Le Vert Pays

Ecolo à Charleroi

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Quelles mesures d’accompagnement pour le camp de SDF ?

Question de Madame la Conseillère Malika El Bourezgui

Depuis peu un camp de sans abri s’est installé à quelques pas du centre-ville au bord du canal de la Sambre. Il compte des dizaines de tentes.

La pauvreté, l’exclusion sociale et la perte de soutien familial conduisent au sans-abrisme qui peut se conjuguer à des problèmes d’assuétude. Sans aucune autre alternative venant ni de l’Etat ni du marché, les sans-abri tentent de construire, de bricoler leur abri par instinct de survie, et c’est humain.

Cependant cette précarité de logement présente des risques en matière d’hygiène et de santé. Le campement en question qui est dépourvu de tout équipement sanitaire se trouve au bord d’un cours d’eau où prolifèrent des rats, il accumule des déchets et subit les fortes chaleurs actuelles. Tous ces éléments sont des facteurs aggravant de risques sanitaires s’il n’y a pas rapidement des mesures préventives et de suivi.

Face au risque sanitaire, pouvez-vous me dire quel est votre plan d’action et quelles sont les collaborations mises en place pour y répondre ?

Ces exclus en perte de rupture social ont également besoin d’accompagnement social. Pouvez-vous nous dire également quel type d’accompagnement social est enclenché et avec qui ?

Suite au décès d’un bébé né dans une tente survenu la semaine dernière à Namur, pouvez- vous nous dire s’il y a des enfants dans ce camp ?

Il est clair que ce genre de problématique nécessite des actions globalisées et l’intervention des divers acteurs de la santé, de la prévention et de l’accompagnement social.

C’est au niveau local que nous sommes directement confrontés à l’émergence de nouveaux besoins sociaux qui nécessitent de nouvelles réponses. Il s’agit ici de mode de logement alternatif pour répondre au besoin fondamental de se loger mais qui n’est pas satisfait pour une partie de la population alors que le droit au logement est inscrit dans la constitution.

En tant qu’acteur local ayant en charge la politique du logement, pouvez-vous nous dire quelle est la position de la ville face à ce phénomène de nouveau mode d’habiter ? Quelle est votre vision en la matière et quelle réflexion avez-vous pu mener jusqu’à présent ? Quelles sont vos propositions ?

Réponse de Monsieur Eric MASSIN, Président du CPAS

En décembre 2016, l’ensemble des services de première ligne s’inquiétait du nombre croissant d’usagers qui ne fréquentaient plus les structures d’hébergement qui leur sont dévolues. Le Carolo Rue identifiait à l’époque qu’entre 40 et 60 usagers se trouvaient dans cette situation.

Ce constat avait, d’ailleurs, mobilisé le Relais Social, comme le CPAS, afin de réfléchir aux notions de bas seuil ou de logements alternatifs.

Au travers de sa fonction de veille et d’observation, le Carolo Rue fréquente l’ensemble des squats où résident ses usagers. L’idée étant de maintenir le lien social afin d’éviter que ces publics ne s’excluent davantage.

Historique du campement :

Nous avons appris l’existence du campement en mars 2017; l’hiver se terminait et des personnes accueillies au sein de l’Accueil de Soirée nous relataient le fait qu’elles y résidaient.
Avant le mois de mars, ce lieu était déjà connu, parfois habité (tentes ou dans le container qui s’y trouve). Les travailleurs du Carolo Rue s’y rendaient notamment pour y ramasser des seringues.

A ce jour, le campement réunit 15 tentes et regroupe 20 personnes. Il n’y a actuellement pas d’enfant présent sur le site.

Publics

La plupart des occupants fréquentait l’Accueil de Soirée en période hivernale. Entre 7 et 10 d’entre eux ont un dossier ouvert au DUS.
Il s’agit surtout de jeunes personnes (entre 25 et 30 ans), bien que des plus âgés (55 ans) s’y trouvent. C’est un public plutôt structuré (en comparaison avec le public qui fréquente généralement le Carolo Rue). Les résidents actuels refusent d’accueillir des usagers de drogues par voie intraveineuse ou des personnes en lien avec la prostitution.

De façon générale, le public sur place éprouve du plaisir au travers de cette ambiance communautaire et revendique au travers du campement une certaine forme de liberté. Actuellement, ils n’expriment aucune demande.

Interventions du Carolo Rue et du DUS :

L’existence du campement a d’emblée suscité des discussions au sein du réseau. A ce jour, beaucoup d’intervenants sociaux gravitent autour de cet endroit (Solidarité Nouvelles, DUS, Carolo Rue…).

Des travailleurs du Carolo Rue et du DUS se rendent sur place plusieurs fois par semaine, il s’agit d’assurer une veille et de proposer un accompagnement social, afin (1) de réduire les risques inhérents à ce mode de vie (2), de responsabiliser les occupants par rapport à leur environnement, (3) de faire émerger des demandes spontanées et/ou d’accompagner les occupants dans leurs démarches, (4) de les orienter le cas échéant vers les services du réseau.

