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Projet de stade pour le Mundial 2018 et de son intégration dans un projet global de sport pour tous

  • Xavier Desgain, Conseiller communal

Football - © http://www.sxc.hu

Je souhaite vous interroger sur la préparation et la tenue de la rencontre entre les autorités communales et les représentants des promoteurs du projet de Mundial 2018 en Belgique et aux Pays Bas et sur le fond de ce dossier. Les écologistes sont en effet particulièrement inquiets de l’évolution de la candidature de Charleroi, pour autant qu’il y ait un dossier, ce dont je finis, comme d’autres, par douter. Les échos qui nous sont revenus de cette rencontre très importante renforcent encore notre inquiétude. En effet le projet du Trévieusart ne semble pas mûr et des divergences importantes sont apparues entre les responsables carolorégiens devant les représentants de Monsieur Courtois, ce qui est du plus mauvais effet. Si vous voulez que ce projet échoue, alors, ne changez rien. SI vous voulez qu’il réussisse, alors il est grand temps de vous reprendre. Je prends pour preuve de cette impréparation la relation de cette réunion faite dans la Nouvelle Gazette, par laquelle nous apprenons que la police de Charleroi émet un avis défavorable et considère qu’il y a de sérieux obstacles pour installer le stade au Trévieusart alors que notre échevine des sports déclare de son côté que de toute façon, ce sera au Trévieusart et pas ailleurs. Cela fait désordre et mauvais genre. Etait-il impossible que la représentation de la ville se mette d’accord avant la réunion sur une position précise pour faire bonne figure face à ses interlocuteurs ?

Pourriez-vous nous expliquer quels sont les obstacles jugés sérieux par la police de Charleroi et quelles sont les solutions envisagées pour lever ces obstacles ? Pourquoi ces solutions n’ont-elles pas été préparées préalablement et présentées lors de cette rencontre ?

Dans ce dossier, les écologistes estiment essentiel d’en revenir au fond. Nous savons, notre collègue Jean Pierre Deprez, avocat du Sporting nous l’a rappelé le mois dernier, que tôt ou tard, les riverains du Sporting gagneront leur recours et que le stade ne pourra plus être utilisé.

Nous savons aussi qu’il faudra faire un choix pour le stade de l’Olympic et que les exigences du Ministère de l’intérieur et des instances européennes grandissant (je pense qu’elles sont parfois excessives) pourraient s’avérer à terme très coûteuses.

Nos écoles de jeunes évoluent dans des conditions matérielles difficiles : absence de chauffage dans certains vestiaires, surfaces de jeu surexploitées, bâtiments insalubres, etc. Il n’est plus possible de dispenser une formation correspondant au niveau de la série ligue 1 / ligue 2 dans de telles conditions.

Il sera de plus en plus difficile à notre ville de financer et tenir en état deux stades d’importance et simultanément de donner à nos écoles de jeunes et à tous les jeunes qui veulent jouer au foot dans notre ville des infrastructures dignes de ce nom.

J’en conclus que la question d’un nouveau stade se pose dans tous les cas, Mundial 2018 ou pas et qu’il faut donc penser ce projet dans un cadre beaucoup plus large que celui de la grande compétition internationale.

Comme écologistes, nous voyons deux possibilités pour un nouveau stade :

  • la première possibilité est de le considérer principalement comme un lieu de spectacle intégré dans un vaste espace commercial qui pourrait à la fois vivre de ces spectacles, mais aussi vivre en dehors de ce temps. Cela nécessite un lieu proche des grandes voies de communication, mais sa proximité de la ville n’est pas indispensable ;
  • la seconde possibilité est de le considérer comme le cœur d’un pôle de développement sportif, du sport pour tous de qualité, et de saisir de l’opportunité de le localiser pour en même temps réaliser une opération de rénovation et de revitalisation urbaine. Ce stade pourrait alors intégrer les écoles de jeunes, dont nous avons besoin comme de pain et être proche de nombreux terrains. Il pourrait soutenir, par sa présence, par les services qu’il offrirait et par les commerces qu’il accueillerait, le sport pour tous et par tous. Je pense ici notamment aux écoles de jeunes de nos deux grands clubs.

