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Ecolo à Charleroi

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Zonings : épargner les terres agricoles

Les zones d’activité économique font cruellement défaut à Charleroi. Écolo livre plus de 660 hectares de propositions durables et parcimonieuses.

Le problème n’est pas que carolo. Partout en Wallonie, les terrains disponibles pour accueillir les entreprises font défaut. Pour y remédier, le précédent Gouvernement wallon a fait adopter un programme visant la création de nouvelles zones. À Charleroi, 495 hectares ont été définis, en trois zones, toutes situées au nord de l’autoroute de Wallonie, à Courcelles, Wayaux et Fleurus.

Pas de quoi ravir la régionale Écolo de Charleroi. Car le Gouvernement wallon d’alors (PS-cdH) n’a guère pris en compte des critères chers aux écologistes : « Nous souhaitons une gestion parcimonieuse des terres, qui mette un frein à l’urbanisation des zones agricoles, explique Marc Quentin, secrétaire régional. Ces terres doivent servir à ce qu’on attend d’elles : nourrir la population. D’autre part, dans une perspective de développement durable, notre souci est de densifier les noyaux urbains et rendre vie au coeur de ville. » De quoi favoriser l’activité économique et l’emploi futurs tout en préservant le cadre de vie.

Plus concrètement, pour les écologistes, ces idées force se traduisent par une densification des zonings. « En Flandre, 80 % de leur espace est consacré à l’activité économique, contre 50 % à peine en Wallonie, observe Christophe Clersy, administrateur Écolo à l’intercommunale Igretec. Ainsi on pourrait densifier davantage autour de la future gare de Gosselies, sur l’aéropole. Pour l’écopole de Farciennes, notre ministre wallon de l’Aménagement du territoire, Philippe Henry, a revu à la hausse la densité d’occupation. »

Clubs d’entreprises

Les verts prônent aussi une gestion plus active des zones d’activité économique. Autrement dit, une attribution plus stricte des terrains conformément à la thématique du zoning. Qui dit gestion active dit aussi politique de mobilité ne reposant pas que sur l’automobile, grâce à la mise en place de cellules de mobilité. Une gestion active, c’est encore une gestion efficace des flux de matière, de la collecte des déchets. « Des politiques qui peuvent être mises plus aisément en place grâce aux clubs d’entreprises. » Autant de principes qui ont incité les écologistes carolos à se mettre en quête de terrains susceptibles d’accueillir des entreprises, pour répondre aux besoins à court, moyen et long terme. 660 hectares, dont une bonne partie insérée dans le tissu urbain et pas forcément localisées à proximité de l’autoroute… « Comme nous l’avons fait précédemment, nous rendons public le fruit d’un an de travail. Nous espérons ainsi contribuer à améliorer l’activité économique et l’image de la région », conclut le député wallon Xavier Desgain.

667 hectares « plus verts »

Igretec gère 732 hectares dans l’arrondissement de Charleroi. Avec 667 hectares identifiés, Écolo en propose donc pratiquement une fois autant.

Pour les verts, l’extension du zoning de la Serna et le zoning situé sur le site de l’ancien CHU de Jumet, ainsi que l’écopole de Farciennes doivent permettre de mettre rapidement 200 hectares à disposition des entreprises. À moyen terme, plus de 226 hectares ont été repérés. Il s’agit de l’extension des parcs existants à Fleurus-Farciennes (107,3 ha) et à Fleurus-Heppignies (32,5 ha). Dans les deux cas, ces zones, au sud de la E42, peuvent bénéficier de la ligne de chemin de fer Tamines-Fleurus. Maiscomme elles sont situées en zone agricole, le changement d’affectation du sol imposera une procédure p lus longue que les deux autres sites proposés : Couillet-Montignies, de part et d’autre de la Sambre, qui pourrait accueillir des activités de recyclage, et le Pétria, à Fontaine-l’Évêque (7 ha) pour laquelle Igretec semble sourde à l’appel des autorités locales.

Friches réaffectées

Pour le long terme, Écolo propose de réaffecter 214 ha de friches du vieux bassin industriel. La plus vaste est le Cockerill business park, entre la Sambre et le canal à Marchienne. Mais contrairement à Igretec, Écolo entend développer l’activité économique à droite du chemin de fer, limitant le logement à gauche. Deux sites sont en cours de réhabilitation par la Spaque. L’ancienne aciérie Allard (Mont-sur-Marchienne) pourrait accueillir de l’activité tertiaire dans un cadre verduré idéal, tandis que le site Léonard-Giot (Marchienne) accueillerait des activités de PME plus généralistes.

Les Mottards (Châtelineau) accueilleraient des PME, et le site Boma (Montignies-sur-Sambre) prolongerait les activités de la plateforme multimodale toute proche. Le destin de Soleilmont (Gilly-Ransart) serait généraliste. Les anciennes poteries de Bouffioulx et les anciennes forges de Courcelles centre offrent encore des perspectives.

Les nouvelles zones urbanisables seraient compensées par la désurbanisation d’autres zones : les terrils n° 5 (Trazegnies), du Cerisier (Marcinelle), du Martinet (Roux), le TLC n° 4, Sainte-Barbe et Sainte-Marie (Fleurus), la zone d’activité économique de Viesville et une partie de la zone Natura 2000 de Bouffioulx.


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