Concrètement, le Carolo Rue et le DUS situent leurs interventions davantage dans une démarche pédagogique :

1) Les travailleurs ont organisé avec les occupants une opération visant à nettoyer le campement.
Ceci participe à la responsabilisation/sensibilisation des usagers quant à la gestion de leur campement. Cette action permet aussi d’évaluer la dynamique du groupe ainsi que la capacité des personnes à « tenir » un logement.

2) Le Carolo Rue a été sollicité par les occupants afin de les aider à rédiger un Règlement d’Ordre Intérieur (ROI). Nous considérons que cette initiative prouve la volonté du groupe de s’autogérer.

3) Plusieurs occupants participent aux ateliers organisés dans le cadre du projet « Activ’Actions » du Carolo Rue : les animateurs du projet ont organisé un atelier artistique sur le campement afin de maintenir et de renforcer le lien avec ce public.

4) Les travailleurs apportent ponctuellement des bouteilles d’eau (nécessaires lors des récentes canicules) ou des couvertures.

5) Les travailleurs sensibilisent les occupants sur le fait que les conditions d’habitation du campement se dégraderont à l’approche de l’hiver. Ceci afin d’anticiper des démarches pour obtenir d’autres solutions de logement.

6) Enfin, les éclusiers, riverains du campement, autorisent les occupants à utiliser leur containers (pour les poubelles) et leur donne accès à de l’eau potable.

Les travailleurs du Carolo Rue comme ceux du DUS ont pour vocation de prendre en charge les publics sur leurs lieux de vie. Il s’agit dans ce cas d’assurer un suivi et de maintenir un lien social, tout en participant à la gestion de ce « logement alternatif ».

D’autre part, les services du CPAS, en partenariat avec le Relais Social, mènent actuellement une réflexion sur le « bas seuil », les dispositifs d’hébergement, et le logement en général.

Réponse de Madame l’Echevine Ornella CENCIG

Permettez-moi tout d’abord de regretter comme vous la situation que vivent au quotidien les personnes sans domicile fixe.

Comme vous le précisez et comme cela est repris à l’article 23 de la Constitution, avoir accès à un logement est un droit pour tous.

Il y a lieu ensuite de définir ce que l’on entend par logement. Le Code Wallon du Logement et de l’Habitat Durable, ainsi que ses arrêtés d’exécution, définissent les critères minimaux de salubrité que doivent rencontrer les logements.
Je n’entends pas accepter sur Charleroi la mise en œuvre de logements dont les caractéristiques seraient moins contraignantes que le minimum exigé par le CWLHD.

Par ailleurs, la Ville de Charleroi depuis 2013 a, via les différents plans d’ancrage communaux, veillé à la création de logements de transit. C’est ainsi que si Charleroi ne disposait d’à peine 6 logements de transit sur son territoire, les plans d’ancrage 2012-2013 et 2014-2016 verront, respectivement, la création de 16 et 12 nouveaux logements de transit.
A côté de ces logements de transit, il existe sur Charleroi 76 logements d’urgence.

Je reste ouverte à tout projet innovant en matière de logements, c’est ainsi que j’ai pu rencontrer il y a peu des responsables de sociétés aménageant des logements modulables au départ de containers marins. La SWL et la Région Wallonne ont d’ailleurs débloqué un budget de 5 millions d’€ à l’attention des Sociétés de Logement de Service Public afin d’initier des projets pilote en la matière.

A côté de ces projets immobiliers, l’aspect social et humain est pris en considération. C’est ainsi que depuis plusieurs années, l’asbl AIS Charleroi Logement met à disposition du CPAS de la Ville de Charleroi, par le biais d’une convention, plusieurs logements durant la période hivernale.

L’AIS Charleroi Logement au même titre que la SLSP La Sambrienne participent de manière constructive au projet Housing First Belgium, mené sur Charleroi par un ensemble de partenaires coordonnés en un réseau (le CPAS, le Relais Social, l’ASBL Comme Chez Nous, le SPAD, le Relais Santé de Charleroi).

Une diversité de logements correspondant aux besoins spécifiques des candidats locataires a été activée, en particulier grâce à l’intervention du capteur logement.
- des logements sociaux grâce au partenariat avec la Société de Logements Sociaux Publics La Sambrienne
- des logements privés
- des logements via l’Agence immobilière sociale
- des logements semi-collectifs via une Initiative d’Habitation Protégée

Au niveau de la SLSP La Sambrienne, il a été prévu que les bénéficiaires d’un logement via Housing First, puissent, à la fin de l’accompagnement et sous certaines conditions, continuer d’occuper le logement afin de ne pas se retrouver à nouveau dans une situation de précarité. La Sambrienne met alors d’autres logements à disposition du projet afin qu’en permanence 8 logements soient réservés à la plateforme.

Comme vous le voyez, Charleroi ne reste pas inactif envers les populations les plus démunies.


Les commentaires sont fermés


aucune annexe



À voir également

Salle du Conseil - © J-M/ Hoornaert

Place Matteotti

Question posée par Monsieur le Conseiller Luc Parmentier Monsieur l’Echevin, Votre majorité a décidé...

Lire la suite

Salle du Conseil - © J-M/ Hoornaert

Sécurité à Lodelinsart

Question posée Monsieur le Conseiller Luc Parmentier Monsieur le Bourgmestre, Je viens d’être...

Lire la suite