Le Vert Pays

Ecolo à Charleroi

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Carolos, nous sommes tous des indignés !

Nous sommes indignés mais plus que jamais, nous sommes résolus à lutter contre une nouvelle fatalité qui viendrait répondre à ce nouveau cataclysme. Pour Écolo, Charleroi n’est pas condamnée à toujours faire comme ça.

  • Luc Parmentier, Chef de groupe au Conseil communal
  • Isabelle Meerhaeghe, Députées wallonne et communautaire
  • Xavier Desgain, Député wallon et communautaire

Ma è buio e non vediamo nulla !

Francesco Schettino, le commandant du Costa Concordia qui a fait naufrage, il y a quelques semaines, près de l’île italienne du Giglio eut un comportement pour le moins surréaliste lorsque le commandant De Falco de la Capitainerie du Port de Livourne lui signala qu’il devait remonter à bord de son bateau. Il répondit au commandant qu’il faisait sombre et qu’on n’y voyait rien.

Au lendemain de la diffusion de la conversation entre les deux hommes dans les médias, un sentiment a prévalu : l’indignation.

A Charleroi, aujourd’hui, les écologistes – et avec eux, l’ensemble des citoyens de la Ville – sont indignés.

Nous sommes indignés parce qu’hier a eu lieu la démission de Mme Francotte, la première fonctionnaire de la Ville. Les raisons évoquées seraient les récentes affaires qui ont touché la Ville et le manque de soutien. Bref, des conditions de travail qui ne sont pas réunies pour accomplir au mieux sa mission.

Il ne s’agit pas, selon nous, d’un banal épisode de plus dans ce que nous lisions dans les colonnes des journaux comme une saga pathétique. Ce n’est pas un fusible qui saute. Cette fois, c’est l’indication que le cœur du cœur du fonctionnement de la Ville est atteint et cela montre à quel point la résignation est grande alors que dans le même temps, la Ville se meurt.

Plus fondamentalement, pour Écolo, ce sont les Capitaines successifs qui, faisant de Charleroi leur champ de bataille politique et électoral, ont abandonné Charleroi et ses passagers à leur sort, à ce centre-ville désert, à cette misère sociale qui s’insinue en règle de vie !

Si Van Cau et consorts avait poussé Charleroi au fond du trou, force est de constater que la XXL, embourbée dans ses conflits internes stériles, l’a profondément abandonnée.

Cette situation est affligeante et suscite une colère légitime.

Non, il ne s’agit pas d’un épisode de plus, mais bien d’un épisode qui pourrait être fatal à la ville si la majorité ne prend pas ses responsabilités dès jeudi et ne change pas son mode de décision et ses objectifs. Lorsque le malaise gangrène la Ville à la racine, il ne peut plus s’agir d’un énième épisode mais d’un coup porté au moteur d’une potentielle dynamique source d’espoir pour les Carolos et pour leur Ville.

L’appel à l’aide a été entendu

Au sortir des « inculpations » en série au sein du Collège communal en début de mandature, la Wallonie a pourtant pris la mesure du séisme en termes de gouvernance qui s’opérait dans sa première métropole.

Une série de mesures ont été adoptées afin de sortir Charleroi et son Collège du marasme.

L’effort a été d’une ampleur jamais mise en œuvre à l’échelle wallonne. Il est bon ici de rappeler le vote du décret Viseur.

Au Parlement wallon, en juin 2007, ce décret fut taillé sur mesure pour défaire le paquet de nœuds carolos et installer au maïorat de la ville son titulaire le plus inattendu avec les aléas que nous avons vécus ces dernières semaines.

Le Conseil d’Etat avait étrillé la copie en ce que, à plusieurs reprises, elle “menaçait gravement la sécurité juridique”.

Voilà, d’évidence, qui prenait l’exact contre-pied de la règle de base, adoptée en Wallonie dès les élections communales d’octobre 2006. Il était, en effet, prévu qu’était élu bourgmestre dans les villes et communes wallonnes, l’élu le plus populaire de la liste la plus importante de la majorité. S’il se désiste, il ne pourra pas être échevin et le maïorat est dévolu au deuxième le plus populaire de la même liste, et ainsi de suite.

A l’inverse, le dispositif dérogatoire exercé par deux fois à Charleroi prévoit que le bourgmestre est choisi n’importe où dans la majorité en cas de démission collective du collège, qu’il peut même alors être désigné hors Conseil, que le bourgmestre qui a démissionné peut rester échevin, voire que le gouvernement wallon peut décider des élections anticipées locales en cas de blocage après 30 jours. Ainsi peut-on passer de la règle du maïeur le plus populaire, à l’exception de celui qui pourrait être le moins populaire, ou quasi.

D’ailleurs, ce ne fut pas loin d’être le cas à Charleroi : en 2006, Viseur fut crédité de 762 voix de préférence sur 121 275 votants, au quarantième rang du palmarès. Et M. Massin n’en fit que 1 006, après 26 autres élus (dont 20 PS).

Mais voilà, nécessité faisant loi, il s’agissait d’un premier coup de pousse pour sortir de l’ornière.

