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Impact de la dégressivité de l’allocation de chômage sur les finances publiques

En novembre prochain, la dégressivité accrue des allocations de chômage sera d’application et beaucoup de chômeurs verront leur allocation de chômage se réduire à terme jusqu’à 31 % pour les chefs de famille et 12 % pour les isolés.

  • Malika El Bourezgui, conseillère communale

En novembre prochain, la dégressivité accrue des allocations de chômage sera d’application et beaucoup de chômeurs verront leur allocation de chômage se réduire à terme jusqu’à 31 % pour les chefs de famille et 12 % pour les isolés. Cette politique d’austérité aurait pour but de pousser les chômeurs à trouver de l’emploi plus rapidement alors qu’il manque cruellement de perspective d’emplois. Rappelons ici le millier d’emplois perdus chez Carsid, les dizaines de faillites d’entreprise, l’Administration qui ne remplace plus les départs à la retraite, et j’en passe.

Compte tenu de la conjoncture économique actuelle difficile, il faut s’attendre à ce que de nombreux chômeurs ne parviennent pas à décrocher un emploi et à la longue s’enfoncent dans la précarité à la limite du seuil de pauvreté comme l’estime le front commun des trois syndicats. Ces personnes vont se retrouver avec plus de difficultés pour payer le loyer, les fournitures de gaz/ électricité, le chauffage, les soins de santé, etc. Parmi ces personnes, beaucoup n’auront pas d’autre choix que de se tourner vers les aides sociales complémentaires du CPAS déjà plombé par les conséquences des suspensions et exclusions du chômage suite au plan d’accompagnement des chômeurs. Les femmes et les jeunes risquent d’être les plus touchés d’autant que la solidarité spontanée peut être mise à mal et sanctionnée par certains effets pervers des systèmes d’aide sociale en place.

Le CPAS et indirectement la Ville via son financement, seront en premier plan confrontés aux dégâts sociaux de cette mesure d’austérité. En effet, les pouvoirs locaux doivent, selon le type d’aide sociale octroyé, décaisser de 35 à 50 % des sommes allouées aux personnes concernées sur fonds propres. Comme pour les exclusions du chômage, plus la commune a un taux de chômage important, plus les conséquences de la dégressivité de l’allocation de chômage sur les finances communales risqueront d’être lourdes.

Le plein effet de la dégressivité se ressentirait à la mi 2013 et à cela, il faut ajouter la poursuite du contingent des exclus et suspendus du chômage.

Pourtant, la Belgique s’est engagée vis-à-vis de l’Europe à réduire, d’ici 2020, de 380.000 le nombre de personnes menacées de pauvreté.

Cette nouvelle politique d’austérité ne fait qu’ajouter de la pression sur les plus fragilisés sans véritable politique de relance pour la création d’emplois et la réinsertion professionnelle.

Etant donné que vous n’avez pas répondu aux questions de mon interpellation à ce sujet lors du Conseil communal du 04 juin dernier, me renvoyant systématiquement au CPAS, je me permets de vous réinterroger.

A la question posée de savoir si vous pouviez fournir une estimation de l’impact budgétaire de cette nouvelle politique sur le CPAS et indirectement sur la Ville, vous avez répondu ne pas disposer de chiffres.

Cependant, compte tenu de la dégressivité de l’allocation de chômage annoncée, du taux de chômage important à Charleroi, de la conjoncture socio-économique, de l’inquiétude du CPAS et des syndicats quant au risque de basculement d’allocataires sociaux vers le CPAS, de la poursuite des exclusions et suspensions de chômeurs suite au plan d’accompagnement qui pèsent déjà sur le CPAS et du financement du CPAS pour partie par la Ville, pouvez-vous nous dire :

  • comment se positionne la Ville face au risque social de cette mesure et comment soutient-elle le CPAS ?
  • quels moyens financiers et humains ont été prévus pour faire face à cette situation ?
  • si des aides peuvent être réclamées ou ont été réclamées au fédéral ou régional pour compenser un éventuel transfert d’allocataires du chômage vers le CPAS ?
  • qui se charge de la coordination de l’insertion professionnelle et de son évaluation dans notre ville ?
  • quel est le plan d’actions pour renforcer l’accompagnement, la formation, l’insertion professionnelle et favoriser/booster la création d’emplois ?
  • • comment la Ville et le CPAS sont-ils impliqués ?

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