Le Vert Pays

Ecolo à Charleroi

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Accueil des demandeurs d’asile et conséquences sur les structures d’accueil des sans abris

Nous avons eu l’occasion à plusieurs reprises d’évoquer le nécessaire dispositif à mettre en place afin d’accueillir les personnes sans abri pendant la période hivernale. Encore dernièrement, en septembre, vous annonciez votre soutien aux différentes structures dans plusieurs villes de Wallonie, opérationnelles depuis le 1er novembre.

  • Isabelle Meerhaeghe, Députée wallonne et communautaire.

Madame la Ministre,

Nous avons eu l’occasion à plusieurs reprises d’évoquer le nécessaire dispositif à mettre en place afin d’accueillir les personnes sans abri pendant la période hivernale. Encore dernièrement, en septembre, vous annonciez votre soutien aux différentes structures dans plusieurs villes de Wallonie, opérationnelles depuis le 1er novembre.

Je souhaite revenir sur ce dossier à la lumière des récents événements liés à l’accueil des personnes sans papier. Secrétaire d’Etat à l’intégration sociale, Philippe Courard a mis sur la table du Gouvernement fédéral un plan afin d’ouvrir 4000 nouvelles places dès le 1er décembre pour éviter que des demandeurs d’asile ne se retrouvent à la rue pendant l’hiver. Philippe Courard n’a pas souhaité consulter au préalable les communes qui disposent de bâtiments publics, comme des casernes, susceptibles de convenir pour cet accueil. Bastogne en tête, les communes sont généralement et malheureusement réticentes à l’accueil de ces hommes, ces femmes et ces enfants ! Chacun sa méthode mais force est de constater qu’elle ne porte pas ses fruits puisque les retards s’accumulent et que les portes pourraient soit demeurer fermées, soit s’ouvrir beaucoup trop tard puisqu’il est impossible à l’heure actuelle de signer la moindre convention avec la Croix-Rouge ou la Défense tant que les partis de la majorité fédérale ne trouvent pas un accord.

Mon but n’est pas d’entrer dans la polémique autour de ce dossier. Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est que l’inefficacité du Gouvernement fédéral risque d’avoir de lourdes conséquences sur les conditions d’accueil dans les structures que la Wallonie soutient.

Vous le savez, des personnes en attente d’une éventuelle régularisation se présentent chaque année dans les abris de nuit alors qu’elles devraient être prises en charge dans d’autres lieux financés par le Fédéral. Certaines structures du dispositif hivernal les ont accueillis jusqu’à présent en respectant les termes du décret en matière d’inconditionnalité, au risque non seulement de devoir refuser l’accueil aux autres personnes sans abri, par manque de place, mais aussi d’être confrontés à des problèmes de cohabitation. Vous avez, à ce propos, rappelé dans le cahier des charges l’importance du respect du décret. Toutes les structures devraient donc accepter les personnes sans papier qui se présenteraient.

Madame la Ministre, pourriez-vous me préciser si vous avez entrepris des démarches vis-à-vis de votre collègue Courard afin d’éviter de mettre à mal le « Plan grand froid » ? Le cas échéant, quelles sont-elles et avez-vous des résultats à nous transmettre ? Le problème est récurrent ; ne pensez-vous pas qu’il est nécessaire de prendre des décisions structurelles quant à l’accueil des demandeurs d’asile en période hivernale, et pourquoi pas en collaboration notamment avec les structures existantes en Wallonie, à condition, bien entendu, que l’encadrement et le financement soient adaptés ?

Madame la Ministre, je vous remercie pour vos réponses.

Réponse de Mme Tillieux, Ministre de la Santé, de l’Action sociale et de l’Égalité des Chances

Mon but n’est pas non plus d’entrer dans une polémique et, dans le contexte fédéral actuel, le Secrétaire d’État à l’Intégration sociale et à la Lutte contre la pauvreté a mis sur la table des propositions qui tendent à rencontrer rapidement les demandes en matière d’accueil dans l’attente de mesures plus structurelles qui nécessitent les pleins pouvoirs.

