Le Vert Pays

Ecolo à Charleroi

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Vœux 2013

La tradition des vœux marque le moment charnière entre deux périodes : un bilan de l’année écoulée et la résolution de porter son attention vers celle qui s’ouvre. C’est d’autant plus vrai que 2012 fut électorale et que 2013 commence avec l’arrivée d’un nouveau bourgmestre à l’hôtel de Ville de Charleroi.

  • Luc Parmentier, chef de groupe Ecolo au Conseil communal
  • Stéphanie Lorent, conseillère CPAS
  • Julien Lechat, secrétaire politique de la Locale de Charleroi
  • Isabelle Meerhaeghe, députée régionale et communautaire
  • Xavier Desgain, conseiller communal et député régional

Hiver - © http://www.sxc.hu

Introduction

La tradition des vœux marque le moment charnière entre deux périodes : un bilan de l’année écoulée et la résolution de porter son attention vers celle qui s’ouvre. C’est d’autant plus vrai que 2012 fut électorale et que 2013 commence avec l’arrivée d’un nouveau bourgmestre à l’hôtel de Ville de Charleroi.

En effet, Ecolo n’a pu que constater avec étonnement la reconduction d’une « triplette » dans un collège aux équilibres inchangés malgré les résultats sortis des urnes. En effet, s’il est indiscutable que Paul Magnette est le grand vainqueur de ces élections, le message de l’électeur était pourtant clair, avec un recul respectivement de 8,36% et 0,81 % pour le MR et le CDh, tandis qu’Ecolo perdait lui 0,74% : il sanctionnait les partenaires du parti socialiste, dont un très sévèrement. La triplette est d’une part une multiprise, si l’un pète les plombs, plus rien ne fonctionne et est d’autre part un vélo pour 3 où l’équilibre est de mise pour ne pas chuter. Espérons que cette mandature se passe sans crises de nerfs ou autres ennuis judiciaires de plomb ou chute douloureuse.

Nous espérons, pour les carolos, que la « triplette » se consacre enfin, au cours des six prochaines années, à l’amélioration des conditions sociales de nos citoyens. Pour ce faire, nous espérons aussi que Paul Magnette endossera le rôle de leader naturel afin de mettre fin aux tensions incessantes des 6 années écoulées.

Mais après avoir orchestré l’annonce de son choix en septembre dernier, sur l’air bien connu de « Charleroi c’est toi que je préfère ». Paul Magnette bafouait déjà une première fois, les promesses faites aux 24.220 Carolos en prolongeant son bail au gouvernement fédéral, sans pour autant que ce retard soit suivi de bonnes nouvelles pour Charleroi, puisque notre arrondissement n’est que très peu servi par le plan d’investissement de la SNCB. La Wallonie avait pourtant bien balisé le terrain au travers de son étude Tritel.

Avant que leur tout frais Bourgmestre ne pose un premier pas sur le quai de la gare du Sud, les Carolos devaient déjà se résigner à une deuxième trahison puisque leur bourgmestre préside aussi aux destinées du Parti Socialiste S’il s’agit peut-être d’une belle ascension pour cet homme que l’on dit brillant, c’est malheureusement la ville de Charleroi et ses habitants qui font encore une fois les frais des choix stratégiques du PS ce qui est tout à fait dommageable.

Pour nous, notre ville a besoin d’urgence d’un bourgmestre opérationnel à temps plein. La tenue, pour le moins chaotique, des derniers conseils communaux, les dégâts collatéraux du budget 2013 soi-disant administratif de la Ville, l’ampleur des difficultés que doivent surmonter les services communaux et la dureté de la crise que subissent les Carolos exigent un investissement à temps plein.

Fidèles à notre manière de faire de la politique autrement, nous mènerons une opposition constructive mais aussi incisive. Les défis qui attendent Charleroi nécessitent en effet une action forte et cohérente de cette majorité et une surveillance de tous les instants de la part de l’opposition.

Même sur les bancs de l’opposition, nous assumerons ce rôle en tant que parti progressiste et soucieux de porter dans le champ politique des combats pour un développement durable solidaire, alliant et réconciliant économie, social, éthique et environnement, pour soutenir les habitants de plus en plus fragilisés par la crise. Nous déplorons que la note de politique communale, adoptée ce lundi par la majorité, laisse à quai les Carolos qui subissent la crise de plein fouet. Aucune des priorités de la majorité ne leur est destinée. Or, il est inconcevable d’établir un projet pour la ville qui laisse sur le carreau une partie aussi importante de la population, d’autant que c’est certainement la population qui est la plus en attente d’un soutien des pouvoirs publics.

