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Pollution et risques de mortalité : mesures à prendre !

  • Malika El Bourezgui, Conseillère communale.

Monsieur le Bourgmestre,

Le 19 mars, les services de la Spaque et de l’Institut de Santé publique (ISP) présentaient à la population de Charleroi, les résultats de trois études portant sur l’analyse d’échantillons de sols, d’eau, de légumes et d’air ainsi que l’impact de leur pollution sur la santé.

L’enquête Légumap portant sur 413 échantillons dans 90 potagers, montrait que sur l’ensemble des analyses, des dépassements en cadmium, plomb et benzo(a)pyrène dans le sol et dans certains légumes ont été relevés. Les risques pour la santé des enfants en bas âge étaient épinglés et particulièrement pour les moins de 6 ans.

Outre des problèmes ponctuels, les zones concernées par cette pollution couvrent le Sud-Ouest et Nord-Ouest des implantations sidérurgiques, de manière large Marchienne-au-Pont et Dampremy. Selon les intervenants et auteurs des 2 premières études, un collège d’experts devrait remettre les résultats de leurs investigations et les recommandations à suivre dans le cas des zones les plus polluées.
Pourtant, déjà les spécialistes présents le 19 mars édictaient toute une série de mesures pour  limiter l’exposition par ingestion des légumes, par ingestion de sol, inhalation de particules de sol et contact dermique avec le sol.

Connaissant ces mesures, nous sommes aujourd’hui dans l’obligation de les diffuser et de les porter à la connaissance du plus grand nombre et plus spécifiquement à TOUTES les personnes résidant, travaillant dans les zones concernées, avec une attention particulière pour les familles avec enfants en bas âge, les écoles, les garderies, les crèches, les enseignants, les responsables d’aires de jeu, les mouvements de jeunesses, les maisons médicales, les consultations ONE, les maisons citoyennes et autres lieux de contacts avec la population.

Bref, il y a là un sérieux effort à faire en matière de communication.

Je me permets donc de vous solliciter, Monsieur le Bourgmestre, pour connaître :

  • les mesures que vous avez déjà prises depuis la rentrée scolaire des vacances Pâques
  • les initiatives qui permettront une large diffusion des recommandations.

A cet égard, la Spaque a édité une brochure « tout public » retraçant la genèse de l’étude, une carte des zones polluées, les risques « santé » et les recommandations qui peuvent permettre de diminuer significativement l’exposition aux polluants.
Ce document pourrait être reproduit pour une diffusion « toutes boîtes » ou encore être popularisé par l’organisation de conférence / réunions d’information dans les quartiers. Toutes les initiatives sont donc les bienvenues.

En ce qui concerne l’impact de la pollution de l’air sur la mortalité à Charleroi, le rapport présenté est éclairant et peu élogieux sur la qualité de l’air à Charleroi et son arrondissement. Il confirme et quantifie les risques de mortalité à très court terme et à long terme pour les personnes ayant été sujettes à la pollution due aux PM10.
Ainsi, l’enquête révèle que la mortalité attribuable à une augmentation de 10 microgrammes par m³ d’air en PM10 pour toutes causes confondues est supérieure à Charleroi et son arrondissement que partout ailleurs et notamment par rapport à Liège ou Gand. A court terme, l’étude montre que sur base des taux de pollution entre 1997 et 2006, c’est +/- 15 personnes qui exposées de manière constante, pourraient mourir. Avec une année 2006 où à Marchienne, on était en dépassement des normes 1 jour sur 2 avec des pics de pollution jusqu’à 8 fois plus élevé que la norme, c’est 100 personnes de plus qui pourraient mourir d’affections respiratoires ou cardiovasculaires par rapport aux autres régions.
Des investissements très importants ont déjà été consentis par les industriels pour améliorer la situation et la Ville et la Région ont déjà bien réagi en anticipant les conseils des scientifiques, mais il ne faudrait pas en rester là et se contenter de réagir qu’en cas de pics de pollution.
C’est ainsi que comme pour l’étude LEGUMAP, je vous propose de donner l’écho indispensable et nécessaire aux riverains les plus exposés, aux travailleurs de la sidérurgie et plus largement à l’ensemble des Carolos.
Ces constats établis, il importe donc que l’ensemble du collège et du conseil communal soit attentif à la finalisation des études et des travaux entrepris pour limiter la pollution qu’elle soit due aux industries, au trafic ou à l’utilisation de chauffage domestique et autres.
Pour toute demande de permis d’exploitation, la charge de pollution émise par l’entreprise demanderesse doit être analysée mais aussi la pollution en fines particules qui serait conséquente au trafic induit par l’exploitation.

Au regard de l’importante activité sidérurgique en centre urbain, de la sous-utilisation du réseau ferroviaire et fluvial existant et du trafic routier que cela induit notamment aussi par la limitation des stocks au sein des industries, ne pourrait-on pas envisager une éco-redevance sur base du principe « pollueur – payeur » et de la Directive européenne Eurovignette pour inciter de nouvelles pratiques plus écologiques ?

Indirectement, c’est à l’ensemble du trafic routier qu’il faut réfléchir en appliquant et en réactualisant les plans de mobilité et en augmentant l’offre de transport en commun.

Les chauffages domestiques sont aussi la troisième source de pollution aux PM10.
Comme appliqué à Ostende, les prêts à faible taux d’intérêt ou à intérêt zéro peuvent être de réels incitants pour améliorer le parc immobilier et la qualité des chauffages. Il est clair que ce sont les familles et les personnes les plus précaires qui habitent les maisons les moins bien isolées. En raison de leurs faibles revenus, les incitants fiscaux actuels pour améliorer l’isolation des habitats, ne les concernent pas vraiment. C’est vers un système de prise en charge financière partielle du coût des travaux d’isolation qu’il faut s’orienter. La Ville pourrait-elle envisager une intervention dans ce sens ?
Les administrations publiques et la Ville en particulier devraient offrir une vitrine à l’ensemble de la population notamment en matière de production d’eaux chaudes solaires et production d’énergie renouvelable.
Le développement durable est à ce prix, la santé des Carolos en dépend.

Pour en terminer, c’est à nos relais politiques régionaux et fédéraux que je m’adresserais en leur demandant de plaider au mieux la cause de Charleroi afin de porter le débat et impulser des politiques et des moyens pour le développement de transports plus respectueux de l’environnement.


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