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Carolorégienne : le PS seul à tourner la page

La tripartite s’est fissurée sur la question, le PS étant le seul à voter l’abandon des poursuites civiles.

C’est la fin d’un long feuilleton judiciaire : ce lundi soir, le conseil d’administration de la Sambrienne a décidé de tourner la page du plus retentissant scandale politique de Charleroi : celui de la Carolorégienne. Mais il ne l’a pas fait d’une seule voix.

La tripartite s’est fissurée sur la question, le PS étant le seul à voter l’abandon des poursuites civiles, contre l’avis du MR et des Ecolos. Et avec une division chez les humanistes, partagés entre abstention et refus. Pendant dix ans, l’affaire a empoisonné la vie des Carolos : déballages aux relents nauséabonds, règlements de compte et mise à jour de pratiques frauduleuses. “Nous avons renoncé à poursuivre les actions en réparation de dommages engagées contre les anciens gestionnaires du logement public”, indique le président PS Hicham Imane.

Pour lui, il s’agit de préserver l’intérêt collectif. Assorties de sursis, les condamnations au pénal sont tombées, lourdes et définitives : quatre ans de prison et cinq de déchéance de ses droits civils et politiques pour l’ex-administrateur délégué Claude Despiegeleer, six mois d’emprisonnement pour ses collègues échevins André Liesse et Serge Van Bergen ainsi que l’ex sénateur PS Francis Poty. Leur honneur est sali à jamais.

Selon Imane, vouloir obtenir plus est déraisonnable : nombre d’entre eux ne sont plus en effet en capacité de rembourser les sommes qu’ils ont illégalement perçues ou détournées, ni de faire face au paiement de dommages et intérêts. L’ardoise est salée : en tenant compte des montants réclamés aux personnes morales et civiles en charge des contrôles, elle s’élève à quelque 18 millions d’euros. Pour Hicham Imane, le bon sens commandait d’arrêter les frais. Il est temps de cesser de regarder dans le rétroviseur pour aller de l’avant !

La Sambrienne a fait ses comptes : en honoraires d’avocats, elle a dépensé l’équivalent du coût de la construction de trois logements neufs ou de dix rénovations complètes.

En outre, l’issue d’une action judiciaire est toujours aléatoire. Elle l’est d’autant plus qu’un certain nombre d’éléments pèsent négativement dans le débat de la Carolorégienne : d’abord, il y a le mode de calcul du préjudice, contestable et même parfois dépourvu de fondement juridique. Ensuite, cette action ouvre la voie à un risque de nouveaux conflits avec les partenaires institutionnels et politiques : un dommage est réclamé à la wallonne du logement par exemple. “Comment pourrons-nous travailler sereinement avec elle demain si nous sommes contre elle dans un tribunal ?” Le raisonnement n’a pas convaincu tout le monde, il va falloir maintenant recoller les morceaux.


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