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Aides à la presse : conditions plus strictes

Écolo va proposer d’augmenter les aides à la presse. Mais elles devront être liées à des garanties d’emploi et d’indépendance .

Le rachat de «L’Avenir» par Tecteo avait suscité pas mal de questions dans le monde politique, notamment en terme d’indépendance rédactionnelle des journaux. Mais également à propos de la pluralité et de la diversité des titres de presse.

C’est en partant de cet exemple que la députée Écolo Isabelle Meerhaeghe va proposer au Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles une modification du «Décret aides à la presse».

En gros, elle envisage une augmentation des fameuses aides à la presse qui passeraient de 7 millions à 12 millions (1 million par an pendant 5 ans) lors de la prochaine législature communautaire.

Actuellement, l’aide à la presse est, notamment, conditionnée par les rentrées commerciales des médias (plus il y a de pub qui rentre, moins les aides sont importantes) et au nombre de journalistes salariés (plus il y en a , plus les aides sont importantes).

Mais Isabelle Meergaeghe voudrait que l’effort financier qui serait consenti par la Fédération pour aider mieux la presse francophone, dépende à l’avenir de critères supplémentaires qui, s’ils n’étaient pas remplis, empêcheraient les journaux réfractaires de toucher le moindre euro d’aide.

1. Une charte éditoriale

«La presse doit se prémunir des pressions commerciales et politiques» explique la députée. «Le meilleur moyen de garantir l’indépendance d’une rédaction, c’est l’existence d’une charte éditoriale. Nous en avons discuté lors de la récente table ronde sur la presse. Cette charte est un outil de simplification des relations entre éditeurs, actionnaires et journalistes. Certains journaux, comme “ L’Avenir ”, en ont déjà une. Nous voulons qu’elle soit généralisée».

2. Une société des rédacteurs

Parfois appelée Société des Journalistes, la SDR n’existe pas non plus dans tous les médias. «Nous voulons également qu’il y en ait une dans chaque rédaction et que son poids soit renforcé. Elle devrait par exemple être systématiquement consultée lors de la nomination d’un rédacteur en chef ou d’une modification de la ligne éditoriale. Dans le cas d’une nomination de rédacteur en chef, on peut même imaginer que la SDR puisse carrément avoir un droit de veto.»

3. Un actionnariat transparent

L’entrée de Tecteo, acteur public, dans le capital d’un groupe de presse, incite également Écolo à inclure dans les critères d’octroi des aides la transparence de l’actionnariat. «Nous estimons devoir connaître la liste de tous les actionnaires ainsi que leurs mandats politiques en cas d’implication d’un pouvoir public dans un groupe de presse» juge encore la députée verte.

4. Engager des salariés

Enfin, l’augmentation de l’aide doit être conditionnée par l’emploi. «2/3 des 5 millions supplémentaires qui seront octroyés devront servir à soutenir l’engagement de journalistes salariés. C’est une manière de privilégier l’emploi et de défendre la qualité et le pluralisme des journaux: plus il y a de salariés, plus il y a de contenu propre à chaque journal».

Le dernier tiers de l’aide complémentaire serait, quant à lui, consacré la transition numérique des journaux et à la formation des journalistes aux nouveaux médias.

Isabelle Meerhaeghe souhaite que ces modifications décrétales soient introduites d’ici la fin novembre. Histoire de correspondre avec les conclusions des états généraux de la presse en route depuis 4 ans.

Elle pense également proposer au PS, MR et cdH de cosigner la proposition.


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