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L’ICDI de Pont-de-Loup a caché une pollution

L’usine ICDI de Pont-de-Loup a fonctionné sans filtre pendant 20 heures le 11 juin dernier, recrachant des cendres, des dioxines et des furannes. Les riverains ne l’ont appris que ce mardi.

  • Auteur : Didier Albin
  • Source : Le Soir

Il s’agit d’un grave problème de confiance et de gestion industrielle : pendant près d’une journée, le 11 juin, l’usine d’incinération de déchets ménagers de l’ICDI, à Pont-de-Loup, a fonctionné sans filtre. « Son seul four en activité a rejeté ses fumées alors que son système d’épuration à manche était hors service à la suite d’une coupure d’électricité la veille », confirme le vice-président de l’intercommunale Jean-Claude Finet (MR).

Conséquences : cendres volantes, dioxines et furannes ont été émis à des concentrations variables. Et toujours inconnues aujourd’hui. Y a-t-il eu danger pour la santé publique ? « Nous reconnaissons qu’il s’agit d’un incident grave, admet le président Gérard Monseux (PS). Mais nous sommes convaincus que l’impact de la pollution a été négligeable ».

Négligeable ? Onze jours après cet incident, l’intercommunale ne dispose d’aucun chiffre pour soutenir son affirmation. Elle sera pourtant défendue ce mardi soir devant le comité de concertation. Car non seulement on n’a rien vu mais on n’a rien voulu dire. Les membres du comité de gestion savaient depuis plus d’une semaine. Une réunion de crise s’est tenue trois jours après les faits, le 15 juin, tous partis confondus. Tout a été verrouillé. « Officiellement, nous ne savons toujours rien de cette affaire, confie la responsable du comité de défense, Irma Fabro. Nous l’avons appris par la bande, avant de recevoir une convocation pour une réunion dont l’objet est très vague. Mais c’est toujours comme cela que les choses se sont passées à l’ICDI ».

Gérard Monseux se défend d’avoir voulu cacher quoi que ce soit. Il précise que c’est en comité que la décision a été prise de ne pas communiquer « afin d’éviter un mouvement de panique. Nous ne disposions d’aucun résultat, des membres ont estimé que c’était prématuré », justifie-t-il. Son vice-président MR acquiesce. « C’est le lendemain de l’incident que nous avons découvert la panne des filtres à manche », confirme Jean-Claude Finet. « Aussitôt, nous avons débriefé. Les syndicats ont reconnu l’existence d’une faute professionnelle grave car les équipes de garde auraient dû détecter le problème sur leurs écrans de contrôle, ajoute Gérard Monseux. Le comité de gestion s’est tenu le lundi. Des mesures ont été prises pour mettre en place un dispositif de contrôle adapté avec alarmes sonores et visuelles signalant la défaillance des filtres ».

Par la voix de son administrateur à l’ICDI, Xavier Desgain, Écolo ne nie pas avoir été informé de l’existence d’un problème à l’usine de Pont-de-Loup et d’une réaction du comité de gestion. « Mais j’en ignorais la nature », dit le nouveau député qui déplore la sourdine mise à l’information. Chez les Verts, Jean-Marc Nollet n’en est pas étonné : « ce manque de transparence est caractéristique du mal wallon. Il traduit un mode de fonctionnement qui rappelle d’autres affaires : à l’IRE, c’est aussi après coup que l’on a appris l’existence d’une fuite d’iode », observe-t-il. Il demande la plus grande transparence.


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