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Ecolo à Charleroi

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Un budget administratif avec des choix politiques surprenants !

Budget - © www.sxc.huL’examen du budget communal 2013 de Charleroi montre qu’il se passe toujours quelque chose dans notre bonne ville. En effet, ce budget a été largement préparé par l’administration, sans réel passage de témoins entre le collège sortant et le collège entrant. Manifestement, les sortants et les entrants ne se sont pas parlés après le 14 octobre, même au sein de leurs propres partis. La continuité politique ne semble pas assurée. C’est surtout très révélateur lorsque l’on observe la non mise en œuvre dans ce budget 2013 de mesures intéressantes du plan de gestion de la ville, pourtant décidé en février 2012, en présence de toutes les belles mères de la majorité XXL.

Par ailleurs, ce budget, que l’on nous décrit comme administratif plutôt que politique, et élaboré sur base d’une règle générale étonnante (demande de l’administration x taux d’exécution du budget 2011) adoptée par le nouveau collège qui conduit à des choix tantôt en contradiction avec les promesses de tous les partis de la majorité XXL, tantôt en décalage total par rapport aux besoins de la population. On nous dira que le politique corrigera cela lors du premier ajustement. C’est en tout cas un très mauvais départ qui n’augure rien de bon pour la suite car ce budget déforce déjà des politiques importantes pour tous nos concitoyens.

Nous nous attendions à un travail préparatoire beaucoup plus poussé de la part du nouveau collège dont la composition est connue depuis la mi-octobre et qui était en mesure, à condition de s’être mis tout de suite à la tâche et de travailler avec les échevins sortants, d’adopter un budget plus sérieux que celui-ci. C’est en tout cas un mauvais départ pour ce nouveau collège.

Budget trop corseté pour la politique sociale.

Nous le savons, la politique d’austérité menée par l’Union européenne et le gouvernement fédéral va toucher la population carolorégienne, tant au niveau des pertes d’emplois qui vont fragiliser de plus en plus d’habitants, qu’au niveau de la dégressivité des allocations de chômage et de la modification des conditions de prépension, même dans les entreprises en restructuration. Il semble évident que les budgets que la ville devra consacrer à l’aide sociale devront augmenter pour aider la population à faire face à ces nouvelles difficultés.
Or, nous constatons que le budget communal de l’aide sociale, hors dotation au CPAS, diminue de 4% et que la dotation au CPAS est elle même très fortement corsetée, avec une augmentation limitée à 0,7%. Cette augmentation nous paraît trop faible pour faire face à la crise.
Nous sommes déjà intervenu à plusieurs reprises sur ce dossier, et nous y reviendrons dans le courant de l’année car l’évolution de la situation, l’évolution rapide de la paupérisation de tranches entières de la population carolorégienne est très préoccupante et doit trouver réponse de la part des autorités communales. A la lecture de ce budget, nous ne pouvons que constater que les moyens engagés pour y faire face seront largement insuffisants.

La protection de l’environnement aux oubliettes.

La protection de l’environnement fait aussi les frais de ce budget soi disant non politique. En effet, l’ensemble des dépenses concernant la protection de l’environnement (fonction 879) diminue de plus de 28% et retombe à 565 884 euros. La subvention aux asbl environnementales chute elle de 58% et les frais d’études pour l’environnement et la lutte contre la pollution diminuent de 96%. Manifestement, la majorité XXL et son échevin de l’environnement, ont décidé de désinvestir cette matière, pour se recentrer, comme l’échevin Ciprien Devillers l’a dit à plusieurs reprises durant la campagne électorale, sur les missions de base de la ville, ignorant que la salubrité reste bien une compétence communale.

Ce choix politique est très préoccupant, car la qualité de l’environnement est loin d’être bonne, et de nombreux défis restent à relever comme en attestent les derniers bilans environnementaux. Ainsi, l’impact des nuisances sonores liées à la circulation, aux activités festives et autres reste très important et se marque sur la santé de la population. De même, la mauvaise qualité de l’air a un impact manifeste sur la qualité de vie et sur l’espérance de vie des habitants. Faut-il rappeler à la majorité XXL et à son échevin de l’environnement en fonction depuis plusieurs mois que si de nombreux carolos ont quitté la ville pour vivre en périphérie, c’est justement parce que la qualité de l’environnement est meilleure à l’extérieur de Charleroi, et que s’ils veulent, en toute bonne cohérence, inciter ces carolos à revenir vivre à Charleroi, cela passera de façon incontournable par une amélioration de la qualité de l’environnement.

Toujours le trou noir à la régie foncière toujours même après 6 ans de pseudo bonne gouvernance.

Le budget 2013 nous donne un éclairage très cru sur la gestion de la régie foncière car il nous révèle l’évolution des pertes de la régie depuis 2007 et montre que la majorité XXL n’est absolument pas parvenue à redresser un tant soit peu la situation.

Montant par année
Année Participation aux pertes
2007 3 337 471
2008 3 651 660
2009 2 815 098
2010 3 434 584
2011 2 042 694

Par ailleurs, il faut ici rappeler que les comptes de la régie ne sont toujours pas certifiés comme la réglementation l’impose. Dans une question orale adressée par Xavier Desgain à Paul Furlan, celui-ci a indiqué qu’étant dans l’impossibilité de réaliser cette certification, l’aide régionale du CRAC serait quand même accordée.

