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Une Ville moins carbonifère ?

Charleroi. La part de la Ville dans l’empreinte carbone carolo est importante. Ses moyens d’inverser la tendance, aussi.

  • Auteur : Belga / Pascal Lorent
  • Source : Le Soir

Quoi de neuf, Monsieur Carbone ? Frédéric Chomé qui a développé, voici un peu plus d’un an, un bilan carbone de la ville de Charleroi, est désormais passé à la phase active : il a présenté jeudi une série de mesures destinées à réduire les émissions de CO2, qu’elles soient le fait de l’administration communale ou des citoyens, en présence du bourgmestre Jean-Jacques Viseur (CDH), de l’échevin de l’urbanisme et de l’aménagement urbain, Eric Massin (PS), et de l’échevin de l’environnement, Alain Eyenga (MR). Son bilan se base sur des informations qu’il a recueillies auprès des différents services communaux. Avec ce constat : le total des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire de Charleroi s’est chiffré, en 2006, à 56 millions de tonnes équivalent CO2.

La Ville, par le biais de ses différents services communaux, est à l’origine de 420.000 tonnes équivalent CO2. Bâtiments, voirie et personnel entrent à hauteur de 96 % de ses émissions totales : 39 % proviennent du déplacement du personnel (presque essentiellement en voiture), dont près de la moitié pour le seul trajet entre le domicile et le lieu de travail ; 32 % des émissions de la Ville ont pour origine les « sources fixes » (bâtiments et principalement leurs combustibles). Partant de ces constats, Frédéric Chômé a dressé une liste des priorités à concrétiser pour réduire l’importance de ces émissions de carbone.

1. Agir via les bâtiments.

Monsieur Carbone propose de réduire le nombre de bâtiments publics. Un objectif partagé par la tripartite qui, lors de son installation, annonçait une rationalisation du patrimoine communal. Près de deux ans après l’installation de l’équipe Viseur, on attend encore de l’échevin Paul Ficheroulle (PS) un cadastre des immeubles communaux. Bon nombre d’entre eux sont vétustes et la vente de certains permettrait de rénover ceux qui restent utiles aux missions de la Ville. Des travaux d’isolation permettraient aussi de diminuer la consommation énergétique communale, de même qu’une diminution des températures ambiantes dans les bâtiments communaux.

2. Une mobilité mieux pensée.

Un remboursement des frais de déplacement adapté peut inciter le covoiturage (et le recours aux transports en commun) et à réduire l’utilisation de véhicules personnels par les agents communaux, le trajet entre domicile et lieu de travail constituant la presque-totalité des déplacements des quelque 4.000 agents communaux. Frédéric Chomé plaide aussi pour la réduction des déplacements pour les habitants qui ont besoin de documents administratifs communaux. Le maintien des services à la population dans les maisons communales annexes (à conserver dans le patrimoine communal, donc) est une piste. Une autre, plus efficace encore, est l’envoi de certains documents par courrier électronique (quand c’est possible). Autre action via le levier de la mobilité : l’accentuation des ramassages scolaires, limitant les trajets effectués quotidiennement vers les écoles par les parents. Monsieur Carbone suggère également que le renouvellement du parc automobile de la Ville. Celui-ci s’effectuerait en tenant compte des qualités environnementales des nouveaux véhicules. Mise en œuvre conjointement, ces actions permettraient de réduire de 40 % les émissions de CO2 d’ici 2020, indique l’expert.

3. Un urbanisme durable.

Au-delà de ces mesures réalisables par la Ville elle-même, l’autorité publique doit jouer d’autres rôles, estime Frédéric Chômé. Consommatrice, la Ville peut également agir en tant qu’acteur de l’aménagement du territoire, en développant un urbanisme compact, cohérent et économe en consommation des espaces et en énergie.

Elle peut ainsi favoriser la construction de bâtiments neutres et en privilégiant un habitat vertical, moins énergivore que la traditionnelle « villa 4 façades ». Elle doit aussi être une incitatrice, dit-il, en montrant l’exemple de diverses économies, et en suscitant ainsi un comportement identique chez les habitants.

En matière de développement durable, l’exemple peut aussi venir d’en haut. Mais il est désormais urgent qu’il advienne.


Il y a 6 mois : Bilan carbone sur Charleroi - Écolo demande une réorientation profonde des politiques menées par la majorité XXL !


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