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Trop de commerces tue-t-il le commerce ?

Question à l’échevin du commerce.

  • Xavier Desgain, Conseiller communal.

La réduction du pouvoir d’achat provoquée par la crise socio-économique et la création de nouvelles zones commerciales en périphérie de la ville ont manifestement un impact très négatif sur les activités commerciales dans notre ville, tant dans son centre que dans les quartiers traditionnellement commerçants de notre métropole. Nous pouvons le voir chaque fois que nous parcourons ces quartiers car le nombre de magasins fermés, de volets baisés est très important. Et les guerres commerciales que se livrent les grandes enseignes, comme dans le secteur du bricolage ou de l’aménagement intérieur par exemple où les réductions de « 15 à 20% sur tout » deviennent la norme durant les week-ends et préoccupante et touche de plein fouet les commerces plus spécialisés. Même les maraichers se plaignent d’une diminution de leur chiffre d’affaires.

Nous savons par ailleurs qu’une des conséquences de l’implantation de zones commerciales en périphérie est que les habitants de la périphérie ne viennent plus en centre ville, car ils trouvent dans les zones commerciales plus proches tout ce dont ils ont besoin, et même le bistrot pour boire un verre en fin de semaine ou le restaurant de qualité. Toute cela entraine des déplacements d’emplois et une mutation progressive de l’affectation du territoire.

Monsieur l’échevin dispose-t-il d’informations qui confirment cette perception ? Dispose-t-il de données sur l’évolution des cellules vides sur le centre ville et les autres quartiers commerçants, sur la superficie de zones commerciales autorisées depuis les 3 dernières années à Charleroi et dans les communes voisines ainsi que sur l’évolution des demandes encore en cours ? Dans un contexte économique aussi difficile, je pense qu’il est important que la ville dispose d’un plan stratégique pour le commerce, tant pour assurer le maintien d’un commerce de proximité et revivifier les marchés hebdomadaires qui contribuent à tisser la vie dans les quartiers, que pour éviter une guerre destructrice entre les zones commerciales de taille diverses, du centre et de la périphérie, dans laquelle Charleroi pourrait voir son rôle métropolitain fortement affaibli. Votre majorité dispose-t-elle d’un plan stratégique, ou d’une stratégie bien identifiée pour son commerce ? Je vois bien une tendance à ramener de l’activité commerciale vers le centre de la ville, ce qui me paraît logique. Si tel est le cas, je pense que nous devons alors nous méfier des projets futurs de zones commerciales en périphérie parce qu’ils pourraient nuire à la fonction métropolitaine de Charleroi. Partagez-vous cette perception ? Si oui, envisagez vous de revoir la position de la ville sur des projets de zones commerciales en périphérie, notamment autour de la zone du Bultia vers le sud, et autour de Farciennes vers l’est ? Etes-vous actuellement sollicité pour remettre des avis sur de tels projets? Par ailleurs, quelles sont les actions de vous menez pour revivifier les marchés hebdomadaires ?

Réponse de Philippe Van Cauwenberghe

« La quasi totalité des différentes questions stratégiques que vous me posez se retrouveront dans schéma de développement commercial dont l’attribution devrait passer au prochain collège » l’informa l’échevin Ph. Van Cauwenberghe. Ce schéma devra atteindre 4 objectifs: 1. déterminer et justifier la zone d’étude, définir le fonctionnement, l’état et le positionnement des noyaux existants, analyser la structure et l’offre commerciale et les comportaments d’achat dans la zone d’attractivité de Charleroi; 2. Identidfier la potentialités des noyaux commerciaux existants et d’eventuelles nouvelles implantations. De cette façon, le collège sera doté d’un outil de planification commerciale; 3. La définition du plan stratégique sur base de la situation actuelle de la tendance de développement. Au niveau du centre-ville par exemple, l’analyse devra aboutir à une définition des quartiers en fonction des commerces existants mais aussi des nouveaux commerces à attirer et, à terme, l’idée est d’avoir une identité visuelle par noyau commercial; 4. Le prestataire devra assurer également une mission d’accompagnement de 36 mois. « Ce schéma de développement commercial deviendra un outil indispensable aux prises de décision du collège et du conseil communal. Grâce à d’autres outils gérés notamment par l’absl Centre Ville et le service du Commerce, un état des lieux des cellules vides sur l’intra et l’extra ring est également possible ». A ce propos, a précisé l’édile, la tendance serait à une augmentation d’environ 1%/an.

Au sujet des implantation commerciales de grande superficie, Ph. Van Cau a indiqué que la Ville n’avait plus été consultée pour avis (non contraignant) depuis 2011.

« Pour ma part, a-t-il conclu, tout développement en périphérie ne ferait qu’affaiblir le commerce en centre ville. Les études font apparaître une saturation de l’offre alors même que la demande stagne, voire régresse ». Enfin, concernant les marchés, hormis celui de la ville basse, il a confirmé une diminution du CA, même si la fréquentation est loin de faiblir.

« Je pense effectivement qu’il est grand temps que Charleroi dispose d’une stratégie pour son commerce. Mieux vaut tard que jamais » concluait X. Desgain qui a insisté sur l’importance à accorder aux commerces de proximité et à la promotion des différents marchés de la ville.

Source : www.charleroi.be

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