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Le Ravel, dopant de la petite reine?

Froidchapelle : la 11e saison du « Beau Vélo » débute aux lacs de l’Eau d’Heure. Samedi, sur le coup de 13 h, plusieurs milliers de paires de roues démarreront des bords du lac de la Plate Taille.

  • Auteur : Pascal Lorent
  • Source : Le Soir

Le Beau Vélo de Ravel a-t-il contribué au retour du vélo ?

« Il a contribué à populariser une pratique conviviale du vélo et à faire connaître certaines sections méconnues du Réseau autonome de voies lentes (Ravel) », estime Xavier Desgain, député wallon et cycliste quotidien. « Le succès de l’émission radio a eu un impact sur le vélo loisirs, en réhabilitant la bicyclette comme la meilleure façon de visiter une région », complète Luc Goffinet, du Groupe de recherche active des cyclistes quotidiens (Gracq). « Il a permis à certaines familles de se remettre en selle », conclut Pierre Lemal (ASBL Sauvegarde des voies lentes et du patrimoine naturel). « Cela a aussi contribué à dépoussiérer l’image du vélo, résume l’animateur, Adrien Joveneau. C’est une de mes fiertés ».

Le succès du BVR a-t-il permis d’améliorer les conditions de pratique du cyclisme quotidien ?

« En Wallonie, la part du vélo dans les déplacements quotidiens reste faible, déplore Luc Goffinet. Et il y a des régions où le BVR est passé, comme à Couvin, et où nous ne recensons pas de cycliste quotidien ». Un point de vue que nuance Adrien Joveneau en signalant qu’en dix ans, le vélo est passé de 1 à 5 % dans la part des déplacements journaliers. Jacques Botte (ASBL Chemins du rail) reconnaît à l’émission de Vivacité une contribution au retour en grâce de la « petite reine ». Xavier Desgain, lui, appartient plutôt aux sceptiques : « En Wallonie, il n’y a pas eu d’avancées notables au niveau des infrastructures. On a continué à privilégier le vélo loisirs ». Le député cite l’exemple des parkings pour vélos, trop peu sécurisés, tandis qu’Adrien Joveneau rappelle que le coût d’un voyage en train avec son vélo reste prohibitif : de 5 (aller simple) à 8 euros (aller-retour). « Je ne crois pas que ce succès a débouché sur la création de pistes cyclables supplémentaires, résume Pierre Lemal. Et là où il y en a, le cycliste reste peu protégé ».

Le succès de l’émission a-t-il accéléré le développement du Ravel ?

« C’est indéniable : il y a eu un coup d’accélérateur, signale Luc Goffinet. le ministre Daerden a doublé les budgets pour 2008 et 2009, ceux-ci passant de 10 à 20 millions d’euros par an. Nous avons à présent des tronçons de Ravel qui sortent un peu partout, comme dans la Molignée, à Seneffe, à Gembloux ou entre Ciney et Havelange. C’est un peu l’enfant chéri de la mobilité en Wallonie ». Jacques Botte confirme : « En faisant connaître le Ravel, le BVR a favorisé le maillage de ce mode de déplacement doux et contribué à faire pression sur le politique et à le sensibiliser ». « La région ne pourra plus faire marche arrière et les investissements prévus paraissent incontournables », tranche Xavier Desgain. « On a prouvé aux mandataires l’utilité de ce réseau, constate Adrien Joveneau. Maintenant, il faut connecter ce réseau par-delà les frontières, afin que cette toile d’araignée s’étende ».

Le BVR a-t-il permis la sauvegarde du patrimoine ferroviaire et du biotope rencontré ?

« Là, je suis moins affirmatif, concède l’animateur. Pour faire naître un Ravel, il faut fermer une ligne de chemin de fer. Mais en rouvrant aux vélos des lignes qui étaient fermées, on les a rendues à la collectivité. Et sur le Ravel, je croise souvent des anciennes gares aménagées en relais, en buvette ou restaurant, comme à Soumagne ou à Herve ».« Hélas ! Dans certaines régions, le Ravel est arrivé un peu tard, regrette Pierre Lemal, en évoquant le Borinage et les Hauts Pays. D’anciennes gares et des maisons de garde-barrière sont tombées en ruine ou ont disparu ». Jacques Botte, aussi, se montre sceptique : « Autant l’émission essaie d’emprunter certains tronçons, autant elle ne sensibilise pas au patrimoine ferroviaire. Maintenir des bornes kilométriques, par exemple, permettrait d’indiquer au cycliste le chemin qui lui reste à parcourir ». « Pour réaliser le Ravel, il a forcément fallu défricher, note Luc Goffinet. Mais à présent, la nature reprend ses droits ».


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