Notre souhait pour cette législature, c’est que les préoccupations des Carolos soient enfin rencontrées en matière d’accès à un véritable service public (état-civil, délivrance de permis, sécurité, propreté, accueil de la petite enfance, etc…) d’emplois, de conditions de vie sociales et environnementales, de qualité de vie, de bien-être, de l’accès à la culture et au sport pour tous et de développement économique.

Pour mener cette opposition constructive et incisive, nous nous baserons bien évidemment sur nos 3 conseillers communaux et notre conseillère CPAS mais aussi sur une équipe locale rajeunie et dynamique.

Ecolo Charleroi bouge, débat, grandit, évolue et élargit son assise. Cette dynamique positive fait émerger de nouvelles personnalités avec lesquelles nous construisons notre projet d’avenir pour Charleroi afin d’ancrer notre belle ville dans le développement durable.

Nous en profitons d’ailleurs pour vous présenter notre nouvelle conseillère CPAS. En effet, notre conseillère sortante Jacqueline Lefin a été  remplacée par Stéphanie Lorent. Cette ransartoise de 33 ans est chargée de mission dans une société de logements sociaux. Son travail au cœur de l’accompagnement social depuis 10 ans l’amène à collaborer au quotidien avec les CPAS et de nombreux autres partenaires locaux. Licenciée en sciences psychologiques, cette maman de deux enfants est particulièrement attentive à la lutte contre les inégalités et à la juste redistribution des ressources.

Nous en profitons pour remercier chaleureusement Jacqueline Lefin pour son dévouement et le travail de qualité effectué en tant que conseillère de l’Action Sociale ainsi qu’Anne Cattiez qui ne poursuit pas l’aventure au conseil communal. Nous ne doutons pas qu’elles mettront leur expérience et leur dynamisme au service de l’équipe locale.

Projet de ville : Sept axes stratégiques pour le redressement de Charleroi ?

La majorité reconduite a enfin présenté son projet de ville. Trois réactions viennent directement :

  • ce projet laisse à quai les victimes de la crise, qui ne font même pas l’objet d’une des priorités de cette note,
  • ce projet ne précise pas ses sources de financement, alors qu’il demande des moyens considérablement plus élevés qu’actuellement. Il risque donc de faire exploser la banque et nombre de mesures proposées ne seront jamais réalisées, comme nous l’avons vécu lors de la première mandature de cette majorité.
  • ce projet n’implique pas les Carolos dans sa définition et sa mise en œuvre, or, dans toutes les dynamiques urbaines réussies, l’implication des habitants dès la conception du projet de ville a été le plus puissant des moteurs de ces nouvelles dynamiques.

Nous détaillons ci-dessous nos premières analyses des 7 grands axes de ce projet.

Axe 1 - Densifier la ville pour la rendre plus conviviale et préparer la croissance démographique

La croissance démographique de notre ville sera un enjeu important des prochaines années, et avec elle, la question fondamentale de l’accès au logement sera posée. Pour y répondre la majorité évoque « un plan de développement sur trente ans visant au développement de 400 logements par an en moyenne ».

Pour Ecolo, la priorité est d’assurer l’accès à un logement de qualité pour tous, passif et durable à un prix raisonnable et largement accessible. Si nous partageons la nécessité de créer de nouveaux quartiers, il nous parait tout aussi indispensable de s’attaquer de front à la problématique des logements inoccupés. Et pas uniquement au dessus des commerces du centre ville comme évoqué dans le projet de ville de la triplette. Nous estimons en effet que la commune dispose de leviers fondamentaux en matière de logement et doit jouer un rôle essentiel dans la mise en œuvre des politiques menées au niveau régional. On estime à 30.000 le nombre de logements inoccupés en Wallonie. Et ce n’est jamais qu’une estimation puisque les communes ne procèdent pas nécessairement au recensement de ces logements, par manque de volonté et/ou de moyens humains. Réoccuper ces logements, c’est non seulement essentiel pour l’image d’une ville mais aussi pour répondre en partie au manque de plus en plus prégnant de logements. Afin d’aider les communes dans la lutte contre les logements inhabités, Ecolo agit !

En effet, Isabelle Meerhaeghe vient de déposer une proposition de décret au Parlement wallon afin de collaborer avec les distributeurs d’eau et d’électricité. En effet, grâce aux consommations, il est possible de repérer les logements inoccupés. Ces informations pourraient être transmises aux communes concernées qui ne devraient plus, dès lors, consacrer du temps et de l’argent à ce recensement. A charge ensuite pour la Ville de Charleroi de prendre les contacts avec les propriétaires pour trouver la solution adéquate. Une telle proposition vient d’ailleurs d’être introduite dans le Code bruxellois du logement.

