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Journée internationale d’actions contre la discrimination raciale

Le 21 mars a été décrété « Journée internationale d’actions contre la discrimination raciale » par les Nations Unies.
A Charleroi, ville multiculturelle et capitale sociale, il semble qu’aucune action n’ait été envisagée pour marquer ce jour symbolique en matière de lutte contre le racisme. Même le site de la ville est désespérément muet à ce sujet.

  • Malika El Bourezgui, Conseillère communale

Pourtant, qui peut encore ignorer que le racisme se banalise et se ressent de plus en plus à tous les niveaux ? A l’analyse des discours et messages xénophobes qui circulent, on retrouve un écœurant ramassis d’amalgames, de préjugés, de raccourcis et de solutions radicales dignes de l’époque Nazi. Leurs auteurs s’improvisent experts en sociologie, théologie, anthropologie, etc. alors qu’ils font preuve d’une profonde ignorance du monde, de son histoire et des cultures.

Ce racisme vise particulièrement les maghrébins, les turcs, les africains et les roms.

Casser et dénigrer du musulman et de l’arabe, c’est devenu un des hobbies favoris de nombreux carolos et internautes. Cette situation a d’ailleurs des similitudes avec les années 30 où le juif était caricaturé et désigné comme étant le fléau de la société allemande et la cause de tous ses maux.

Bien sûr, l’immigration, la visibilité d’autres modes de vie et de pensées soulèvent des questionnements et c’est dans la logique des choses mais les peurs et les crispations que cela peut occasionner de part et d’autre doivent être raisonnées pour éviter le repli et le rejet de l’autre. Depuis la nuit des temps, l’humanité a évolué en fonction des mouvements de population et de l’échange entre les cultures.

Quant à l’insécurité, thème fétiche du raciste, il est prouvé que la délinquance plus visible chez certains allochtones n’a aucun fondement dans l’origine ethnique mais bien dans le contexte socio-économique précaire et l’exclusion auxquels il faut apporter les bonnes réponses.

Monsieur le Bourgmestre, Monsieur Dallons, Madame Boeckaert, ne pensez-vous pas qu’il est temps de dénoncer les discriminations raciales qui se développent dangereusement et de valoriser les bonnes pratiques en matière de lutte contre le racisme ?

Trouvez-vous normal que dans notre Administration et nos services publics, des courriels xénophobes et islamophobes circulent ?

Pouvez-vous nous faire état des actions menées pour lutter contre la discrimination raciale (lutte contre les stéréotypes et démystification, lutte contre la stigmatisation raciale, sensibilisation, formation,…..) ?

La motion sur l’Egalité des chances votée en mars 2007 prévoyait une évaluation annuelle de la situation en matière de discrimination et éventuellement des recommandations. Qu’en est-il de cet engagement ?

Suite à une décision du Conseil communal en avril 2008, notre administration s’est engagée à s’ouvrir à la diversité. Pouvez-vous nous informer sur l’évolution de la situation ?

A la suite des émeutes de 1992, la région wallonne a mis en place les centres régionaux d’intégration. Chaque année, la ville accorde une subvention au Centre Régional d’intégration de Charleroi qui est calculée sur base d’un montant forfaitaire de 0,1239 EUR par habitant (202.513 habitant au 31/12/2009). La prévision budgétaire pour 2011 s’élève donc à 25.092 EUR. Aujourd’hui, pouvez-vous estimer la plus-value apportée par le CRIC en matière d’intégration et de lutte contre les discriminations ?

Le meilleur moyen d’entendre les préoccupations des personnes d’origine étrangère, n’est-il pas de leur donner un espace de parole ? Ne pensez-vous pas que la mise en place d’un conseil consultatif des personnes d’origine étrangère représentatif, comme déjà proposé, en serait le meilleur outil et le relais ?

Cet espace permettrait de relayer et de discuter de tous les problèmes liés à l’immigration sans tabou et de rechercher avec les autorités locales les meilleures solutions à apporter.

Les pouvoirs locaux ont une obligation légale, politique et morale de collaborer avec les communautés pour leur prêter assistance, favoriser leur intégration et leur affecter des moyens en vue de créer les services nécessaires. Les pouvoirs locaux ont la possibilité dans leur domaine de modeler l’opinion publique aux fins de promouvoir l’impartialité, l’égalité des chances et la justice sociale par le biais de campagnes, de projets et d’initiatives et par-dessus tout, en donnant l’exemple et en recommandant l’application de bonnes pratiques pour combattre la discrimination, le harcèlement et les désavantages.


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