Enfin, il faut bien noter que la régie foncière reste toujours exposée à un risque judiciaire dans de 25 574 060 euros dans le cadre des contentieux parkings et riverains du stade de Charleroi et qu’il faudra aussi assumer le coût du démontage de la tribune du Sporting estimé à 10 millions d’euros. Or, ces contentieux, qui sont maintenant totalement à charge du budget 2013, sont connus depuis que la majorité XXL est au pouvoir en 2006. Force est de constater qu’à force de tarder, de tergiverser et de ne pas prendre de décisions, les coûts à charge de la collectivité ont augmenté fortement et s’élève, d’après le plan de gestion, à ce jour à 68 millions d’euros en tout.

Ajoutons encore que le plan de gestion de la ville adopté en février 2012 par le PS, le MR et le CDH prévoyait la vente de 5 356 000 euros de biens en 2012 pour rétablir une partie de la situation financière mais que les ventes réalisées en 2012 ne se seront élevées qu’à 1 877 500 euros. Cerise sur le gâteau, la régie a encore dans son portefeuille des emprunts structurés desquels il est impossible de sortir à des coûts acceptables et qui font peser une autre hypothèque sur les finances de la ville. Le budget 2012 ne tient pas du tout compte de cette situation.

Réduction des moyens en prévention sécurité alors que les besoins augmentent.

Il est paradoxal de constater que les moyens consacrés à la prévention sécurité sont en baisse de 3% alors que les besoins sont manifestement en augmentation. A titre d’exemple, la contribution de la ville dans le centre de crise pour drogués Transition diminue de 7,8% et la cotisation à l’asbl « Sida MST Charleroi » diminue de plus de 54% ! Ainsi, la ligne budgétaire « contribution dans les charges spécifiques d’autres pouvoirs publics dans le cadre des actions de la direction prévention sécurité passe de 957 791 euros en 2011 à 654 846 euros en 2012 et à 375 516 euros dans le budget 2013.

Depuis 2007, la Politique des grandes villes finance des médiateurs mis à la disposition des arrondissements judiciaires (ou des zones de police pour Bruxelles) sur tout le territoire belge. Ceux-ci sont chargés de la procédure de conciliation prévue dans le cadre des sanctions administratives communales (SAC). L’actualisation du plan de gestion indique que le service des amendes administratives n’a encore transmis aucun dossier au médiateur SAC alors que la ville est le gestionnaire du projet et l’employeur de ce médiateur. Son action pourrait pourtant rendre les amendes administratives plus efficaces et jouer un véritable rôle préventif. Voici donc un service dont le coût est nul car totalement subsidié, dont l’efficacité est avérée et qui n’est pas utilisé. En février 2012, la majorité PS MR CDH a adopté cette mesure, mais elle n’est toujours pas d’application.

Le monde culturel va déchanter

Le Bourgmestre empêché de Charleroi vient de lancer sa campagne médiatique de rentrée. Il affirme ainsi dans « le Soir » que : « Avec l’enseignement technique et professionnel, la culture est l’autre grand levier pour Charleroi » et il ajoute d’ailleurs « Charleroi sera « la » ville créative dont on parlera dans les dix ans. » Difficile de ne pas être enthousiaste à la lecture de ces mots pour les amateurs de culture et pour les professionnels que sont les opérateurs culturels situés sur le territoire de Charleroi.

La dure réalité des chiffres est tout autre. En effet, à la lecture du volet culturel du Budget 2013 de la Ville de Charleroi, il a de quoi les faire déchanter !
Si l’ASBL « Le Rockerill » voit ses subsides triplés et le Centre Culturel Régional « L’Eden » reçoit le même montant, tous les acteurs culturels carolos se retrouveront en 2013 avec des moyens rabotés ou pire sans subside du tout !
Le Cinéma le parc, le théâtre de l’Ancre, le Bois du Cazier, le Coliséum, le musée de la Photographie verront leurs subsides communaux diminués de 15 %. Le subside pour l’organisation d’un festival de musiques passera de 35.000 € à 25.000 € tandis que celui octroyé aux sociétés théâtrales diminuera de 36,25 % mais que dire des subsides qui ne seront plus versés notamment :

  • au pôle d’art lyrique géré par le palais des beaux-arts (-150.000 €) ;
  • au développement de la scène musicale locale et à la promotion de la chanson française (-35.000 €) ;
  • ou encore à l’ASBL Article 27, véritable outil de démocratie culturelle qui aura demain les plus grandes difficultés à faciliter l’accès à la culture aux carolos précarisés (-30.000 €)

Des chiffres inquiétants et choisis par la majorité sont en totale discordance avec les dires du futur Bourgmestre de Charleroi. Les beaux discours peuvent toujours nourrir l’intellect mais sans doute pas les acteurs culturels dans leur vie au quotidien…

Ces lignes budgétaires doivent être mises en parallèle avec le bilan « mitigé » des deux jours de gala de « Rire sur la ville ».
Malgré un soutien important de la Région Wallonne de 30.000 € via le Commissariat au tourisme et les 50.000 € émanant du Ministère de la Culture, ces deux spectacles ont engendré 52.010,82 € de déficit pour la Régie Communale Autonome, soit un montant de subsides publics de plus de 130.000 € pour deux soirées où seuls 1.870 spectateurs ont payé leur place sur les 3.410 présents. Les personnes invitées (par qui ?) représentant 55 % du public !


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