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Ecolo à Charleroi

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«Les métiers n'ont pas de sexe»

«  Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé » Albert Einstein.

Journée de la femme 2014 - Isabelle & Xavier

Introduction

Comme chaque année, le 8 mars, « Journée internationale des femmes », est l’occasion de rappeler combien notre combat en faveur de l’égalité est toujours malheureusement d’actualité.

Même si la plupart des gens pense que l’égalité entre les hommes et les femmes est à présent chose acquise, dans les faits beaucoup de situations nous démontrent le contraire et prouvent qu’une attention de tous les jours reste vraiment nécessaire pour changer les mentalités.

Depuis plusieurs dizaines d’années, bon nombre de lois ont été votées qui permettent l’émancipation des femmes notamment en matière de travail ; ainsi, la loi sur l’égalité des salaires « à travail égal salaire égal ». Cette loi est née de l’article 119 du Traité de Rome que la Belgique a ratifiée en 1957. Et pourtant, en 1966, les femmes de la FN à Herstal faisaient grève pour obtenir le même salaire que les hommes alors qu’elles effectuaient les mêmes tâches au sein de l’entreprise. L’écart salarial entre les hommes et les femmes reste de 27 à 30%.

Comme dans d’autres domaines de la vie sociale et politique, Ecolo a été particulièrement précurseur en matière d’égalité des genres.

Parmi les textes les plus récents :

  • En février 2013, à l’initiative de la députée Isabelle Meerhaeghe, le Parlement wallon a voté un décret qui imposera en 2018, le principe de la tirette pour les élections communales et provinciales. Cette parité et cette alternance parfaites permettront de tendre vers un nombre le plus équivalent possible entre élus, femmes et hommes.
  • En ce début d’année 2014, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a voté une résolution visant à la promotion de l’égalité entre femmes et hommes au sein des universités à l’initiative d’Ecolo (Zakia Khattabi et Isabelle Meerhaeghe)
  • La Chambre devrait enfin accorder la possibilité aux parents d’octroyer les deux noms à leurs enfants. Même si ce texte n’est pas parfait (donnant la priorité au nom du père en cas de désaccord), c’est une avancée incontestable portée par les écologistes depuis bien longtemps. De 99 à 2003, Claudine Drion et Marie-Thérèse Coenen, alors parlementaires Ecolo-Groen, se sont battues pour défendre le double nom de l’enfant. Le groupe Ecolo-Groen a depuis redéposé en 2003, 2007 et encore en 2010 une proposition de loi en la matière issue d’un large travail d’audition et de débat.
  • Ecolo (Stéphane Hazée, Isabelle Meerhaeghe, Emmanuel Disabato, Bénédicte Linard, Veronica Cremasco, Matthieu Daele) vient encore de déposer au Parlement wallon une proposition de décret afin de garantir la parité « un tiers deux tiers » dans les collèges communaux et provinciaux.

En 2012, nous avions rebaptisé une série de rues afin de démontrer que les femmes, comme les hommes, doivent avoir leur place dans l’espace public. Dénommée « Où sont les femmes dans la Cité ? », cette action tenait à mettre en lumière les difficultés rencontrées par les femmes tant au niveau politique que professionnel.

Comme en 2013, nous tenons une fois encore cette année, à soutenir celles et aussi ceux qui souhaitent s’engager dans des métiers qui sont généralement exercés par l’autre sexe.

Pour ce faire, nous serons présents le samedi 8 mars, sur le boulevard Tirou (entre 10h et 14h) de façon « surprenante » !

Quelques femmes pionnières dans des métiers traditionnellement réservés aux hommes :

  • Valentina Terechkova : première femme astronaute dans l’espace en 1963
  • Lucia de Brouckère : docteur en sciences chimiques en 1904; première femme belge à enseigner dans une faculté des sciences.
  • Marie Popelin, première femme ayant étudié le droit mais ayant été refusée pour exercer le métier d’avocate (1906)

Quelques chiffres…

Du côté politique, malgré la parité obligatoire sur les listes, les femmes ne sont que 30% à 35 % à siéger dans les différentes assemblées. Appliqué par Ecolo, le principe de la tirette a porté à 45 % le taux d’élues aux élections communales de 2012.

Du côté du secteur privé, par exemple, si 31,5 % des femmes peuvent se targuer d’un diplôme d’enseignement supérieur contre 27,4 % des hommes (enquête de 2009), elles sont quasi absentes à la tête des entreprises cotées en bourse : dans la moitié d’entre elles, on ne dénombre aucune femme au Conseil d’administration ou au comité de direction ! Les CA de ces sociétés sont, en Belgique, composés de seulement 6,87 % de femmes; les administrateurs délégués désignés par ces Conseils d’administration sont des femmes pour 4,13 % d’entre eux!

