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Ecolo à Charleroi

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La culture manque de projet fédérateur

Isabelle Meerhaeghe, députée Écolo, entre dans le débat. Pour elle, il faudrait travailler davantage en front commun pour la culture.

L’appel d’Isabelle Meerhaeghe est clair : « Arrêtons les complaintes et travaillons davantage en front commun ». La députée Écolo espère recadrer le débat sur la culture à Charleroi et, surtout, sur les querelles que sa subsidiation suscite. Elle craint aussi pour Télésambre.

Mal aimée, Charleroi ? Le pavé lancé il y a quelques semaines par la députée-bourgmestre (MR) de Montigny-le-Tilleul, Véronique Cornet, n’aura pas laissé indifférent.

Que relevait-elle, en chiffres ? Ce qu’elle qualifiait d’injustice, parlant des subsides de la Communauté française. Que Charleroi n’avait reçu en 2010 que 28 % des montants accordés aux opérateurs de Liège ; Que les subventions avaient crû de 1,6 % entre 2004 et 2010 à Charleroi, tandis qu’elles faisaient un bond de 97 % à Mons.

Ces chiffres avaient suscité une réponse courroucée de Fadila Laanan, la ministre de la Culture, plaidant, dans vos pages « Pays de Charleroi du jeudi 9 juin dernier, que « la culture aime les Carolos », avant de reprocher à Véronique Cornet de s’être limitée à une sèche addition de chiffres, sans plus.

Un Collège sans cohésion

Écolo n’est pas resté au balcon de ce ping-pong gracieux. Députée carolo et particulièrement investie dans les problèmes culturels, Isabelle Meerhaeghe y va de son analyse : « Qu’on arrête de se plaindre ! Il ne faut pas défendre un droit à la subvention mais un droit à la culture ! », lance-t-elle. Avant de demander : « Qu’on y aille en front commun… comme ils le font à Liège ».

Et de venir, en passant, au secours de l’échevin carolo de la Culture, Antoine Tanzilli : « J’ai le sentiment qu’il a dû ramer, en interne, face aux autres échevins, pour obtenir le peu qu’il a, et pour faire ce qu’il peut avec ces moyens-là ».

Un manque de volonté collégiale qui a une conséquence immédiate, estime la parlementaire Écolo : « Il n’y a pas de cohésion interne au sein du collège communal sur la Culture, comment voulez-vous que Charleroi afficheune cohésion vis-à-vis de l’extérieur ? ».

Les lenteurs du Pôle de l’Image

Son soutien à l’échevin carolo de la Culture se nuance, quand la même déplore le retard mis à trancher à propos du « Pôle de l’Image » : « C’est le silence radio ! Le cinéma Le Parc, avec toute son expérience, n’est pas soutenu et il me semble évident qu’il ne peut pas se contenter d’être une sorte de sous-traitant, dans ce dossier. Selon moi, aucun autre candidat n’est à même de le supplanter, dans un projet qui doit aussi intégrer Dreamwall et la Haute École Condorcet, côté formation ».

Quant aux chiffres, Isabelle Meerhaeghe veut aller au-delà : « Le problème de Charleroi en matière culturelle est plus vaste. Là où on devrait considérer que la Culture est un moyen d’épanouissement individuel et collectif, Charleroi l’a depuis trop longtemps considérée comme un élément de second plan, et jamais comme une priorité politique ». Pour la députée, ce ne sont pourtant pas les raisons de se mettre en avant qui manquent. Et de citer notamment le Rockerill, le Vecteur, l’Ancre, le Vaudeville, le BPS 22, le Musée de la Photo, avec à la clé, souligne-t-elle, « un rayonnement et une palette d’emplois ».

Un répertoire dont elle modère aussitôt les facettes enthousiasmantes, quand elle constate que « ce qui manque, c’est un véritable projet fédérateur, des acteurs véritablement soutenus par la Ville, et rassemblés dans un travail plus cohérent : le problème de Charleroi, c’est au moins autant un déficit de volonté commune, qu’un déficit desubventions ! ».

« Trop lourd pour Télésambre »

Celle qui fut longtemps journaliste de Télésambre ne manque évidemment pas de s’intéresser au projet de rapprochement de la TV communautaire et de la RTBF à Charleroi : « Bien sûr, un accord politique existe, mais je ne cesse de répéter qu’il ne peut pas se faire à n’importe quel prix. Et aussi que c’est aux principaux intéressés de le décider. Or, aujourd’hui, c’est au-dessus, et ailleurs, que cet accord se scelle. Le projet actuel, je le constate, ne convient ni à Télésambre, ni aux organisations syndicales de la RTBF ».

Et Isabelle Meerhaeghpointe en particulier l’effort financier que devrait supporter Télésambre dans l’état actuel des choses : « Un million € venant de Jean-Claude Marcourt, mais c’est un prêt ; un autre million, venu de la Ville, et c’est un autre prêt. Et 500 000 €, à avancer par Télésambre elle-même. Ce qui fait un total de 2 500 000€ à rembourser, ce qui est évidemment trop lourd à supporter par Télésambre ».

La député conclut sur une interrogation avant tout rhétorique : « À côté de cela, le Comité de développement stratégique prend, dit-on, des positions unanimes dans ce dossier. C’est pour le moins curieux, non ? ».

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