En attendant que cette proposition soit acceptée par les autres groupes politiques, il nous parait indispensable que la majorité commence sérieusement cet inventaire des immeubles abandonnés et des logements inoccupés, qu’ils soient privés ou publics. Contacte activement les propriétaires pour leur proposer une prise en gestion de leur bien via l’agence immobilière sociale (AIS) et mette en œuvre, le cas échéant, les sanctions en cas d’immeubles abandonnés, de logements inoccupés ou de logements insalubres (amendes administratives, …).

Il nous parait aussi indispensable de s’attaquer aux nombreux immeubles de bureaux vides car ne répondant plus aux standards du marché et de les requalifier en logements comme cela se fait dans d’autres grandes villes.

Axe 2 - Redynamiser les centres

La majorité compte mettre le paquet sur le centre ville et l’élargir comme prévu dans le schéma de structure. Peu de choses nouvelles donc, même si des précisions sont apportées ci et là. Nous sommes toutefois très attentifs à ce que les nouveaux projets immobiliers (quartiers d’affaires en ville basse et autour de la gare, de quartier administratif à la ville haute, rénovation du palais des expositions, etc….) soient vivants et agréables après les heures de bureau.  Nous sommes très attachés à une politique volontariste de mixité de fonction, avec du logement en nombre dans ces quartiers dont une partie significative destinée aux logements sociaux.  Vu les ambitions des promoteurs immobiliers, dont la SNCB, nous ne pensons pas que cela entre dans leurs vues, pourtant, c’est indispensable. 

Par ailleurs, nous sentons bien que la rénovation du centre ville va drainer des budgets considérables, et que les autres quartiers de la ville seront les parents pauvres, ce qui n’est pas acceptable. Une ville, ce n’est pas que son centre. C’est d’abord dans les quartiers que les habitants vivent, et il faut donc prévoir des moyens pour mener d’indispensables projets d’amélioration dans chacun d’eux. Il est donc important de transformer progressivement tous les quartiers de Charleroi en éco-quartiers pour une meilleure qualité de vie.

Notre environnement, nous le voulons agréable afin qu’il puisse assurer à tous un maximum de bien-être et de convivialité. Chaque quartier a des atouts à valoriser pour devenir plus agréable à vivre, c’est pour cette raison que nous demandons à la majorité de concrétiser, dans chacun d’eux, une action phare de transition vers l’éco-quartier, à choisir en concertation avec les habitants, par exemple sur base d’un catalogue de mesures établies par la ville.

Axe 3 – Privilégier radicalement la mobilité douce

La ville est saturée par le trafic automobile. Le nombre croissant de voitures et de camions provoque des problèmes considérables de santé, d’engorgement, de saturation du réseau routier, d’insécurité, de bruit et d’inconfort dans nos quartiers.

Dans le centre Ville, les capacités routières et de stationnement constituent la principale emprise sur l’espace public, dégradant hautement le cadre de vie. Dans son projet de ville la majorité évoque : « La transformation du petit ring en boulevard urbain, à vitesse limitée et contrôlée, privilégiera le recours à cette voie pour le trafic intra-urbain. Ceux qui se rendent au centre ville pour y travailler ou pour accéder à ses services doivent être encouragés à se garer dans des parkings de persuasion situés en centre ville à proximité immédiate du petit ring (site des expos, place de la Digue, esplanade de la gare, …) de manière à libérer les boulevards et rues du centre d’une grande partie de la circulation et à les rendre aux plaisirs de la promenade et des terrasses. » Si nous rejoignons la Ville dans sa volonté de rendre le plaisir de la promenade en centre ville, constatons que de nombreuses propositions faites dans cette note politique figurent depuis 2003 dans le plan communal de mobilité, mais n’ont jamais été mises en œuvre car totalement oubliées des échevins concernés et des responsables de la gestion des routes provinciales et régionales. Nous espérons que cela se mettra en place rapidement, Nous y serons attentifs, car quelques minutes après avoir voté cette note, le bourgmestre a rouvert la porte à une possible ouverture de la trémie au bout du piétonnier projeté sur les quais de la ville basse, ce qui redonnerait de la place aux voitures dans une zone où la priorité semblait être donnée aux piétons.

Nous nous interrogeons aussi sur le choix d’installer autant de parking sur le centre ville et à proximité.

