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A quand la fin des expulsions ?

Dans le courant du mois d’avril, nous apprenons par Solidarités Nouvelles que 14 familles de Marchienne- au-Pont ont reçu un ordre d’expulsion dans les 48 heures, pour des problèmes de sécurité. Une centaine d’autres, semble-t-il, seraient par ailleurs programmées.

  • Anne Cattiez, Conseillère communale

Même si nous reconnaissons l’existence de problèmes d’insécurité dans certains logements et comprenons que des mesures doivent être prises pour éviter les accidents éventuels, permettez-moi de m’étonner de ce procédé.

  1. Dans le règlement d’incendie, il est clairement stipulé, à l’article 13 que des mesures transitoires peuvent être envisagées compte tenu de l’ancienneté de certains logements. Il me semble qu’il faut être attentif dès lors à l’imposition d’un règlement et de normes raisonnables surtout en tenant compte des familles qui les occupent et le délai de 48h est vraiment un délai excessivement court !
  2. Rien n’a été prévu, selon mes sources, pour trouver des mesures de relogement pour ces familles.
  3. De surcroit, nous apprenons que des agents de quartier ont fait du chantage, lors de la présentation de la mesure d’expulsion pour insécurité : « Nous allons mettre vos affaires sur le trottoir si vous ne partez pas ».

Monsieur le Bourgmestre, cette mesure est une de trop !

Tout d’abord, nous avons connu des fermetures de logement pour insalubrité, ensuite vous prenez des mesures de fermeture pour surpeuplement, et à présent ce sont des mesures de fermeture pour insécurité que vous prenez. Où comptez-vous vous arrêter ?
Qu’allez-vous encore nous trouver dans les prochaines semaines ?

Bien évidement la lutte contre l’insalubrité ou l’insécurité est une mesure que doit prendre toute commune, mais cela fait 6 ans à présent et même sans doute plus que les associations luttant pour un logement décent vous interpellent.
Nous savons que la construction de logements neufs prend du temps, mais quelles sont les mesures transitoires que vos départements ont mis en place afin de ne pas mettre à la rue des dizaines de familles, qui, je le rappelle sont victimes deux fois par un manque cruel de logements décents et par l’expulsion qui leur est imposée.
La plupart des locataires ne sont pas responsables de l’état de leur logement et encore moins du non respect de leurs propriétaires quant au permis d’urbanisme ou de location.

Monsieur le Bourgmestre, j’aimerais vous rappeler quelques faits :

Il manque manifestement de logements et de logements décents à Charleroi :

  • l’AIS se plaint amèrement de l’afflux de candidatures d’un nombre impressionnant de familles à reloger, envoyées par les logements sociaux, les associations ou autres organismes de logement, tel par exemple le service logement de la Ville. On a le sentiment que l’AIS est le garage de tous les cas de non logement de cette ville. L’AIS ne sait pas répondre à toutes ces demandes…
  • Depuis peu, les demandes de permis de locations doivent à présent être assorties d’un permis systématique d’urbanisme. Ce qui encore limite les possibilités de location.
  • Vous prenez de plus en plus de mesures d’expulsion pour surpeuplement avec des délais trop courts de relogement sans que nécessairement les situations soient considérées comme suffisamment problématiques ou urgentes.
  • L’an dernier pourtant, lors d’une manifestation de personnes logées au Triangle, vous donniez votre parole de vous engager à utiliser le principe de dérogation pour permettre de reloger certaines familles nombreuses qui ne trouvent pas de logement à leur taille.
  • Les abris de nuit sont surpeuplés faute notamment de logement de transit, de logements d’insertion ou de logements à loyer modéré dans cette ville pour reloger ces personnes SDF qui recherchent un toit.
  • Récemment encore, nous apprenons que le CPAS va mettre un terme à ses conventions avec les sociétés de logement social.
  • Nous découvrons que le CPAS doit parfois faire appel à certains marchands de sommeil « connus » pour reloger certaines familles, par nécessité.
  • Il y a encombrement de dossiers auxquels doivent faire face les assistantes sociales de Solidarités Nouvelles. Mais il n’y a pas que là !
  • Les gens sont inquiets parce que les délais pour déménager sont trop courts et qu’il n’y a pas de logement. Ils craignent de porter plainte pour leur logement de peur de recevoir un arrêté d’insalubrité.

Alors, la Ville compte-t-elle continuer à prendre des mesures nouvelles d’expulsion et fabriquer de nouveaux sans abris ?
Son rôle n’est-il pas de protéger ses habitants et leur assurer un logement ?
Si problème de sécurité il y a, n’y a-t-il pas d’autres solutions que d’expulser des familles ?
Une fois de plus, dans le cas de ces expulsions pour insécurité, ce sont malheureusement encore les familles précaires qui sont touchées, alors qu’elles ne demandent qu’une seule chose : garder un toit, garder leurs droits à un logement.

  • Les travaux du groupe de travail sur la réquisition douce, lors d’une réponse donnée à une de mes questions écrites, ont actuellement donné très peu de résultats puisque, selon vos sources, 4 logements seulement pourraient être rénovés. Quelles mesures comptez-vous prendre pour les autres logements inoccupés ?
  • A Gilly, les Equipes populaires et la maison de quartier « la Chrysalide » ont recensé plus d’une quarantaine de maisons à l’abandon. Que fait-on avec ça ?
  • A Liège, à La Louvière, lors de situations d’expulsions diverses, on réquisitionne les logements sociaux pour reloger les familles. Qu’attend-on pour faire de même à Charleroi ?
  • Pourquoi des mesures d’accélération de rénovation ne sont pas prévues? Pourquoi ne pas mettre en place un programme particulier de relogement, compte tenu de la situation ?

Je vous le rappelle, il y a 6 ans que les associations vous interpellent…. Il semble que l’on fasse le contraire à Charleroi avec l’application drastique de règlements d’expulsion.

Le projet Phénix de rénovation de la Ville ne doit pas faire oublier les réels problèmes de logement à la périphérie. Le nombre d’expulsions montre que Charleroi a cruellement besoin de logements à loyer modéré et pas tant de logements moyens.

Je voudrais terminer en vous demandant à quoi sert le groupe de travail « expulsions » initié il y a 4 ans après l’expulsion d’une famille à Charleroi, et qui regroupe les associations, les sociétés de logements sociaux mais aussi le département logement de la Ville et le CPAS, si les constats et propositions et stratégies mises en place par ce groupe de travail ne sont pas pris en compte?

Je vous invite également à prendre date avec les permanences de Solidarités Nouvelles afin de vous rendre compte du désarroi des familles qui s’adressent à eux ainsi que de l’encombrement des dossiers auxquels doit faire face cette association.

Je vous remercie.


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