Le Vert Pays

Ecolo à Charleroi

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Charleroi, Ville Santé

Le premier avril s’est tenu à Mont sur Marchiennes le deuxième forum intersectoriel de « Charleroi Ville Santé ». La santé, présentée comme un état de bien être physique, social et environnemental des habitants.

  • Anne Cattiez, Conseillère communale.

Au cours de ce Forum, une étude intéressante de l’UCL sur les 55 quartiers de la Ville a présenté les données socio-démographiques de ces quartiers et leur lien avec l’état de santé des habitants de ces quartiers. Les conclusions de cette étude sont assez édifiantes et au dire même du présentateur, Monsieur Eggerickx, il semble que la situation n’aie guère évoluer depuis la dernière enquête il y a 10 ans présentée à l’époque par Monsieur Poulain.

Le tableau de bord du CPAS, publié régulièrement, confirme ces chiffres et semble présenter un état d’accroissement de la paupérisation sur Charleroi.

Pour ne citer que quelques constats qui, comme le dit l’ orateur, ne sont que des chiffres et non des impressions, des sentiments :

L’espérance de vie des hommes à Charleroi est nettement plus faible de deux années par rapport à l’ensemble de la Wallonie, mais pire, certains quartiers (la Docherie, Marchiennes Etat, Dampremy, Roux, Gilly, le centre ville…) semblent plus particulièrement touchés et accusent des écarts d’espérance de vie de plus de 10 ans par rapport à d’autres quartiers. Soit comme l’a soulevé l’orateur, une espérance de vie de la moyenne belge des années 60.

Ce qui est plus interpellant encore, est l’espérance de vie selon l’âge et selon certains quartiers. Dans certains quartiers, tjrs les mêmes, l’espérance de vie des enfants de moins de 5 ans est de 50% plus élevée qu’ ailleurs. Pour les filles également, il est relevé que leur espérance de vie des filles de moins de 15 ans est 70 à 100% plus élevé que la moyenne nationale. Ces chiffres inquiètent… interpellent.

Le sentiment d’être en mauvaise santé est deux fois plus élevé que la moyenne nationale. Le niveau d’instruction est interpellant également : 60% des habitants de cette ville n’a pas ou à peine atteint le niveau du secondaire inférieur. Chiffres corroborés depuis des années par le Comité subrégional de l’emploi et par le taux élevé de chômage dans la région. Nous ne reviendrons pas sur le logement dont le parc immobilier est vétuste et, pour 80%, date d’avant les années 70. Le nombre de familles monoparentales, plus élevé que la moyenne également. Un Carolo sur 10 hésite à aller voir le médecin…

Les résultats d’une telle étude interpellent et méritent une réflexion d’autant plus approfondie pour poursuivre les priorités de cette Ville. Et nous espérons que les résultats de cette enquête n’iront pas rejoindre les archives de cette Ville, qu’ils serviront réellement de base à la mise en place d’actions concrètes pour combattre ces inégalités flagrantes.

Tout le monde sait que la population précarisée s’oriente rarement vers des comportements préventifs, car il y a des besoins de base à satisfaire. Les déterminants du bien être social ou de la santé, ont été fréquemment cités, un logement décent, un environnement sain, un emploi stable, l’accès à des soins de santé et services, l’accès à des liens sociaux diversifiés.

Les stratégies de participation ou de partenariats sont évidemment nécessaires mais ne suffisent pas. Le travail des associations est important et prioritaire mais ne suffit pas.

Monsieur l’échevin, je vous poserai 3 questions :

  • Comment allez-vous prendre en compte les remarques de l’étude qui a été présentée ? Quel plan d’action et de concertation allez-vous proposer pour améliorer la santé des habitants de Charleroi ? Vous l’avez dit, chaque échevin a un rôle social à jouer, comment allez-vous fédérer les projets pour que Charleroi puisse rencontrer les déterminants nécessaires à une bonne santé (logement, environnement, emploi, services, lien social)
  • Pouvez-vous nous faire connaitre la localisation des différents projets santé avec lesquels la plate forme Charleroi Ville Santé travaille : dans quels quartiers sont-ils positionnés ? Comment comptez-vous élargir votre action avec d’autres partenariats afin de répondre aux éléments (les quartiers les plus touchés en matière de logement d’environnement et de santé) posés par l’étude ?
  • Quel budget la Ville est-elle prête à allouer pour rencontrer pareil défi et assurer la coordination d’un tel projet ?

Je vous remercie.


Les commentaires sont fermés


aucune annexe



À voir également

Salle du Conseil - © J-M/ Hoornaert

L’évolution des milieux urbains et la gestion des déchets

Lors du précédent Conseil communal, des interpellations ont soulevé la problématique des...

Lire la suite