Alors que deux tiers des hommes ont un emploi rémunéré, un peu plus de la moitié des femmes seulement sont actives sur le marché du travail :

  • 7,8% des salariés masculins travaillent à temps partiel contre 43% du côté des femmes actives ;
  • Les femmes isolées avec enfants rencontrent plus de difficultés que les autres sur le marché du travail. Elles sont également davantage exposées au risque de se retrouver sous le seuil de pauvreté
  • Parmi les métiers « typiquement féminins on trouve encore : femme de ménage, maîtresse d’école maternelle, garde-enfant, infirmière, secrétaire,… Parallèlement, quelques métiers se sont fortement féminisés entre 1993 et 2006 : responsable des ventes, avocat, agent de police, (expert-) comptable et employé à l’administration publique.

Si nous reprenons les statistiques fréquemment publiées par l’Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes[1], nous pouvons constater que :

  • 3 à 4% de femmes seulement occupent des postes dans des métiers d’ouvriers (construction mécanique, industrie métallique, transport)
  • elles sont 15% dans le secteur de la construction, des sciences physiques, mathématiques, et techniques
  • 18% comme ouvrières qualifiées dans l’industrie de précision
  • 29% dans les métiers du secteur agricole ou comme chefs d’entreprise
  • 33% comme gérantes ou directrices de petites entreprises

Mais elles sont près de :

  • 62% comme employées de bureau
  • 67% dans le monde de l’enseignement (sans en être directrice pour autant)
  • 73% comme personnel auxiliaire en sciences médicales
  • 75% comme mannequins ou vendeuses
  • 81% comme réceptionnistes ou guichetières
  • 98% comme infirmières ou puéricultrices…

En effet, il est des métiers, auxquels peu, voire aucune femme n’accède ! Mais il en est de même pour les métiers spécifiquement « féminins » tels que la puériculture,…où un homme qui « ose » s’orienter vers ce type de métier s’expose encore à des railleries.

Les clichés et les stéréotypes ont la vie dure : « les hommes sont des experts, des porte-paroles ; les femmes des exécutantes, des témoins »… Inconsciemment, cela se reflète un peu partout que ce soit par exemple dans l’enseignement ou dans les contenus tant de la presse écrite qu’audiovisuelle. En 2011, l’AJP (association des journalistes professionnels) réalisait une étude basée sur 2225 articles qui démontrait que la présence des femmes dans les contenus est très faible : moins de 18% de femmes en moyenne.

Clichés ambiants et formations scolaires

Des hommes rêvent de devenir puériculteur, des femmes aussi rêvent d’être maçonne, couvreuse, pompier, aviatrice ou conductrice d’engin…

En voici quelques témoignages :

« Si je suis sérieuse dans mon travail, ce n’est pas parce que je suis une femme, mais parce que mon patron possède lui-même ces qualités et me les a transmises » Céline, carreleuse

“Après des études en infographie et quelques années d’expérience comme préparatrice de commande, je suis devenue couvreuse. Mon entourage n’a pas été étonné ; ils se doutaient tous que ça arriverait, même s’ils ne savaient pas quand! :-) “

“Les filles qui le souhaitent ne devraient pas hésiter à aller vers la construction ! Car hésiter c’est s’empêcher d’avancer… Si vous sentez cette envie au fond de vous, c’est que c’est ça que vous devez faire!” Claudine, indépendante en parachèvement.

Depuis quelques années, la loi impose aux employeurs de formuler leurs offres d’emploi pour les deux sexes afin de lutter contre les discriminations à l’embauche mais force est de constater que dans les faits, les effets restent peu convaincants.

Des études récentes démontrent que les jeunes hommes et les jeunes filles se forgent très tôt leur idée sur les métiers à leur portée. Ce qui, inévitablement, oriente le choix de leur parcours :

  • Dans l’enseignement technique, on retrouve 27 filles pour 1271 garçons dans les formations à la construction tandis que le secteur « service aux personnes » accueille 13.314 (!) filles mais seulement 4.471 garçons.
  • Dans l’enseignement général, les filles sont majoritaires en éducation artistique, latin, histoire et sciences sociales et sont quasi absentes en éducation technique ou en éducation physique. Elles restent minoritaires (40%) dans les options maths fortes ou sciences.
  • Lors de leur inscription à l’université, 9% des filles seulement choisissent les sciences alors que 29% des garçons font ce choix. Et pourtant, 51% des filles et 38% des garçons réussissent en sciences à l’issue de la première année d’université en sciences.