L’accueil de 550 réfugiés à Bastogne a permis de mettre en exergue que le site avait été choisi sur la base d’une analyse technique et le Bourgmestre de Bastogne, ayant obtenu les apaisements qu’il espérait, a marqué son accord pour un accueil jusqu’en novembre 2011

.

Quant au Plan wallon « Grand froid », il me paraît fondamental de garantir l’inconditionnalité de l’accueil comme dernier rempart à la rue. Cela a, d’ailleurs, été prévu dans le cahier des charges des Plans « Grand froid » que vous évoquez. Les quotas, en termes de nuitées, sont bien levés pendant la période hivernale. C’est important. Une personne sans abri est une personne sans abri, quelle que soit son origine ou sa nationalité. Il va de soi que les abris de nuit sont tenus d’accepter les demandeurs d’asile qui sont aussi, qui peuvent être dans une situation précaire liée au fait qu’ils n’auraient pas de logement. Il demeure une limite incontournable tenant au fait que la capacité d’accueil n’est évidemment pas indéfiniment extensible.

En ce sens, les statistiques produites aujourd’hui par les Relais sociaux ne nous permettent pas de distinguer les demandeurs d’asile des personnes en situation irrégulière, quelle que soit d’ailleurs leur provenance. Je sais, cependant, que le phénomène est surtout présent dans des villes comme Liège et Verviers.

Il est évident que le dispositif hivernal mis en place en Wallonie a été concerté avec le Secrétaire d’État à l’Intégration sociale et à la Lutte contre la pauvreté, M.Courard. Mon Collègue intervient d’ailleurs également financièrement pour soutenir les actions mises en place par les Relais sociaux.

Réaction d’Isabelle Meerhaeghe

Je remercie Mme la Ministre pour ses précisions. Je suis pleinement d’accord avec vous quant au respect des termes d’inconditionnalité du décret. Cela me semble primordial. Comme vous le dites, un sans abri est un sans abri, d’où qu’il vienne. Cela me paraît être la base et, comme vous le dites également, certaines villes sont plus exposées à l’accueil des personnes qui seraient demandeurs d’asile.

Vous avez dit que les chiffres ne pouvaient pas révéler le nombre de personnes concernées. Ceci dit, dans le rapport d’activités du Relais social de Charleroi, les responsables estiment, d’après les données qu’ils ont pu recueillir auprès des personnes accueillies que 500 personnes, un tiers en fait, sont sans papier, qu’il y a plus ou moins 150 personnes sur ces 500 qui sont en procédure de régularisation et 300 qui ont été déboutés. Ce sont quand même des chiffres relativement importants. Vous l’avez dit, M. le Ministre Courard participe déjà au financement des structures d’accueil, mais je pense que l’effort au vu de ces chiffres-là devrait être encore plus important, du moins c’est ce qu’il me semble, avec effectivement l’idée d’avoir une politique beaucoup plus structurelle. On connaît les problèmes de réserve au niveau des communes : certaines communes ne voient pas d’un bon oeil l’accueillir des demandeurs d’asile, raison pour laquelle, M. le Ministre Courard a préféré « imposer » cet accueil. Mais on voit que cela retarde les ouvertures, ce qui peut provoquer quelques ennuis supplémentaires au niveau des structures wallonnes.

Source : Parlement wallon, compte rendu intégral de la séance publique de la Commission de la Santé, de l’Action sociale et de l’Égalité des Chances du mardi 23 novembre 2010


Les commentaires sont fermés


aucune annexe



À voir également

Gare de Marchienne-au-Pont - Wiebevl-Creative Commons

SNCB - La gare de Marchienne-au-Pont

Question écrit de Jean-Marc Nollet, Ecolo-Groen Depuis quelques jours, il me revient que les...

Lire la suite

Parlement wallon

Trésorerie des Invests wallon : Xavier Desgain interrogera le Ministre de l’économie !

Suite aux articles du journal « l’Avenir » concernant la situation des trésoreries de nos Invests...

Lire la suite