Il nous parait indispensable de développer des parkings de persuasion bien avant le centre de Charleroi notamment dans le cadre du site propre prévu sur la sortie-sud ou bien à la station Moulin afin de capter le trafic venant de l’ouest. Un système de bus P+R doit être développé vers le centre ville de Charleroi, comme cela se fait à Namur. Par ailleurs, nous faisons depuis longtemps une priorité de mettre en place des sites propres légers notamment sur les axes de pénétration du centre ville, mais aussi sur certaines liaisons radiales dans la ville.

Nous avons obtenu le vote à l’unanimité d’une résolution pour développer des zones 30 dans l’intraring, les centres de Marchienne-au-Pont et de Gosselies, ainsi que dans certains quartiers résidentiels. Nous serons attentifs à ce que les politiques menées par la majorité s’inscrivent dans cet objectif.

Axe 4 - Charleroi ville verte

La création et la gestion d’espaces verts publics demande des moyens qui sont en baisse depuis de nombreuses années et qui sont corsetés par les plans de gestion de la ville. Et les propositions qui sont ici faites peuvent être particulièrement coûteuses. Il nous paraît important d’avoir l’optique de ramener la nature et la biodiversité en ville, et d’impliquer les habitants dans cette démarche. Or, en dehors des jardins partagés, nous ne voyons pas de propositions. De plus, les projets d’urbanisation et de densification de la ville vont parfois entrer clairement en concurrence avec le maintien ou la création d’espaces verts. Nous serons donc très attentifs à ce qu’un bon équilibre soit maintenu.

Une ville verte doit aussi être une ville propre !

Assurer la propreté dans les rues commerçantes et dans tous les quartiers de la ville rendra la ville plus agréable et plus sûre. Un changement radical est nécessaire pour rendre toutes les rues propres. Actions de sensibilisation des parents et des enfants, renforcement des services communaux de nettoyage des rues et des lieux publics pour les nettoyer régulièrement via notamment le retour des cantonniers dans les quartiers, espaces adaptés aux déjections canines en suffisance, lutte contre les dépôts clandestins renforcée. Il faut aussi imposer un espace poubelle commun dans les maisons divisées en plusieurs logements individuels. L’agent de quartier doit aussi jouer un rôle de prévention.

Pour que la triplette rencontre ce défi, il nous parait important de réorganiser le service propreté de la ville de Charleroi sur base des quartiers ou de groupe de quartiers, afin d’assurer un passage hebdomadaire des « gloutons » dans chacune des rues de la ville de Charleroi, un nettoyage quotidien des rues commerçantes de Charleroi aussi bien en centre ville qu’en périphérie. Il faut planifier le passage au moins une fois par mois d’une balayeuse dans chacune des rues de la ville et organiser des opérations propreté avec les riverains et amplifier le concours des propys d’or, assurer l’entretien des avaloirs en temps et en heures

Axe 5 - La Ville, le premier service public

Comme partout et à fortiori dans une ville en plein naufrage comme Charleroi, Ecolo accorde une importance capitale à l’éthique et à la déontologie dans la gestion du bien public. Ce choix se traduit par le désir d’une gestion financière et administrative équitable et rigoureuse, au bénéfice de tous. Nous sommes bien loin du compte. Il est grand temps que cela change !

Si nous rejoignons la majorité lorsqu’elle évoque « la sécurité comme première mission d’une autorité publique et le premier droit des citoyens » il nous semble que ces missions premières ne pourront être remplies qu’avec une administration en état de marche, ce qui fut loin d’être le cas ces dernières années, et avec l’implication active des citoyens dans la vie de leur cité.

Dans son projet de ville, la triplette évoque aussi « des structures publiques qui contribuent à recréer de la vie et de la solidarité dans les quartiers, et aident les familles à affronter leurs difficultés, ont fait la preuve de leur efficacité et devront être renforcées. » Si nous partageons l’analyse force est de constater que dans les faits, le collège prend le chemin inverse avec la fermeture programmée de certains bureaux de l’état civil notamment à Roux.

Mettre en place un organigramme clairement défini tant dans la répartition des responsabilités que dans les liens fonctionnels, organisationnels et hiérarchiques  dont l’administration a besoin pour offrir un service de qualité aux citoyens, planifier la gestion communale sur plusieurs années, développer la culture de la planification et de la formalisation des procédures administratives et techniques, favoriser la simplification administrative, voici quelques uns des grands chantiers qui attendent cette nouvelle majorité.

