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Ecolo à Charleroi

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Des seringues, encore des seringues !

Aussi bien en visitant le salon de l’emploi que le salon des vacances, j’ai pu constater une fois de plus, que des seringues usagées, des détritus et déchets tachés de sang jonchaient les abords de l’escalier et la rampe d’accès à la Géode.

  • Malika El Bourezgui, Conseillère communale

Monsieur le Bourgmestre,

seringue_mortelle.jpgParmi les visiteurs qui circulaient là, je peux vous dire que je ne me sentais pas à l’aise comprenant que l’image de ma ville en prenait certainement un coup.

Les alentours du parking des Beaux Arts et de la géode, à proximité des arrêts de bus où circulent beaucoup de jeunes, sont devenus un véritable dépotoir à ciel ouvert avec le risque permanent de se piquer au contact de seringues usagées comme dans d’autres zones d’ailleurs du centre ville.  

En me rendant au Salon de l’Emploi, j’ai pu rencontrer à proximité de l’escalier menant à la géode, une éducatrice de l’asbl Trempoline accompagnée d’une jeune femme occupée à ramasser avec une pince les seringues qu’elle déposait dans une boîte jaune. Lorsque j’ai interrogé l’éducatrice sur le fait que la jeune femme ramassait les seringues sans gant et à quel titre, l’éducatrice m’a répondu que justement elle ne devait utiliser que la pince et que la jeune femme s’inscrivait dans un projet. Cette réponse m’a laissée quelque peu perplexe.


Pouvez-vous me dire quelle est la procédure pour le nettoyage de ces zones en général et notamment lors d’organisation d’évènement drainant beaucoup de public ? Quels sont les services chargés du ramassage des seringues usagées  et de leur destruction ? Quels sont leurs moyens et partenariat ?

Compte tenu de l’important problème de toxicomanie à Charleroi que nous ne parvenons pas à maitriser ou à réduire, des conditions d’hygiène déplorables et inhumaines dans lesquelles des toxicomanes se shootent parfois à la vue des passants, et des risques de contamination notamment par le Sida et les hépatites au contact de seringues usagées et abandonnées, ne pensez-vous pas que l’idée d’une salle de « shooting » encadrée pour les toxicomanes confirmés mérite une réflexion avec les acteurs de terrain pour éviter ces situations à risque (et qui nuisent aussi à l’image de notre ville) ?

Selon un rapport européen que je vous cite : « les salles de consommation de drogue constituent des services hautement spécialisés intégrés dans un réseau plus vaste de services proposés aux consommateurs de drogue. Elles se fondent sur le consensus et la coopération active entre les travailleurs dans le domaine de la santé, la police, les autorités locales et les communautés locales. Le rapport met en évidence qu’elles parviennent à établir un contact avec un groupe hautement problématique de consommateurs de drogue et à promouvoir l’accès de ceux-ci à des soins de santé primaires dont ils ont grandement besoin ainsi qu’aux services sociaux et de traitement. Le taux de morbidité et les risques de mortalités, ainsi que la nuisance suscitée par la consommation de drogue en public, sont réduits grâce à l’accès des consommateurs de drogue à un matériel d’injection propre et à un environnement surveillé. “

Compte rendu et réponse dans “Charleroi communique”

En se rendant récemment au Palais des Expos, Malika El Bourezgui (Ecolo) a pu constater, une fois de plus dit-elle, « que des seringues usagées, des détritus et déchets tachés de sang jonchaient les abords de l’escalier et la rampe d’accès à la Géode ». D’où ses inquiétudes quant au ramassage de ces déchets, mais aussi ses propositions, notamment, celle d’une salle de « shooting ». « Compte tenu de l’important problème de toxicomanie à Charleroi (…) ne pensez-vous pas que l’idée d’une salle de ce type, encadrée pour les toxicomanes confirmés mérite une réflexion avec les acteurs de terrain pour éviter ces situations à risque, et qui nuisent aussi à l’image de notre ville?” Il faut savoir qu’un rapport européen, relaté en substance par Mme El Bourzegui, indique que ces salles de shooting permettent notamment de réduire le taux de morbidité et les risque de mortalité, ainsi que la nuisance suscitée par la consommation de drogue en public, et ce grâce à l’accès des consommateurs de drogue à un matériel d’injection propre et à un environnement surveillé.

Quant au ramassage des seringues, actuellement, indiqua le bourgmestre P. Magnette, « seuls les éducateurs de Carolo Rue et ceux de l’asbl Le Comptoir, accompagnés de « jobistes », recherchent les seringues abandonnées ». Cependant, la mission principale des éducateurs de rue n’étant pas d’assurer la propreté des lieux publics, « il a semblé opportum d’attribuer la mission de récupération à des jobistes usagers de drogues ou ex usagers: ceux-ci pourront, à leur tour, sensibiliser les consommateurs et les initier à pratiquer l’échange avec les professionnels ».

A propos de l’échange justement, P. Magnette est revenu sur le dispositif RDR mis en place en 2011 géré conjointement par les deux organismes cités supra. « Le bilan dressé au terme de plus de 10 années de pratique met en évidence divers effets positifs liés aux actions menées ».

Relativement à la salle de « shooting », le bourgmestre a indiqué que des réflexions sur l’opportunité d’implanter une salle de Consommation à Moindres Risques (SCMR) sont menées depuis quelques années déjà chez nous. « Une première étude avait été exposée au Conseil zonal de sécurité en 2009. Sur cette base, des démarches ont été entreprises. Un premier document détaillant les aspects organisationnels avait été rédigé en 2011. Un dossier auprès du Fonds de lutte contre les assuétudes avait été introduit ensuite, sans résultat du côté du financement. Depuis 2012, nous poursuivons la réflexion: des initaitves ont été prises, chez nous comme ailleurs pour porter le débat au niveau national. Ici, comme dans d’autres phénomènes, les risques pour les villes menant des projets pilotes (NDLR: il en existe 91 de ce type en Europe), c’est d’en assumer pour elles-mêmes l’essentiel. Or, ce type de politique, conclut le maïeur, ne peut fonctionner que si elles sont territorialement réparties et c’est donc à cette réflexion que la Ville de Charleroi participe ».

Reprenant la parole, M. El Bourezgui rappela que le Forum Européen pour la sécurité urbaine s’est positionnée clairement en faveur des SCMR. « Comme Charleroi aura la présidence belge du Forum jusqu’en 2014, j’espère que ce sera l’occasion de pouvoir mener plus loin la réflexion, trouver les moyens et profiter de l’échange de bonnes pratiques »


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