En tant qu’écologistes, la seconde option a nettement notre préférence. Nous préférons en effet localiser ce stade, le concevoir et organiser son environnement pour créer un pôle fort consacré autant au sport spectacle qu’au sport pour tous. Cela implique une localisation plus proche du cœur de la ville, tout en restant proche des grandes voies de communication.

Comme nous avons aussi appris par la presse qu’une étude de faisabilité serait prochainement réalisée, mieux vaut tard que jamais, il nous paraît intéressant d’étudier d’autres localisations sur le territoire de la ville ou dans sa proche périphérie. Cela paraît d’autant plus utile que les avis ne sont pas unanimes sur le site du Trévieusart. Il nous paraît en tout cas important, et nous l’avions déjà déclaré lors de la constitution du dossier de l’Euro 2000, d’essayer de le localiser sur une friche industrielle, pour faire coup double.

Puisque les avis ne sont pas unanimes sur le projet du Trévieusart, j’aimerais donc savoir où en est l’examen de sites alternatifs, proches de lignes importantes de transports publics et ni trop près, ni trop loin des autoroutes. Comme écologistes, le site du Trévieusart nous paraît trop éloigné de la ville.

Nous pensons à deux autres localisations possibles sur le territoire de la ville. La première, dans les anciennes zones industrielles de Couillet et Montignies-sur-Sambre. Elle a l’inconvénient d’être un peu trop enchassée dans la ville, mais serait très accessible par les transports en commun, accessible par la bretelle autoroutière prévue pour désenclaver la plateforme multimodale, et s’ouvrirait sur la vaste zone verte du parc Solvay sur le versant de la Sambre. Nous pensons également à l’espace compris entre la Sambre et la nationale 90 à Marchienne et Monceau, en amont de la halte nautique. Accès autoroutier proche, accès transport public excellent, localisation plus proche de la ville, proximité des autres infrastructures sportives de Marchienne (piscine, stade de rugby, stade de Marchienne, parc de Monceau), la construction d’un stade sur ce site constituerait une très belle opportunité de réhabiliter des friches industrielles. De plus, ce projet aurait l’immense avantage de soutenir l’opération de rénovation urbaine de la porte Ouest. Il resterait par ailleurs de la place pour y installer les écoles de jeunes à proximité et offrir à nos jeunes footballeurs des infrastructures dignes de ce nom.

Ce second projet de localisation, qui a aussi été imaginé par d’autres que nous, mérite à notre sens d’être examiné en profondeur et avec intérêt. J’aimerais donc savoir si votre étude de faisabilité visera aussi ce site ou si elle ne visera que la localisation, qui reste problématique, sur le site du Trévieusart.

J’aimerais aussi savoir si l’étude de faisabilité examinera la possibilité de créer un nouveau grand stade, de rénover et maintenir à niveau le stade de l’Olympic et simultanément de financer beaucoup plus qu’aujourd’hui les écoles de jeunes dont nous avons grand besoin. En d’autres mots, nous ne pouvons pas nous saigner pour avoir plusieurs stades rutilants si les gamins que nous voulons former évoluent 9 mois durant dans la boue et n’ont pas d’eau chaude pour se doucher et l’étude de faisabilité doit nous montrer si la ville est capable financièrement de soutenir tout cela en même temps. Et comme écologistes, nous craignons que les décisions que vous prenez pour le moment nous entraînent vers cette situation impossible.

J’imagine enfin que vous allez faire étudier la construction d’un stade modulaire, dont la capacité pourrait être ramenée après l’éventuelle participation au Mundial, a des dimensions plus en rapport avec le public de nos deux grands clubs. Je voudrais avoir confirmation de l’étude de faisabilité de cette formule.


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