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La rentrée est là, les dealers de rue aussi !

  • Malika El Bourezgui, Conseillère communale.

Après la période de vacances, c’est la rentrée où les citoyens retrouvent leurs préoccupations quotidiennes.
Parmi celles-ci, il y a le sentiment d’insécurité occasionné par les nuisances liées au trafic de drogue et particulièrement aux activités des dealers de rue qui ont envahi le Centre ville et les quartiers avoisinants. Cette situation est excessivement dommageable pour l’image de Charleroi et son commerce sans parler du problème de santé publique que j’ai déjà exposé antérieurement et que je ne développerai pas ici. Les petits dealers, revendeurs de rue souvent usagers eux-mêmes, s’occupent des transactions avec le consommateur final alors que les gros dealers, narcotrafiquants, s’occupent de l’importation et de transactions de plusieurs kilos. Contrairement aux dealers à domicile tout aussi actifs (et qui peuvent être monsieur et madame tout le monde), les dealers de rue sont très visibles, extrêmement mobiles et en nombre croissant. Ils vendent « au détail » et leur business très lucratif peut rapporter entre 500 à plus de 1000 euros/jour.
A force des les voir, on fini par les reconnaître car c’est souvent le même profil. Pour l’instant, il s’agit en grande partie d’illégaux qui recherchaient l’Eldorado en Europe et qui finalement ont échoué par nécessité dans ces trafics organisés.
Leur business illégal entraîne inéluctablement des nuisances pour l’entourage qui doit supporter de jour comme de nuit, les incessants va-et-vient des clients, la présence de toxicomanes dans les halls d’entrée où ils se droguent et abandonnent leurs seringues et autres déchets, la délinquance qui se développe autour comme le vol et les bris de vitre, la prostitution ainsi que les conflits et la violence entre eux. Tout ce contexte ne peut évidemment que renforcer le sentiment d’insécurité et d’impunité.
Depuis la rentrée, une présence policière aux abords des écoles a pour objectif d’éloigner les dealers à l’affut de jeunes clients.
Cette mesure permet certainement de rassurer provisoirement les parents, les élèves et le corps professoral, cependant, tous les matins, on assiste à un spectacle surréaliste au parc Astrid avec d’un côté, les dealers au poste pour faire leur business et de l’autre côté, un ou quelques policiers en attente.
Mais qu’est ce que cela va changer fondamentalement à la situation vécue au quotidien par de nombreux riverains qui malgré eux sont spectateurs et victimes des trafics qui se développent sous leurs yeux et empoisonnent leur quotidien ? Voyez la situation inquiétante de la ville haute ainsi que du Parc Astrid alors qu’il est entouré de 7 écoles. En effet, on observe que ces dealers de rue ne se sentent pas vraiment inquiétés ou menacés par de simples passages de policiers. Ce sont d’inlassables contrôles de police que cette situation exige pour empêcher ces trafics de s’installer et s’approprier l’espace. De toutes les villes d’Europe, Charleroi serait l’un des rares cas, où le trafic de rue s’est installé au cœur du Centre ville. Voyez la situation alarmante du Parc Astrid alors qu’il est entouré de plusieurs sites scolaires.
Des citoyens excédés par cette situation se mobilisent en comité de quartier et associations pour dénoncer ces faits, exprimer leurs préoccupations et réclamer des solutions efficaces. De par leur vécu, ils peuvent apporter des pistes de réflexions et d’actions. Nous nous devons de les entendre et de les soutenir car garantir la sécurité et la quiétude des citoyens relèvent des missions prioritaires des autorités locales.

Suite à une interpellation sur ce sujet en mai 2010 et faute de réponse claire, je me permets de vous redemander :

  • quelles stratégies comptez-vous développer pour rendre la vie impossible aux dealers et débarrasser les quartiers de ce fléau ?
  • quels sont les moyens prévus pour renforcer la prévention dans les quartiers et écoles ?
  • dans le contexte législatif actuel, comment notre ville peut-elle se préserver du développement d’une délinquance et d’une mafia internationale ?

Il est inacceptable que des individus sans titre de séjour et sans pièce d’identité qui sont interpellés pour trafic de drogue, pour délits commis et multirécidivistes, puissent être relâchés dans la nature sans autre mesure répressive dissuasive. Cette situation quasi d’impunité ne favorise-t-elle pas cette forme de délinquance ?
A l’époque, Monsieur le Bourgmestre, vous aviez évoqué des places en centre fermé réservées pour les délinquants illégaux à Charleroi. Quel est le bilan ?
Puisqu’il existe un véritable problème de consommation de drogue à Charleroi difficile à éradiquer, pourquoi n’envisage-t-on pas de repousser ces trafics vers un espace ouvert hors du centre ville où la demande et l’offre de drogue pourraient se rencontrer sans trop nuire aux habitants comme vous n’avez pas hésité à le faire pour la prostitution que vous avez chassée ?
Pour conclure, nous ne cesserons de répéter que pour casser ce système infernal, il faut des campagnes de prévention, plus d’actions répressives et des contrôles systématiques pour empêcher les deals de rue de s’installer mais aussi et surtout s’attaquer au blanchiment de l’argent de la drogue qui est le nerf de la guerre pour atteindre les narcotrafiquants avant que ceux-ci ne renforcent leur pouvoir par leurs énormes profits financiers et ne prennent finalement le contrôle de nos villes.
Nous avons au sein de notre Conseil communal, des relais politiques au niveau régional et fédéral que je sollicite vivement pour continuer à défendre la cause de Charleroi jusqu’au bout afin d’obtenir les aides et les moyens indispensables pour lutter efficacement contre les trafics de la drogue et leurs ravages.

Mais alors qu’il manque des effectifs à la police pour remplir ses missions et combattre la montée de la délinquance, il y a un taux très élevé d’absentéisme de policiers fonctionnaires. Pouvez-vous nous éclairer sur cette situation ?.

Je vous remercie de votre attention.


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