En 2010, la Ville de Charleroi avait, par ailleurs, présenté un plan de gestion en contrepartie d’un prêt de 75 millions d’euros qu’elle sollicitait pour notamment combler certains déficits (Ville et Régie foncière).

Au printemps 2011, le ministre wallon des Pouvoirs locaux a refusé le budget 2011 de la Ville, lui demandant de revoir sa copie et d’affiner son plan de gestion.

Christophe Ernotte a été choisi conjointement par le gouvernement wallon et la Ville de Charleroi pour occuper la fonction de manager « de crise ». Le rôle de celui-ci consistait à affiner le plan de gestion en collaboration directe avec le bourgmestre et les échevins pendant 2 ans.

Il s’agissait d’un nouveau coup de pouce important de la Wallonie et qui répondait à une nouvelle entorse à la bonne gouvernance.

Enfin, impossible de passer sous silence, le ballon d’oxygène qui accompagne la réforme du code du logement initiée par Jean-Marc Nollet et dont vont bénéficier le Foyer Marcinellois et la Carolorégienne, deux sociétés publiques de logement parmi les plus endettées de Wallonie.

Il s’agissait ici de soutenir l’activité des sociétés les plus fragilisées en corrigeant l’effet pervers de l’application du code du logement : parce que la crise va amener dans les buildings et les cités sociales des occupants de plus en plus précaires, il s’agit de compenser la diminution des recettes de loyer par de nouveaux moyens.

L’octroi des refinancements est naturellement subordonné à l’adoption de plans de gestion exemplaires.

Le pouvoir pour le pouvoir ? Et les Carolos !

Notre indignation est naturellement provoquée par le contraste saisissant entre cette guerre des égos et cette prise en considération de l’exception carolo. Exercer le pouvoir, nous avons compris qu’ils le souhaitaient, dans quel but, pour quelles finalités pour Charleroi et ses habitants, là, nous ne savons toujours pas. Et les carolos non plus.

Ce n’est en tout cas pas à coup de « qui aime Charleroi ? » suivi de pathétiques « je t’aime, moi non plus » dans les couloirs de l’hôtel de ville que nos concitoyens réinvestiront concrètement leur Ville et leurs rues qui n’en finissent pas de désertifier le soir venu.

Nous sommes indignés parce que ces coups de pouce ne trouvent aucun prolongement concret sur le terrain carolo : ils sont assortis de mesures visant à gouverner mieux qui ne sont pas respectées.

Le dossier de la réouverture de la piscine Hélios est assez exemplatif de ce non-fonctionnement de la Ville. Depuis le 7 juillet 2007, la Ville na pas été en mesure de mettre en place un organigramme digne de ce nom, un plan d’embauche permettant un service efficient vers la population. Résultat des courses : au lieu de nous réjouir des travaux qui ont été réalisés dans une des plus importantes infrastructures sportives de la commune pour près de 12 millions d’euros et qui visent à rendre la piscine conforme à ses ambitions, on doit constater que sa réouverture attendue est postposée faute de maîtres- nageurs.

Dans le contexte social que nous connaissons (avec près de 25 000 Chômeurs, nous ne sommes pas en situation de plein emploi, n’est-ce pas ?) et face à l’attente des Carolos, cette impasse est proprement inacceptable. Elle témoigne de l’absence de mesures au niveau de la gestion du personnel.

La XXL s’est bornée à résoudre quelques irrégularités, à mettre en place des contrats de travail en bonne et due forme, à tenter d’éviter qu’on exerce, selon le bon vouloir d’un Échevin, un poste à responsabilité ou pas. C’est insuffisant pour une métropole comme Charleroi !

Comment, dans ces conditions connues de tous et qui font régulièrement la une de nos quotidiens, attirer de nouvelles compétences dans notre Ville ? Comment envisager que des cadres universitaires apportent leur expertise pour sauver la Ville et rendre le sourire à ses habitants ?

Comment une Ville qui n’envisage pas le remplacement de ses Directeurs peut- elle envisager l’avenir ?

Pour ces raisons, aussi, nous pensons que la démission de Mme Francotte n’est pas le xième feuilleton d’un mauvais soap mais un élément nouveau qui touche le cœur du fonctionnement de la Ville.

Mouiller son maillot

Écolo s’est toujours montré constructif dans son opposition communale à cette majorité étendue car, en effet, la hauteur du cataclysme carolo justifiait qu’on se retrousse les manches pour Charleroi et ses habitants autrement que sur base des codes politiques traditionnels.

Cette attitude nous a, notamment, permis de « sauver » ou de « rattraper » pas mal de dossiers mal ficelés en commission.

Par contre, nos propositions au conseil ont souvent été accueillies dans l’indifférence généralisée. A l’heure où les chaudières des écoles capotent allègrement sans qu’on puisse apparemment trouver une solution, était-ce si illusoire de demander un plan prioritaire en matière de travaux visant à rendre plus efficients énergétiquement nos bâtiments communaux ?

Le rôle de l’opposition est celui de surveillance démocratique, nous l’avons, de plus, envisagé de manière extrêmement participative et propositionnelle. Nous estimons donc être en droit d’exiger de la majorité que dans les six mois des éléments soient mis en place pour répondre à nos exigences et à celles des carolos !