En réalité, depuis la naissance et notamment à travers les jouets et les jeux, filles et garçons ne reçoivent pas les mêmes messages sur les comportements que l’on attend d’eux. L’homme est présenté dans le monde professionnel et dans des rôles « actifs » tandis que la femme est présentée dans la sphère domestique et dans des rôles « passifs ». Ces stéréotypes de sexe auront de fortes influences sur les orientations scolaires et professionnelles des filles et des garçons (les filles s’orientant plus souvent vers des métiers traditionnellement féminins tels qu’assistante sociale, infirmière, éducatrice… comme dit plus haut)

De plus, de nouveaux phénomènes, aujourd’hui, renforcent ces clichés et stéréotypes. En effet, de jeunes enfants sont plongés dans un monde où la femme doit être belle et l’homme doit être fort. Notre espace public est envahi de publicités véhiculant ces messages ; les concours de mini-miss et de mini-mister tout comme les photos de mode d’enfants vont également dans ce sens. Et ceci sans parler de l’accès, pour n’importe quel ado, voire enfant, à la pornographie via internet qui met à mal la relation affective et sexuelle entre les hommes et les femmes.

Des propositions concrètes

Les études sur le genre démontrent ainsi que les stéréotypes et les préjugés à l’égard des femmes et des hommes s’ancrent très tôt dans le développement des enfants.

Il faut donc une nécessaire prise de conscience par l’ensemble de la société de l’existence encore bien réelle de cette inégalité entre les hommes et les femmes.

Et ceci n’est pas un combat d’arrière-garde!

L’école est un des maillons les plus importants dans la chaîne de la construction de soi et donc de son rapport aux autres. Il est important de proposer le plus tôt possible à chaque enfant une éducation égalitaire en termes de relations entre les filles et les garçons (jouets, lectures, notion de respect, libre choix et égalité face à la formation, l’emploi…). L’élimination des stéréotypes sexués est indispensable pour l’instauration de réels rapports égalitaires entre les jeunes, futur(e)s citoyens(nes).

Cela passe par des mesures concrètes comme :

  • Renforcer la formation initiale et continue des enseignants sur les questions de genre. Et ce dès la maternelle (voire les crèches!). Il faut que tout le corps enseignant soit mobilisé, directions et pouvoirs organisateurs y compris, afin d’enrayer la reproduction des stéréotypes et des clichés qui alimentent les inégalités entre filles et garçons.
  • Pensons aux livres ! Mener une réflexion avec les éditeurs dans l’optique de créer un label « égalité » pour leurs publications scolaires.
  • Créer une stratégie afin d’agir concrètement au niveau de l’orientation scolaire en sensibilisant notamment les acteurs de ce secteur à la question du genre dans les métiers.
  • Travailler sur l’image des métiers, accessibles à toutes et tous. Promouvoir par exemple les filières peu fréquentées par les filles ou par les garçons.
  • Conscientiser les médias aux clichés qu’ils véhiculent, souvent malgré eux, les encourager à lutter contre ces clichés.

Des initiatives existent aujourd’hui pour lutter contre les clichés sexistes relatifs à certains métiers et permettre à des femmes de concrétiser leur rêve et d’exercer leur métier comme elles le souhaitent :

  • Dans le cadre du Fonds de Formation de la construction, une cellule appelée « Construction en tout genre » existe : aujourd’hui, on y forme des femmes maçonnes, conductrices d’engins, couvreuses, techniciennes en photovoltaïque, carreleuses, ….
  • L’ASBL « Girls’days-Boys’days » propose revues et animations auprès des jeunes pour l’égalité dans la formation à la vie professionnelle.
  • En région wallonne, l’Alliance Emploi-Environnement doit également miser sur les métiers d’avenir à destination des hommes comme des femmes : dans le cadre de la construction et de la rénovation en lien avec l’énergie et les nouvelles techniques d’isolation. Il est vrai que des formations pour les femmes existent mais il reste encore du travail au niveau de la sensibilisation des entreprises peu enclines à engager des femmes dans ce type de secteur. Les autres volets de l’Alliance Emploi-Environnement, comme l’agriculture (via notamment les circuits courts) et la sécurité alimentaire doivent également favoriser l’intégration des femmes sur le marché du travail.

Conclusion

Les clichés ont certes la vie dure mais au fil du temps, nous parviendrons à les détricoter !

Au sein des familles, de l’école, de toutes les associations et de tous les milieux professionnels, nous pouvons toutes et tous agir pour construire une démocratie plus active, mieux équilibrée, plus égalitaire et plus juste dans une société plurielle où les femmes, au même titre que les hommes, seront au cœur du débat et des décisions.


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