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Mondial 2018 : ambition et pragmatisme

La perspective de l’accueil du Mondial 2018 à Charleroi a occupé largement les débats du conseil, lundi soir. Avec un mot d’ordre : ambition.

Charleroi est candidate au Mondial 2018. Le bourgmestre l’a dit haut et fort voici quinze jours, surprenant quelque peu les observateurs. Il n’en fallait pas plus pour susciter des interpellations du MR et du cdH. Du vaste débat qui s’en est suivi, on retient une volonté commune pour tenter d’être de l’aventure… sans oublier le Sporting et le sport pour tous cher à l’échevine des Sports.

Tant Jean-Pierre Deprez que Christian De Bast l’ont mis en évidence : la coupe du monde serait formidable pour booster la ville. L’exemple de Barcelone est criant. L’événement permettrait non seulement de faire briller aux yeux du monde la métropole en pleine mutation, mais aussi de revitaliser le quartier où sera construit le stade, comme l’a envisagé Anvers, candidate elle aussi.

Ambition

Lundi soir, tous les groupes politiques s’accordaient pour dire qu’il faut saisir cette opportunité et se montrer ambitieux pour la Ville. Mais pas n’importe comment ni à n’importe quel prix, et surtout sans perdre de vue l’après-Mondial. Tous sont d’accord pour affirmer que l’accueil de l’événement planétaire doit être l’occasion d’une rénovation urbaine. Consensus également pour un stade « rétractable » dont la capacité serait par la suite réduite de 45 000 à 20 000 places. « Il est aussi évident qu’il n’est pas question de sacrifier le budget extraordinaire pour le Mondial. On ne supprimera pas une école pour le football », précise Jean-Jacques Viseur qui évoque l’expérience allemande pour expliquer le financement dont il rêve : celui qui, grâce à l’intervention des autres niveaux de pouvoir et du privé, permettrait de ne pas solliciter la Ville. « Leipzig était sans le sou, mais elle a quand même eu son stade », avance-t-il. Il cite aussi l’exemple de Mons, capitale européenne de la culture en 2015, largement soutenue par la Région et la Communauté.

Bémol

Le bémol dans le bel élan sera mis par Ingrid Colicis (PS) qui estime le Mondial « impayable » pour Charleroi (Vers l’avenir du 27 octobre). « Il y a des dossiers beaucoup plus importants au plan sportif », a clamé l’échevine des Sports qui fait du sport pour tous son credo. Ce qui, aux yeux de Véronique Salvi (cdH), n’est pas incompatible avec l’ambition d’accueillir le Mondial.

« Le projet ne peut réussir que si on le pense dans une logique de développement du sport pour tous », renchérit Xavier Desgain. L’écologiste insiste sur la nécessité de préserver un stade convivial qui cadrera mieux avec les clubs carolos auxquels il est destiné par la suite. Essentiel aussi : l’installation de l’école des jeunes à proximité, avec les commerces qui vont avec.

Aux yeux des Verts, mais aussi du cdH, Marchienne est le site idéal. « Les endroits ne manquent pas », estime l’échevin Massin. Le choix dépend de la candidature au Mondial. Si c’est le cas, une implantation intra-ring est peu probable. « Si ce n’est pas le cas, il faut un plan B pour notre équipe du Sporting. Un stade de 20 000 places, il en faudra de toute façon un… » Le dossier se décantera d’ici au 15 décembre, date limite pour le dépôt officiel de candidature.


Pas de Mondial 2018 pour Charleroi

Charleroi souhaitait accueillir le Mondial 2018. Après examen du contrat de la FIFA, l’échevine Colicis estime que c’est impayable.

Le bourgmestre Jean-Jacques Viseur l’a officiellement confirmé : Charleroi est candidate à l’accueil de la Coupe du monde de football 2018. Mais après examen approfondi du contratgénéral de stade qu’impose la FIFA à ses partenaires, l’échevine caralo des Sports Ingrid Colicis est formelle : irréaliste et trop cher.

« Mes remarques ne concernent même pas le volet “financement de la construction” qui est déjà tout un débat en soi, mais bien les énormes implications budgétaires pour la Ville, avant, pendant, et après 2018 ! », écrit Ingrid Colicis dans une note confidentielle aux membres du collège dont nous avons pu prendre connaissance.

En gros, toutes les charges sont au compte de la Ville. Et elles sont colossales. Amélioration ou transformation de l’infrastructure pendant la durée des compétitions : l’obligation est à charge de la Ville. Qui ne doit pas espérer recevoir de compensation, indique le contrat. « À tout moment, y compris à la veille de la compétition, la FIFA et le comité organisateur national peuvent lui demander des modifications, ajouts ou enlèvement d’équipements mais aussi d’infrastructures ! » souligne Ingrid Colicis qui y voit un risque budgétaire et organisationnel. Sport pour tous d’abord

Les règles du jeu peuvent donc changer à tout moment. Comme les exigences de la FIFA, qui impose un minimum de 40 000 places pour les matches des premiers et seconds tours. L’échevine note qu’il faut y ajouter de la capacité pour la presse et les VIP, ce qui portera le volume des tribunes à 45 000 places.

Elle indique que la Ville doit prendre en mains toute la gestion de l’événement au niveau local, et en supporter le coût. Assurances, taxes et frais à sa charge : en clair, le risque financier est énorme. À la mesure du risque juridique et politique. Approuver ce contrat de stade, c’est signer un chèque en blanc de plusieurs dizaines de millions € en termes d’organisation.

Pour elle, la Ville n’en a pas les moyens. L’échevine écarte donc le projet. « Si l’accueil du Mondial est le rêve de tous les échevins des Sports, ce n’est pas le mien. L’Euro 2000, c’était un autre temps et un autre fonctionnement. Je préfère réussir un “Charleroi, ville des sports pour tous”. En me concentrant sur les besoins de base, les besoins essentiels de la population sportive (et future sportive) carolo. » Courageux. On attend les réactions de ses pairs.


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