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Les femmes pas assez entendues

Le conseil consultatif Égalité femmes-hommes a trois ans. Les défis se multiplient, mais les propositions tardent à trouver écho auprès des politiques.

Certes, la Ville de Charleroi a signé la charte pour l’égalité femmes-hommes en 2007, puis voté la mise en place le Conseil consultatif du même nom un an plus tard. Elle soutient aussi des initiatives locales en la matière et dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Mais en dépit des problématiques soulevées par le conseil consultatif, on reste sur sa faim, parmi ses membres, pour la concrétisation des propositions émises. Bien sûr, le rôle du conseil se limite à remettre des avis, à faire des propositions. « Mais on n’a pas trop l’impression d’être entendues », indique la présidente, Anne Cattiez, qui dressait, hier, un bilan des trois années d’activités en compagnie de la dizaine d’associations qui sont partie prenante du conseil.

Femmes à la rue

Les défis ne manquent pourtant pas dans cette lutte pour l’égalité entre les sexes. En tête, la précarisation croissante des femmes. « Elles sont de plus en plus nombreuses à se retrouver dans la rue, explique Anne Cattiez. On les voit moins car elles craignent la violence urbaine. Elles sont aussi plus sensibles à la culpabilité d’être à la rue, leur statut de femme et de mère étant mis à mal. » Ces femmes hésitent à recourir aux structures pour sans-abri. « Il faut réfléchir à un accueil spécifique pour les femmes de la rue. Une politique neutre en la matière n’est pas pertinente. » Dans le but de créer pareille structure, contact a été pris avec l ‘association Les Fleurs du bien. « L’idée fait aussi son chemin au Relais social. Le Foyer familial et la maison maternelle de Wanfercée-Baulet sont aussi intéressés. »

La délocalisation du « quartier chaud » de la Ville Basse, du « Triangle » à la rue du Rivage, préoccupe aussi le conseil, notamment pour des raisons de sécurité. L’idée est de créer un groupe de vigilance et de suivi de la situation de ces femmes prostituées (voir ci-dessous).

Un travail de longue haleine

L’emploi est un autre cheval de bataille du conseil consultatif. Celui-ci a proposé au collège communal une formation et une sensibilisation du personnel communal à la politique d’égalité entre hommes et femmes. L’objectif est de mieux intégrer aux projets développés par la Ville les spécificités liées à chaque genre. « On attend des nouvelles du dossier », indique la présidente. Dans le même ordre d’idées, il importe de tenir compte des femmes dans les projets d’aménagement urbain. « C’est spécialement le cas pour la sécurité, les femmes étant davantage sujettes aux violences urbaines. »

Sur le terrain de la formation, l’accent est mis sur la lutte contre les stéréotypes liés à chaque sexe, l’enjeu étant de donner accès à tous à des emplois porteurs d’avenir et diversifiés.

Plus fondamentalement, le conseil mène une activité de sensibilisation à l’égalité femmes-hommes, grâce notamment à la réalisation d’un folder. «Notre mission est un travail de longue haleine, ajoute la présidente. D’autant que le temps politique, avec ses contraintes, est difficilement compatible avec celui des associations.. Mais notre volonté est de travailler main dans la main avec la Ville. »

Une pétition pour le Triangle

Le sort des femmes prostituées, délocalisées depuis juin à la rue du Rivage, inquiète le conseil consultatif. Le site est isolé, peu sécurisant, sans être à l’abri des regards et sans possibilité de s’abriter. Pour le conseil, ces femmes n’ont pas le respect auquel elles ont droit comme tout autre citoyen. « De plus, indique Anne Cattiez, il existait, il y a une quinzaine d’années, une mixité sociale dans le quartier où la prostitution ne posait guère problème. La politique de la Ville, qui est d’écarter le racolage du Triangle, a fait perdre cette mixité. » Les femmes concernées ne sont pas restées sans réaction. Elles ont fait circuler une pétition demandant le rétablissement de leurs activités dans les rues du Triangle. Car, disent-elles, c’est l’endroit idéal. « La prostitution existait depuis longtemps dans le quartier, sans susciter spécialement de plainte », explique Marie, à l’initiative de la pétition. Elle avance aussi comme arguments la sécurité des voitures garées dans le quartier, assurée par leur présence, l’activité économique que leur présence génère. « Au Rivage, Madame tout le monde se fait accoster en allant reprendre sa voiture… » La pétition a recueilli jusqu’ici 150 signatures, y compris de commerçants.


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