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Ecolo à Charleroi

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Contre le règlement communal relatif aux artistes de rue.

Vous excluez dans les faits des personnes défavorisées qui tentent de s’en sortir comme elles peuvent en apportant aux passants un petit plus qui peut rendre notre ville plus humaine.

  • Xavier Desgain, Conseiller communal.

Lors du débat sur le règlement relatif à la mendicité, j’ai eu à votre égard des mots durs pour fustiger votre choix de chasser les pauvres de la ville plutôt que de concentrer vos actions pour faire de la lutte contre la pauvreté une priorité absolue.

Notre ville s’appauvrit, nous le voyons tous les jours, tant au centre ville que dans nos quartiers. Il faut le reconnaître pour adapter les politiques et soutenir les carolos de plus en plus nombreux fragilisés par la profonde crise que nous traversons. Et ce n’est pas aux manifestations les plus visibles de cette situation qu’il faut s’attaquer comme vous le faites avec le règlement sur la mendicité mais bien aux racines de la pauvreté. Tant le centre ville que nos 54 quartiers en profiteront bien plus que vos mesures d’exclusion.

Vous nous proposez cette fois un règlement relatif aux artistes de rue qui est hélas exactement dans la même veine que le règlement sur la mendicité auquel il est d’ailleurs lié :

  • En instaurant un système d’autorisation administrative trop complexe pour le public concerné,
  • en fixant un délai préalable au renouvellement de l’autorisation,
  • en délivrant cette autorisation à titre précaire et restant propriété de la ville,
  • en permettant à la commission d’opérer à tout moment des contrôles sur la qualité artistique des prestations en ne leur donnant aucune voie de recours contre le refus ou le retrait d’une autorisation
  • en rendant quasi impossible l’accueil d’artistes de rue de passage ou itinérants.

Vous excluez dans les faits des personnes défavorisées qui tentent de s’en sortir comme elles peuvent en apportant aux passants un petit plus qui peut rendre notre ville plus humaine.

Vous excluez ces personnes alors même qu’elles cherchent par leur démarche une reconnaissance sociale, si modeste soit elle. C’est pour les écologistes totalement inacceptable. Vous ne cherchez même pas à améliorer leur formation artistique ou à leur apporter un encadrement pour améliorer la qualité de leur prestation. C’est tout dire du cas que vous faites de ces acteurs de notre milieu urbain.

Qu’avez-vous contre ce mime qui circule sur le marché le dimanche, contre cette femme qui joue de l’accordéon devant le centre électronique, de cette personne qui joue parfois de la flûte dans la rue de la Montagne ou de ce vieux monsieur qui joue de l’épinette près de la gare pour leur imposer un tel règlement ?
Pensez-vous que chacune de ces personnes obtiendra une autorisation accordée par la commission composée notamment de la police et de responsables culturels ? Voulez-vous réellement les faire passer en audition et envoyer la commission écouter s’ils ne font pas de fausses notes pour les contrôler ?
Trouvez-vous humain de leur imposer une arrestation administrative s’ils exercent sans autorisation ?
Franchement, nous ne vous comprenons pas. Tout cela manque cruellement d’humanité.

Vous voulez être les initiateurs d’un renouveau pour Charleroi, mais manifestement, ce renouveau ne se fera pas avec tous les habitants, ni pour tous les habitants, et ça, comme écologistes, et comme carolos fiers de notre hospitalité et de notre solidarité entre êtres humains, nous ne pouvons pas l’accepter.

De plus, ce règlement pose quelques questions en terme de praticabilité : comment doivent faire les artistes de rue occasionnels ou de passage, quel est le délai pour obtenir une autorisation, sur base de quels critères la commission va-t-elle mener ses sélections, comment sera-t-il possible dès demain matin d’obtenir la dite autorisation pour dimanche prochain par exemple, comment un artiste comme un mime peut-il faire sans accoster ou attirer le passant d’une façon ou d’une autre ? Voilà toutes des questions qui se posent encore aujourd’hui.

Pour nous, la clé du renouveau de Charleroi passera par l’implication de toutes ces personnes en difficulté dans un nouveau projet qui leur rendra espoir, et pas par un projet qui les exclut. Manifestement, ce n’est pas votre conception du renouveau. Nous le regrettons profondément. Quelle sera la prochaine catégorie sociale visée par votre politique d’exclusion ? Qui seront les suivants ? Qui trouverez-vous ensuite dérangeants au point de vouloir les exclure à leur tour ? Franchement, nous ne sommes pas du tout sur la même longueur d’ondes.

Allons aux vrais problèmes de notre vile, et apportons y des solutions pour y intégrer tout le monde, pas pour en exclure des habitants. Nous le répétons avec force, le renouveau pour Charleroi doit s’accompagner d’une politique sociale forte et novatrice qui rendra espoir et dignité à tous ces habitants mais aussi pour ramener vers nous ceux qui ont quitté notre ville des trottoirs en état, des routes sans trous, des logements rénovés, des services administratifs modernes, des fonctionnalités multiples (salles de sport, garderies pour enfants, écoles, hôpitaux, etc.), bref tous ces grands projets qui auraient dû être bien plus avancés. Tout cela devrait alors contribuer à créer une dynamique urbaine positive pour tous.


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