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La chasse aux logements insalubres

Paul Magnette se justifie : on expulse peu, et s’il y a danger.

Sans doute y-a-t-il plusieurs manières d’aborder le problème de ceux qui sont amenés à quitter leur logement à Charleroi. Question d’insalubrité, dit-on, ou de surpopulation ? Question d’humanité, aussi, parce qu’il n’est pas envisageable d’obliger un locataire à s’en aller, dans des délais n’excédant pas 48 heures, le logement où il se trouve.

La Ville a-t-elle, en ses pouvoirs, commis des excès dans ce domaine ? A-t-on caricaturé quelques déménagements forcés ? Au conseil communal de lundi, l’opposition s’en est inquiétée, par la voix de la conseillère Sofie Merckx (PTB) et de sa collègue Malika El Bourzegui (Écolo). N’y a-t-il pas eu, dans ce domaine, des abus, des expulsions d’autorité ?

Le bourgmestre, Paul Magnette, s’en est défendu : ce qu’on chasse, ce sont les marchands de sommeil, a-t-il rappelé, et les expulsions sont du domaine d’un juge de paix. S’il y a départ forcé des locataires, il faut en voir l’explication dans des raisons de sécurité, et la Ville s’efforce de rechercher des solutions de remplacement qui ne laissent pas le locataire sans toit. De plus, les démarches administratives qui le concernent sont entamées dans des délais suffisants pour lui permettre de “se retourner”, comme on dit. Le CPAS y participe.

Cela dit, s’agissant de traquer les marchands de sommeil, c’est la chasse aux loyers de ce type qui se mène. Et de citer le cas de ces propriétaires qui encaissent 350 € par logement, pour sept logements qui transgressent les règlements. La seule méthode qui leur fasse entendre raison, c’est de les priver de ces rentrées locatives, dues au départ au moins temporaire de ces locataires qui leur rapportent gros.

Échevine du Logement, Ornella Cencig (MR) a renchéri, pour évoquer certains propriétaires à la limite de l’exploitation des êtres humains. L’opération menée à la rue Chavannes sur 37 bâtiments et 164 logements a permis de détecter des irrégularités, des découpages de logements qui contrevenaient aux règlements. Et l’opération a eu d’heureux effets, en poussant d’autres propriétaires à prendre les mesures avant d’être menacés de la fermeture de leurs immeubles. Côté autorités communales, on s’explique donc, et on se justifie en évoquant des expulsions rares, et qui ne sont pas le fait du pouvoir communal, sauf péril pour les occupants. Il n’empêche.

Quand, dans un autre objet du conseil communal, la même Sofie Merckx interroge à propos des logements dits “d’équilibre”, elle se fait rembarrer, sur le ton “si cela vous intéresse, posez la question une autre fois”. Fâcheux, ça, mayeur. On se souvient d’un niveau pas (ou pas encore ?) atteint, quand un certain Lucien Cariat avait lancé à une conseillère Écolo “Tenez-vous droite, quand vous interpellez le collège”. L’apprentissage de la démocratie communale est un perpétuel recommencement, c’est sûr.


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