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Nouvelle ordonnance de police relative à la mendicité

C’était prévisible !

  • Anne Cattiez, Conseillère communale

Mendiant - © http://www.sxc.hu

Il y a deux ans déjà, ce conseil communal votait une mesure d’ordonnance proposant l’interdiction de boissons alcoolisées sur la voie publique !

Une phrase de cette ordonnance nous inquiétait déjà car elle citait nommément les personnes sans domiciles fixe ou marginales, dont la population se dit harcelée par le comportement provocateur de ces personnes marginalisées…

Aujourd’hui, ces mêmes personnes se retrouvent à nouveau la cible d’une nouvelle ordonnance leur interdisant notamment l’accès à certaines parties de la ville « au nom de la sécurité et de la commodité de passage ».

Votre attendu signale que, « depuis la mise en application du règlement de police relatif à la mendicité, arrêté par le Conseil communal du 28 avril 2005, il n’y a pas été remarqué d’amélioration dans le comportement de certains mendiants ». Y a t il eu amélioration de la pauvreté sur votre belle commune, Monsieur le Bourgmestre ?

Hasard de calendrier ? Au moment où les négociations sont en train de se produire pour la mise en place du projet de la Ville basse, le projet Rive gauche ? Charleroi Ville propre… De ses mendiants…

Aujourd’hui, les mendiants, demain, ce seront les prostituées que l’on interdira ?

Est-il donc tellement difficile de regarder une personne vous demander une aumône ! parce qu’elle nous renvoie à nous-mêmes, à notre malaise et notre incapacité de faire face à leurs difficultés ? Une personne qui mendie ne le fait pas par plaisir, faut-il vous le rappeler ?

Quelle contradiction avec votre dite politique d’intégration des personnes les plus fragilisées. Mais y-a-t il politique ?

Quelle contradiction avec le nouveau Plan de cohésion sociale que nous allons voter ce soir ! Où est la cohérence ? Des communes, des villes ont proposé des Plans intégrés de cohésion sociale qui, au lieu d’interdire, ont mis en place une réelle politique d’intégration de toutes ces personnes marginalisées en associant tous les responsables de terrain, y compris la police dans une politique de persuasion et de participation , non d’interdiction, dans des mesures de prévention du sans abrisme et de la précarité… L’an dernier au CEME de Dampremy, se tenait un colloque intéressant sur un sujet connexe « prévention, précarité, santé mentale », colloque où vous participiez Monsieur le Bourgmestre et qui proposait des solutions intéressantes en matière de partenariat, notamment avec la police et la justice. Alors, à quoi servent ces colloques, si ce n’est pas pour en prendre des idées intéressantes ?

Des ASBL, existent, en nombre sur le territoire, qui s’occupent des personnes pratiquant la mendicité, elles auraient peut-être pu être associées à l’élaboration de votre nouvelle ordonnance ?

Quand, au-delà des mots, la Ville de Charleroi opérera une réelle pratique de la participation avec les acteurs de terrain, associations, les maisons de quartier, les personnes concernées…

Je voudrais terminer en vous rappelant, Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Echevins, que des commerçants de la Ville basse, durant les fêtes de fin d’année, ont proposé pendant 10 jours de la soupe et leur accueil à toutes ces personnes marginalisées. Et ne venez plus nous dire que les commerçants de Charleroi s’opposent à la mendicité dans cette ville.

Le groupe Ecolo votera donc contre cette ordonnance.


Webmaster Webmaster ·  17 février 2009, 23:25

Le Conseil était invité à se prononcer sur l’abrogation du RGP arrêté le 28 avril 2005 (modifications des articles 9, 12 et 13) et à voter dans la foulée une nouvelle ordonnance de police. “Comme par hasard, c’est au moment où se dessine le renouveau de Charleroi qu’on veut la débarrasser de ses mendiants, quelle hypocrisie avec votre plan intégré de cohésion sociale” s’est insurgée Anne Cattiez (Ecolo). Autre son de cloches du côté de F. Manandise (cdH) où on plaide pour des brigades de rues capables d’une réelle prise en charge des personnes précarisées. “Il est grand temps que Ville et Police s’unissent car on ne peut résoudre le problème en sanctionnant et en n’accompagnant pas. Je plaide pour une véritbale participation de la Ville en rue”. Un avis également partagé par J-P. Borbouse (FN): “il est trop facile de prendre uniquement des règlements en ne résolvant pas le problème de la pauvreté”.

Par rapport à la remarque de Mme Cattiez, le bourgmestre à indiqué qu’il ne s’agissait nullement de nettoyer la Ville de ses mendiants. “On n’interdit pas le mendicité, mais on veut qu’à un endroit précis, sur le pont faisant la jonction place Buisset-Gare du Sud, elle le soit, pour des raisons de sécurité évidentes, compte tenu de l’étroitesse du passage. “Ce règlement, a insisté le bourgmestre, est tout-à-fait plausible, il doit induire à une réduction de la mendicité, à l’analyse et à la réponse d’un phénomène important, sous-tendu par bien d’autres critètes que la pauvreté ( tels l’exploitation des êtres humains).

Pour la conseillère El Bourezgui (Ecolo), “le RGP se suffisait à lui-même et je ne comprends pas pourquoi on fait des datégories de personnes.” Quant à J. Van Gompel, c’est le suivi des poursuites qui l’inquiètent. Là, le maïeur a précisé que la démarche avait été initiée compte tenu des garanties apportées par le parquet à poursuivre plus systématiquement. L’abogation a été votée majorité contre opposition.

Source : site officiel de la Ville de Charleroi

aucune annexe



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