C’est pourquoi nous en appelons à un sursaut, à un retour au sens des responsabilités car nous le devons aux habitants de cette Ville. Et à ceux qui disent qu’il reste peu de temps, nous répondrons que les petits pas dans la bonne direction n’attendent pas compte tenu de l’urgence.

Quand Véronique Salvi dit que le Carolo n’a pas à payer la crise politique carolo, nous la suivons. Quand elle signale que la vente des bâtiments est une clé du retour à l’équilibre financier, nous la suivons toujours. Mais quand on s’affronte sur la question de Marcinelle en Montagne de manière aussi féroce et sans voir l’ombre d’un plan de gestion immobilier digne de ce nom, nous nous indignons.

Quel est le coût de ces non-décisions en cascades, de ces affrontements partisans pour le citoyen ?

Quelle est encore la crédibilité des responsables politiques de cette Ville lorsqu’ils ne parviennent jamais à sortir des slogans ?

Nous demandons une évaluation sérieuse de cette absence de saine gestion. Notamment, à ceux qui plaident, à la région, pour la rationalisation des moyens publics mais qui concrètement dans les Villes où ils sont au pouvoir n’ont rien fait en la matière sur le budget communal, la R.C.A. ou la régie foncière ! Ils viennent d’ailleurs d’hériter de la gestion de la R.C.A., nous attendons donc qu’ils fassent preuves de la même détermination à Charleroi.

A la place de la campagne électorale permanente instituée en fil rouge de la politique communale, nous souhaitons qu’on travaille concrètement sur les dossiers.

Du sens des responsabilités

Outre les aspects de bonne gouvernance évoqués plus haut, Écolo plaide pour que les grands plans de rénovation (Phoenix, Rive gauche, rénovation énergétique dans les logements publics et privés notamment par l’alliance emploi environnement et FRCE…) qui doivent servir de base au redéploiement économique de la Ville soient enfin mis en œuvre.

Les investissements publics à Charleroi, aussi, peuvent contribuer au dynamisme de cette Ville qui fait, à l’image de son Centre-Ville, pauvre figure. Ne fut-ce que par respect pour les Carolos et les acteurs de terrain qui n’ont pas quitté le navire !

Nous sommes convaincus que ces plans de rénovation peuvent également constituer un booster important pour quelques P.M.E. de la région et pour le secteur de l’économie sociale qui s’est remarquablement développé dans notre arrondissement.

Il faut transformer l’essai par respect pour le contrat passé avec les citoyens afin qu’on retrouve le plaisir de se loger et de vivre à Charleroi.

Dans ce cadre, nous voulons qu’une attention particulière soit portée sur le développement de logements mixtes afin de redonner de la vie à la Ville.

Sur le plan environnemental, le 27 février, nous aurons la joie de voir enfin notre tram boucler le Centre de notre Cité. Là, aussi, nous attendons fermement que la XXL se montre à la hauteur de l’évènement en respectant les engagements de la Ville de Charleroi lors de la signature, en 2003, de la convention avec la Wallonie, ce qui n’est toujours pas fait, neuf ans plus tard.

Dans ce cadre, nous attendons avec fermeté la réalisation de la rénovation urbaine promise entre Gosselies et Charleroi le long de la N 5, la mise en place de cheminements piétons et cyclables vers les principales stations de métro, un plan fin de mobilité sur la ville basse visant à favoriser les transports en commun ainsi qu’un plan de déplacements pour le personnel de l’administration communale.

Indignés mais pas résignés

Nous sommes indignés mais plus que jamais, nous sommes résolus à lutter contre une nouvelle fatalité qui viendrait répondre à ce nouveau cataclysme. Pour Écolo, Charleroi n’est pas condamnée à toujours faire comme ça.

Cette nouvelle secousse qui touche le cœur du cœur de la Ville va sans doute amplifier la colère des Carolos. A leurs côtés, Écolo est prêt à se retrousser les manches pour mettre en place concrètement des solutions pour Charleroi :

  • pour mettre cette Ville en état de marche en établissant un véritable plan de gestion du personnel et un organigramme digne de ce nom ;
  • pour réussir les Phénix et notamment le pôle « image », pour que cette opération ne se limite pas à la mise en place d’un piétonnier mais devienne le cœur d’une rénovation urbaine importante ;
  • pour réussir le bouclage du tram en l’accompagnant d’un plan de mobilité pour Charleroi ;
  • pour améliorer la propreté et réaliser une opération grand nettoyage dans un quartier chaque semaine ;
  • pour préparer le défi « social » de demain. Les premiers battements d’ailes du gouvernement Papillon vont faire très mal aux publics les plus précarisés mais aussi aux travailleurs de la classe moyenne. S’y atteler en mettant en œuvre des solutions imaginatives et émancipatrices doit devenir une règle d’or.

Tout changement commence par des petits pas qui l’un après l’autre emmène loin du lieu de départ : nous voulons suivre ces premiers pas, nous y seront attentifs mais nous prévenons le futur Collège : par respect pour les Carolos, notre contrôle sera accru, la situation est trop grave !


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