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Gestion des plantes invasives

Question posée par Monsieur le Conseiller Luc PARMENTIER

Il existe deux grandes stratégies pour lutter contre les plantes invasives : la prévention et la gestion. La prévention consiste à éviter les nouvelles introductions ainsi que les introductions secondaires (plantations, dépôts de déchets verts, etc.), alors que la gestion consiste à contrôler l’expansion de populations déjà établies dans la nature, voire même, quand c’est possible, à les éliminer totalement.

Ces deux approches sont complémentaires mais en règle générale, il est plus efficace d’agir de manière préventive plutôt que gérer des populations répandues dans les milieux naturels. C’est plus facile et nettement moins coûteux !

Monsieur l’Echevin pourrait-il me faire savoir si la présence de plantes invasives (selon les listes AlterIAS ) plantées dans des aménagements a été étudiée sur le territoire de notre Ville ?

Un plan de gestion des plantes invasives a-t-il été mis en place à Charleroi ?

Réponse de Monsieur l’Echevin Cyprien DEVILERS

Monsieur le Conseiller,

Je vous remercie pour votre question.

Oui, nous avons en effet mis en place une gestion des plantes invasives.

Les plantes invasives sont des espèces végétales qui ont été introduites par l’homme, volontairement ou accidentellement, en dehors de leur aire de répartition naturelle. Elles sont capables non seulement de survivre mais surtout de se reproduire dans la nature à grande échelle. Leur prolifération pose de sérieux problèmes, en particulier pour l’environnement. Les plus connues chez nous sont la renouée du Japon, la berce du Caucase, la balsamine de l’Himalaya, le Buddleia davidii (arbres à papillons)

Les plantes invasives ne sont pas uniquement des plantes « sauvages ». Certaines fleurs, arbres ou arbustes exotiques, invasifs, ont été cultivés pour leur qualité ornementale. Le lupin vivace en est un exemple. Cette espèce est classée B2 (liste de surveillance) en Belgique parce qu’elle ne semble pas envahir nos milieux naturels, contrairement à l’Europe du nord ou l’Europe centrale où elle est considérée comme extrêmement invasive. La renouée du Japon est classée A3 (liste noire) en Belgique. Les renouées asiatiques sont des envahisseurs très agressifs partout en Europe occidentale, centrale ou septentrionale. La renouée du Japon fait partie des plantes invasives les plus problématiques en Europe parce qu’il est vraiment très difficile de s’en débarrasser. Elle modifie les propriétés physico-chimiques du sol et contient des substances toxiques qui inhibent la croissance des autres espèces.

3 listes de plantes invasives en Belgique

Il existe une liste européenne de plantes invasives (European Commission, depuis 01/01/2015) dont les espèces sont purement et simplement interdites au commerce ou à la détention.

En concertation avec le secteur ornemental belge, deux autres listes ont été créées :

  • une liste de consensus, reprenant les espèces répandues ayant un impact négatif sur la biodiversité (ex : renouée du Japon). Ces espèces sont interdites au commerce et à la plantation.
  • une liste de communication qui contient des espèces qui ont un impact limité sur la biodiversité et qui sont susceptibles d’être invasives uniquement dans certains milieux. On peut donc les cultiver en appliquant quelques précautions variables selon l’espèce.

Les plantes invasives sont toujours une préoccupation régionale, nationale voire même européenne. Le territoire de Charleroi n’échappe malheureusement pas à cette problématique. La division de l’Ecologie Urbain travaille en étroite collaboration avec le CiEi (Cellule interdépartementale des espèces invasives) du SPW, le Contrat de Rivière Sambre et Affluents et l’asbl para-communale Charleroi Nature.

Sur le territoire de Charleroi on dénombre essentiellement 3 espèces de plantes invasives :
- la berce du Caucase
- la balsamine de l’Himalaya
- la renouée du Japon.

Des mesures préventives et curatives sont menées régulièrement par l’Ecologie Urbaine pour lutter contre les populations de ces plantes envahissantes et ce, depuis plus de 5 ans.

Grâce à ces efforts, la berce du Caucase, qui peut représenter des nuisances pour la santé publique, est pratiquement éradiquée de l’espace public et de certaines propriétés privées.

En ce qui concerne la balsamine de l’Himalaya, sa gestion est assez facile à mettre en œuvre grâce à son système racinaire peu développé ; nous avons stoppé sa progression notamment sur certains sites vulnérables, par exemple au parc Mandela de Monceau-sur-Sambre. Quant à la renouée du Japon, la plus coriace des plantes invasives, son éradication reste difficile voire impossible à l’état actuel. Elle est répertoriée sur des terrains privés non entretenus.

Une solution alternative pourrait être de mettre en œuvre un programme d’éco-pâturage de chèvres. En effet, la chèvre Lorraine est conseillée par l’association Entretien Nature et Territoire dans le cadre de cette problématique.

J’espère que cette réponse vous satisfait.


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