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Ecolo à Charleroi

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Ecolo affine son profil de parti pivot

Les verts vantent “la transition écologique” qu’ils proposent pour le 7 juin. Et décochent quelques méchants coups de griffe en direction du PS.

Difficile de ne pas brader la peau de l’ours quand le vent gonfle à ce point vos voiles. Dimanche matin, lors d’un congrès à Charleroi, Ecolo a abattu la carte de la modestie - malgré des pronostics flatteurs - en reprenant son refrain favori : “Un sondage n’a jamais envoyé le moindre député au Parlement” (© Javaux).

Alors, chez les verts, en attendant le 7 juin, on se galvanise, on répète ses credos, et on lisse son profil de formation politique pivot entre Parti socialiste et Mouvement réformateur. Il y avait là, notamment, Jean-Marc Nollet (en chauffeur de salle). Et Bernard Wesphael (en cogneur wallon de service). “Nous aurions pu être en meilleure posture si l’on avait admis certaines des idées défendues par Ecolo comme par exemple la création d’un pôle de compétitivité dans le développement des filières vertes, a fustigé le député wallon en ciblant le PS et le CDH. Ce manque de vision, d’anticipation et de modernité a fait perdre à la Wallonie quatre ans. Nous aurions pu être dans le peloton de tête des éco-régions en Europe. Au lieu de cela, nous sommes en queue de classement.”

Et il y avait là (aussi) Jean-Michel Javaux. Qui dans une longue interview au “Standaard”, ce week-end, avait annoncé la couleur : “Le PS fait croire que nous formons un tandem avec le MR pour essayer de conserver quelques électeurs de gauche. Nous défendons des valeurs de gauche, nous sommes pour une redistribution des richesses. Mais n’allez pas essayez de me faire croire qu’une grande partie du PS est progressiste”.

“Lueur au bout du tunnel”

A un mois des élections du 7 juin prochain, le co-président d’Ecolo s’est engagé à “changer les pratiques politiques au Sud du pays”. “Les Ecolos ne prêchent plus dans le désert, s’est enflammé Jean-Michel Javaux. Et notre base sociale s’est considérablement élargie : nous sommes devenus le choix le plus rationnel pour les électeurs. Les Ecolos ne sont pas nés plus vertueux que les autres, simplement, nous avons le culte du respect des deniers publics. C’est une promesse : nous allons changer les pratiques politiques”.

Ecolo vante aussi “les perspectives de la relance verte”: “la transition écologique est un impératif, une rare lueur au bout du tunnel”, a martelé Jean-Michel Javaux. “L’alliance entre l’environnement et l’emploi : voilà ce que nous essayons de mettre en place”, a expliqué le Bruxellois Christos Doulkeridis. “Ceci pourrait déboucher sur la création de dizaines de milliers d’emplois, a embrayé Javaux. Il faut créer de l’emploi durable, investir dans l’efficacité énergétique. Et casser le cliché Ecolo = taxes.”

Et Javaux de ponctuer : “Ni les socialistes ni les libéraux n’ont changé le système, ils l’ont toujours accompagné. Ecolo veut remettre en cause le modèle économique et l’orienter différemment. La condition de modernisation de l’économie, c’est l’écologie”. Cela dit, “la question n’est pas avec qui (aller dans les majorités, NDLR), mais pour faire quoi”, a terminé Jean-Michel Javaux avec des accents qui doivent sembler familiers à une présidente d’un parti francophone.

Résumons: ça tape fort (sur le PS), ça tapotte (sur le MR). Et sur le CDH ? Pas un mot…

Un vert : “Le CD quoi ?”

Allez, un air de Mika, standing ovation pour Javaux. Et puis l’apéro.


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