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Ecolo à Charleroi

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Notre ville était-elle aux mains des dealers ?

Partout en Europe, les villes et cités sont confrontées au fléau des trafics de drogue qui ne cesse d’engendrer d’importantes nuisances tant sur le plan sécuritaire, sociale et de la santé.

  • Malika El Bourezgui, Conseillère communale.

Charleroi n’échappe pas à cette réalité et le constat est qu’ils sont de plus en plus nombreux, ceux et celles qui sont tentés par l’argent vite gagné qu’offre le business de la drogue pour améliorer leurs conditions de vie. La plupart d’entre eux, sans formation et qualification, ont des difficultés à s’intégrer professionnellement et socialement, ce qui les rend vulnérables.

Parmi tous les dealers et trafiquants, une catégorie minoritaire nous interpelle cependant.
Il s’agit de noyaux de jeunes clandestins, en grande partie originaires du Maghreb, qui s’adonnent à ce business de façon agressive et plus visible que les autres. Ce phénomène qui a débuté à Marchienne et rue Turenne à Charleroi, s’est déplacé au quartier de la Broucheterre et alentours.

Bien que cette délinquance ne soit pas comparable avec la violence des organisations mafieuses issues de l’étranger et notamment de l’Europe de l’Est par exemple, elle engendre d’importants troubles, des tensions ainsi qu’un réel sentiment d’insécurité auprès des habitants, des commerçants et des passants qui n’en peuvent plus et réclament des solutions rapidement.

Plusieurs de ces petits dealers sont venus à Charleroi parce qu’ils ont entendu dire que c’était facile d’y gagner de l’argent sans être trop inquiétés. A force de côtoyer des stupéfiants et pour supporter l’insécurité de leur existence, beaucoup finissent par devenir consommateur, accentuant ainsi leur dépendance et leur précarité dans un cercle vicieux. C’est là qu’ils deviennent plus nuisibles et incontrôlables.

On peut observer que certains développent des troubles psychiatriques notamment suite à des mélanges de stupéfiants, d’alcool, d’anxiolytiques et d’anti-dépresseurs. Quelques-uns présentent même des comportements violents et instables.

Face à cette situation dramatique sur le plan humain et social, beaucoup de questions se posent ?

  • comment ces groupes d’individus, pratiquement toujours les mêmes, continuent-ils à dealer et nuire à leur entourage à la vue de tout le monde sans être sévèrement punis, voire isoler ou expulser ?
  • pourquoi ces perturbateurs ne peuvent-ils être identifiés sur base de photos ou d’empreinte digitale par exemple ?
  • est-il sain de laisser ce genre d’individu non identifié en liberté sans risque de renforcer le sentiment d’impunité ?
  • comment ces personnes sans papiers qui ne peuvent voyager arrivent à
  • s’approvisionner sans difficulté en cocaïne, héroïne, cannabis et autres ?
  • comment expliquez-vous que la drogue circule aussi facilement dans notre région et que les gros fournisseurs continuent à alimenter notre territoire ?
  • existe-t-il des collaborations avec les pays limitrophes comme les Pays-Bas pour lutter contre le fléau de la drogue ?
  • comment expliquez-vous que l’argent sale de la drogue est si facilement blanchi alors que c’est le nerf de la guerre auquel il faut s’attaquer pour espérer lutter efficacement contre ce fléau ?
  • quels sont les moyens actuellement utilisés pour s’attaquer au blanchiment de cet argent ?
  • quelles stratégies comptez-vous développer pour rendre la vie impossible aux dealers et débarrasser les quartiers de ce fléau considérant qu’il y a la petite face visible de l’Iceberg et la grande face cachée ?
  • quels moyens envisagez-vous également pour renforcer la prévention dans les quartiers ?
  • et finalement, comment notre ville peut-elle se préserver du développement d’une délinquance et d’une mafia internationale ?

Malheureusement, le comportement de ces quelques clandestins délinquants jette aussi l’opprobre sur la population d’origine maghrébine qui se sent humiliée et de nouveau stigmatisée.

Sachez, Monsieur le Bourgmestre, que comme tous les carolos, l’ensemble des citoyens et travailleurs d’origine maghrébine respectueux de la société et de ses lois sont affligés par cette situation qu’ils déplorent et dénoncent fortement. Ils ne supportent plus cette vision et l’image insultante qui leur est renvoyé.

Nous sommes solidaires de tout individu contraint à l’exil et l’émigration pour fuir la misère, la guerre ou l’aliénation mais absolument rien ne peut justifier des agissements délinquants et mafieux sur notre territoire.

Devant cet état de fait, il y va de la responsabilité de l’autorité locale de veiller à ce qu’à tous ses niveaux de compétences, le discernement soit de mise afin d’éviter tout amalgame et préjugés pouvant provoquer des tensions entre communautés.

Je tiens à préciser que depuis octobre 2009, l’asbl La Main dans la Main située dans le quartier de la Broucheterre, a sollicité l’intervention de plusieurs acteurs de terrain dont la FGTB afin d’organiser une action citoyenne pour dénoncer l’insécurité dans ce quartier. De cette démarche a finalement émergé un groupe de travail appelé « jeunesse et mixité » composé de divers acteurs sociaux et de riverains.

Devant cette problématique spécifique, je pense qu’il serait souhaitable, dans l’intérêt général, que les autorités locales prennent contact avec la communauté maghrébine via ses relais et représentants afin de les associer à une réflexion générale sur les moyens d’action, de prévention et de sensibilisation à mener car ils ont aussi un rôle social à jouer.

Je vous remercie de votre attention.


Webmaster Webmaster ·  08 juin 2010, 10:07

Drogue, criminalité, nuisances… Trois mots pour qualifier ce qu’est devenu le quartier de la Broucheterre. Chassés de leurs repères marchiennois, il semble que c’est désormais sur le haut plateau de la Planche (mais aussi à Gilly et ailleurs en ville) qu’ont trouvé refuge les dealers de tout poils en recherche de quiétude pour leurs bénéfiques trafics illicites. Avec tous les inconvénients que l’on peut imaginer pour les riverains ou les simples badauds. Quelles mesures la Ville compte-t-elle prendre pour rendre la vie impossible aux délinquants, pour enrayer ce phénomène volatil comme de la poudre? C’est en substance la question posée en front commun par Malika El Bourezgui (Ecolo) et J-C. Finet (MR).

“Nous avons assaini en partie Marchienne et l’esplanade de l’UT, et c’est maintenant le quartier de la Broucheterre qui pose problème” a reconnu le bourgmestre. Insistant sur les bons contacts entrenus avec la population (allochtone notamment) de l’endroit, J-J. Viseur a indiqué que cette problématique avait fait l’objet de discussions en Conseil zonal de Police où l’on y a décidé des mesures coordonnées et la poursuite d’un travail en profondeur impliquant police locale+ Contrat de sécurité+ Parquet+ Office des Etrangers étant donné que bon nombre de dealers sont des illégaux. Comme l’a rappelé le bourgmestre, là comme ailleurs, des opérations ciblées seront menées tout en sachant qu’il est difficilement imaginable que l’on puisse enrayer de manière définitive le fléau. « C’est un combat qu’il faut sans cesse renouveler; le problème c’est l’âge des dealers, dont la majorité sont mineurs, des sans papiers, des clandestins; il faut aussi que le parquet suive et que des mandats d’arrêt soient décernés; Charleroi est la Ville qui fait le plus d’efforts en la matière, avec des résultats, mais il faut savoir qu’on ne pourra jamais éradiquer tout-à-fait ce type de criminalité ».

aucune annexe



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