettre en œuvre un programme de « libération » des otages par la force ce qui, au vu de la situation sur place, risque de transformer l’opération en un gigantesque bain de sang, tant pour les militaires et paramilitaires des deux bords que pour les otages détenus.

Merci d’abord, à vous toutes et tous, et à tous ceux pour qui le combat d’Ingrid doit être poursuivi, pas uniquement parce que c’est une femme publique et médiatisée, mais avant tout parce que ce sont ses idées que nous défendons et auxquelles nous croyons. Faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour obtenir sa libération et celle de milliers d’otages anonymes.

Merci encore, parce que pour tous les problèmes qu’Ingrid a soulevés et contre lesquels elle se bat, toutes les solutions qu’elle a proposées restent d’actualité et si, aujourd’hui, nous la mettons à l’honneur, il me semble que c’est un devoir citoyen.

Dans la plupart des pays, les citoyens possèdent la liberté de parole.
Mais dans une démocratie, ils possèdent encore la liberté après avoir parlé.


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