Axe 6 - Parier sur la culture

Selon le projet de ville, « la culture… constitue la dimension immatérielle de la rénovation urbaine ». Tellement immatérielle que les petits budgets qui y étaient consacrés ont été rabotés, voire même pour certains acteurs, supprimés. Ainsi le Cinéma le parc, le théâtre de l’Ancre, le Bois du Cazier, le Coliséum, le musée de la Photographie verront leurs subsides communaux diminués de 15 %.

Le subside pour l’organisation d’un festival de musiques passera de 35.000 € à 25.000 € tandis que celui octroyé aux sociétés théâtrales diminuera de 36,25 % mais que dire des subsides qui ne seront plus versés notamment au pôle d’art lyrique géré par le palais des beaux-arts (-150.000 €) , au développement de la scène musicale locale et à la promotion de la chanson française (-35.000 €) ou encore à l’ASBL Article 27, véritable outil de démocratie culturelle qui aura demain les plus grandes difficultés à faciliter l’accès à la culture aux Carolos précarisés (-30.000 €). Des chiffres en dissonance avec le discours du bourgmestre dans la presse. En réalité, ce projet de ville est à l’image de cette première intervention médiatique : paroles et paroles et paroles… Les beaux discours peuvent toujours nourrir l’intellect mais sans doute pas les acteurs culturels dans leur vie au quotidien…

Avec ou sans moyens, les acteurs visibles de notre culture à Charleroi ne rempliront pas totalement leurs missions si tous les publics n’ont pas accès à leur travail et s’ils ne peuvent pas y participer dans une certaine mesure. Comment concevoir la culture d’une métropole sans penser à la participation des publics ? Pas un mot à ce propos. Pas un mot non plus sur la façon d’amener tous les publics, tous les milieux sociaux vers les cultures et de permettre à ceux-ci de s’exprimer ici et maintenant notamment par la mise à disposition de locaux (dans les bâtiments scolaires par ex). Et enfin, retrouver la fierté d’être Carolo passera par la culture, nous le prônons depuis longtemps. Des outils simples peuvent y contribuer, comme des médias internet et papier qui reprendraient l’ensemble des activités culturelles, comme des signalétiques appropriées afin de valoriser notre patrimoine.  Ce sont des décisions peu coûteuses mais qui restent oubliées. En termes de mobilité, bon nombre de Carolos se plaignent, à juste titre, de leur incapacité à participer à la vie culturelle en soirée faute d’horaires adaptés des transports en commun. A ce propos, le projet de ville envisage d’ « examiner la possibilité d’élargir l’offre en soirée vers les services de loisir en centre ville ». Quelle ambition ! C’est une priorité si l’on mise sur une culture ouverte à tous, faute de quoi la culture deviendra peut-être une vitrine mais pas une pièce importante du puzzle pour que chacun se sente bien dans notre ville. C’est pourtant un enjeu fondamental que d’autres villes ont compris.

Axe 7 – Reconstruire le sens du respect et de la responsabilité

C’est une évidence mais ce qui l’est beaucoup moins, c’est la façon d’y parvenir. Par la signature d’une charte pour les nouveaux Carolos, à coups d’amendes, d’arrestations ? A moins d’être totalement incrédules, sûrement pas. Cela se construit au fil du temps, au fil d’actions concrètes dans tous les lieux où la participation citoyenne peut s’exprimer mais où surtout elle est écoutée. En lieu et place, on nous promet de réglementer la mendicité et la prostitution… sans s’attaquer aux racines de ce qui peut pousser les gens à cela : des conditions de vie tout simplement inacceptables, encore accentuées par les mesures d’austérité du gouvernement fédéral…

De façon transversale, dans tous les domaines, nous ne pouvons que nous inquiéter de l’absence de volonté des autorités communales de faire participer activement la population à une série de décisions. Dans toutes les lignes du projet de ville, on souligne le soutien à telle ou telle association, le renforcement à telle ou telle activité etc mais jamais, il n’est question d’interroger les acteurs de ces projets sur leur vision de l’avenir de Charleroi alors que ce sont eux qui la construisent au jour le jour. Il est urgentissime que les décideurs comprennent que ce sont les Carolos qui feront de cette ville ce qu’elle deviendra.

Lire la suite


Les commentaires sont fermés



À voir également

Voeux 2018

Vœux 2018 - Une ville pour les Carolos, par les Carolos

Pour les écologistes, il est important que les habitants de la ville participent à sa relance,...

Lire la suite

microphone - © Littleman & www.sxc.hu

Petits fruits… de mon jardin

Ecolo sensibilise la population à une production locale et de qualité, qui fait vivre nos...

Lire la suite