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Interdiction du port de signes idéologiques, philosophiques et religieux

Le règlement d’ordre intérieur proposé pour interdire le port de tous signes idéologiques, philosophiques ou religieux à l’école est tout simplement anti-constitutionnel, disproportionné, sexiste, ségrégationniste et fondamentalement islamophobe :

  • Malika El Bourezgui, Conseillère communale

Il est anti-constitutionnel  parce qu’il se heurte aux articles 19 et 24 de la Constitution qui organise l’exercice des libertés religieuses dans notre Etat de droit ainsi qu’aux articles 9, 14 et 17 de la Convention européenne des Droits de l’homme .

Il est disproportionné par rapport à la réalité de la situation puisque les élèves portant un signe visible comme le foulard islamique se comptent sur les doigts de la main autant dire que l’on a sorti le bazooka pour tuer une mouche

Il est sexiste car sous prétexte de promouvoir l’égalité homme/homme, il ne fait qu’imposer une image de la femme refusant à des jeunes filles le libre choix de leur apparence, de leur tenue vestimentaire et pourquoi pas d’afficher leur pudeur. De plus, réduire la problématique de l’inégalité homme/homme au port du foulard n’a pas de sens tant ce problème est plus complexe et transversale.

Il est ségrégationniste parce qu’il prône la séparation et à la mise à l’écart des élèves en fonction de leurs différences culturelles et religieuses par rapport à la norme imposée par un courant laïque radical.

Et il est fondamentalement islamophobe parce qu’il ne semble se justifier que par la peur de l’islam ou une vision altérée par des préjugés sur l’islam, les musulmans et les questions en rapport avec cette religion. Rappelons-nous que c’est la problématique du port du foulard islamique qui a provoqué ce débat.

La manipulation de l’opinion publique et médiatique sur le monde musulman et une soi-disant « islamisation de la société » se basant sur des amalgames, des préjugés et des stéréotypes racistes, ont fait surgir un sentiment de rejet qui s’exprime de plus en plus dans notre société et la proposition de règlement dont il est question aujourd’hui semble en être le reflet.

En réalité, il s’appliquera surtout vis-à-vis des jeunes musulmanes portant le foulard islamique car elles sont les plus visibles. Il est difficile d’imaginer l’inspection systématique et quotidienne de tous les élèves pour s’assurer qu’ils ne portent pas de signes religieux comme des pendentifs par exemple. Le risque n’est pas moins négligeable de voir appliquer ce règlement en deux poids, deux mesures et de voir se développer la délation et la dénonciation chez les élèves.

De plus, dans le cadre juridique constitutionnel et décrétale, l’application de ce règlement ouvrira la porte à des recours légitimes qui engendreront des frais de procédures juridiques dont notre ville se passerait bien.

Cette politique d’exclusion mènera inévitablement au développement d’écoles confessionnelles musulmanes, évangélistes ou autres qui cloisonnerons ainsi un peu plus notre société.

Je suis inquiète et déçue par cette école qui par peur, par méconnaissance, par manque de moyens ou de conviction, choisi le rejet et l’exclusion à la réflexion et la recherche d’alternatives concertées pour garantir le principe de neutralité constitutionnel, renforcer l’école du vivre ensemble et son rôle fondamental d’amener les élèves à leur émancipation et au progrès par l’acquisition de compétences et de connaissances dans le respect de leur spécificité.

Devant la problématique soulevée par le port de signes religieux et particulièrement du foulard islamique à l’école, le groupe de réflexion neutralité.be a émis une double proposition juridique équilibrée de résolution définitive de la question du port du foulard dans l’enseignement officiel de la Communauté française, qui a été soumise aux quatre grandes formations politiques francophones afin que celles-ci expriment une réponse et un positionnement officiels tout en rappelant je le cite ici que :

«  le principe de neutralité figure parmi les fondements de notre ordre constitutionnel et constitue le baromètre de notre modèle de démocratie. En effet, il permet à chaque personne de prendre une place égale dans la société, sans discrimination, sans hiérarchie et sans exclusion. De même, il assure une place égale à chaque conception philosophique ou religieuse dans l’espace public, en assurant à cet égard les principes d’équidistance positive et d’impartialité dans le chef de l’autorité publique. Devant le constat que ce principe fondamental fait l’objet de nombreuses mésinterprétations dans son application, et en raison de la confusion existant autour des concepts de « laïcité politique » et de « laïcité philosophique », il est apparu comme une nécessité de mettre sur pied un espace d’expression et de réaffirmation du principe constitutionnel de « neutralité ».

Pour conclure, je dirais que le ROI d’un établissement scolaire n’a certainement pas pour objectif de supprimer des libertés fondamentales et de gommer les spécificités des élèves mais d’assurer le respect d’un projet pédagogique et le respect mutuel des élèves, des parents et du corps enseignant .

Attendons le résultat de la commission conjointe parlementaire chargée de traiter de cette problématique du port de signes philosophiques et religieux.

Dépensons notre énergie à faire face aux véritables préoccupations et enjeux socio-économiques qui fragilisent et divisent notre société et ouvrent la porte aux extrémismes.


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